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L’effet inattendu de la technologie automobile sur les tarifs d’assurances

Plus les voitures sont bardées de technologies liées à la sécurité, moins il y a d’accidents, et plus les tarifs d’assurances augmentent. Cherchez l’erreur…

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Tecnhologie automobile
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Vous pensiez que votre prime d’assurance allait baisser avec votre nouvelle voiture bardée de technos de sécurité ? Hum… Selon un rapport du site d’achat d’assurances américain The Zebra, les tarifs des assurances automobiles américaines sont en hausse. Au cours de la dernière décennie, les primes annuelles ont augmenté de 29,6 %, passant de 1 194 dollars en 2011 à 1 548 dollars en moyenne en 2019. Cette hausse a dépassé à la fois l’inflation – de très loin – et l’augmentation du prix moyen des voitures, de façon moins importante. D’autre part, elle est survenue alors même que le taux d’accidents a diminué d’année en année. The Zebra, qui permet aux utilisateurs de comparer les tarifs d’assurance de différents fournisseurs (comme le fait Kayak pour les billets d’avion), produit ce rapport chaque année, en analysant les données que les compagnies d’assurance déposent auprès des autorités de régulation de chaque État. Plusieurs experts du secteur affirment que ces résultats suivent leurs observations.

Et il n’y a pas tellement de raisons que ce soit très différent de ce côté-ci de l’Atlantique.

Cela étant, plusieurs éléments de contexte peuvent expliquer en partie ces augmentations. Les vols de véhicules sont en augmentation, et les conditions météorologiques extrêmes, alimentées par le changement climatique, peuvent produire des destructions massives de véhicules. L’ouragan Harvey a par exemple envoyé au garage ou à la casse jusqu’à un million de voitures dans la région de Houston en 2017. Et si le taux d’accidents a baissé, il a été soutenu par l’urbanisation croissante et une économie en croissance, ce qui a pour effet qu’un plus grand nombre de conducteurs – dont beaucoup sont distraits par les smartphones – se sont retrouvés dans des espaces plus restreints.

Mais il y aurait une autre raison à l’augmentation des tarifs d’assurances. Alors que l’on pourrait légitimement penser que le développement des technologies liées à la sécurité ferait baisser le tarif des primes d’assurance, il s’avère en réalité que les nouvelles fonctionnalités conçues pour maintenir les véhicules dans leur voie et les mettre à l’abri des accidents contribuent à la hausse des tarifs d’assurance !

Des voitures plus sûres mais plus coûteuses à réparer

En effet, les capteurs qui alimentent ces systèmes rendent les voitures beaucoup plus coûteuses à réparer en cas de collision. Auparavant, en cas de choc, quelques coups de marteau et un coup de peinture chez le carrossier suffisaient généralement à réparer une voiture. Aujourd’hui, dans la même situation, vous devrez peut-être remplacer un radar, une caméra et des capteurs à ultrasons, puis les calibrer pour qu’ils fonctionnent correctement. Le remplacement d’un pare-brise fissuré s’accompagne désormais du coût supplémentaire d’un réajustement des caméras qui passent à travers la vitre. « La technologie joue un rôle plus important que jamais dans la fixation des prix », explique Nicole Beck, responsable de la communication de Zebra. « Elle ne rend pas vraiment les choses moins chères pour les automobilistes. » On sait par exemple que l’on ne peut théoriquement pas confier une Tesla au premier carrossier venu en cas d’impact, et qu’il faudra passer par l’un des rares carrossiers agréés par la marque pour faire réparer sa voiture (moins d’une dizaine en France), ce qui généralement fait considérablement gonfler la facture, parfois du simple au quadruple.

Si certaines études ont montré l’efficacité du freinage d’urgence, les compagnies d’assurance n’ont pas encore obtenu suffisamment de preuves pour justifier une baisse des tarifs pour la plupart de ces caractéristiques. Cela ne veut pas dire que le maintien de la trajectoire, l’aide au stationnement et autres dispositifs de sécurité ne fonctionnent pas. Ils sont tous relativement nouveaux et les actuaires ne sont pas encore convaincus que leurs avantages l’emportent sur les coûts supplémentaires qu’ils entraînent pour la réparation. Le fait que chaque constructeur automobile propose sa propre version de chaque fonction et que les conducteurs ne maintiennent pas toujours les systèmes en marche complique encore les choses.

« Beaucoup de développements jusqu’à présent ont des résultats mitigés », déclare Tom Karol, avocat général de l’Association nationale des sociétés d’assurance mutuelle américaine. « Cela n’a pas encore vraiment été prouvé, en termes de bénéfices ». C’est pourquoi, selon le rapport, les conducteurs qui optent pour le contrôle électronique de la stabilité, qui empêche les voitures de déraper, n’économisent que 8 dollars par an. Ceux qui paient pour les systèmes d’alerte d’angle mort, de surveillance de la vigilance du conducteur, d’avertissement de sortie de voie, de vision nocturne ou d’aide au stationnement n’économisent rien du tout.

Des tarifs adaptés en fonction du style de conduite

Pourtant, au moins une entreprise voit les avantages de l’assistance à la conduite par capteurs. « Ils diminuent absolument la fréquence des accidents », déclare Alex Carges, actuaire en chef de The Root, une start-up d’assurance qui détermine les tarifs en fonction de la façon dont les gens conduisent, en utilisant les données de l’accéléromètre et du GPS de leur téléphone.

Les systèmes de sécurité active ne sont pas le seul facteur à l’origine de l’augmentation des coûts d’assurance. Il faut tenir compte de l’abandon généralisé de l’halogène traditionnel, même dans les voitures bon marché comme la Kia Forte. Mais cassez un phare à décharge à haute intensité de la Forte, et votre facture de réparation s’élève à plus de 1 600 euros. La fibre de carbone est de plus en plus populaire car elle est plus légère et plus résistante que l’acier ou l’aluminium, mais lorsqu’elle est endommagée, elle doit être remplacée. « Ces voitures récentes sont tout simplement beaucoup plus compliquées à réparer », explique Jeff Briglia, le directeur de l’exploitation de la compagnie d’assurance Metromile, qui fixe ses tarifs en utilisant un modèle de paiement au kilomètre. Le coût des réparations a augmenté de 5 à 6 % chaque année depuis 2015. Dans le même temps, la fréquence des accidents a diminué de 2 à 3 %. Cet écart, selon Mme Briglia, explique la forte augmentation des taux.

Et pourquoi, avec tous les nouveaux dispositifs de sécurité, le nombre d’accidents n’a-t-il pas diminué davantage ? La réponse se trouve peut-être dans le dernier fléau du secteur de l’assurance automobile.

La distraction au volant, fléau numéro 1

La distraction au volant est devenue un problème majeur au cours de la dernière décennie, alors que la proportion d’Américains possédant un smartphone est passée de 35 à 81 % et que les constructeurs automobiles se sont empressés de proposer des systèmes d’info-divertissement plus performants qui fonctionnent sur des écrans toujours plus grands. Une étude de la start-up Nauto, qui installe des caméras dans les véhicules de sa flotte pour que les propriétaires puissent suivre le comportement de leurs conducteurs, a estimé que sur une période de quatre mois, plus des deux tiers des accidents qu’elle a examinés ont été causés par des conducteurs distraits.

Ainsi, ces dernières années, les compagnies d’assurance ont réagi en augmentant les coûts pour toute personne ayant reçu une contravention pour avoir utilisé son téléphone au volant. Depuis 2015, les tarifs pour ces conducteurs ont augmenté de 23 % par rapport à l’année précédente.

La bonne nouvelle pour les propriétaires de voitures est que la forte tendance à la hausse des tarifs pourrait ne pas durer. D’autres données montrant les avantages des technologies d’assistance à la conduite pourraient s’accumuler. Les réparations devraient devenir moins chères à mesure que les mécaniciens apprennent à remplacer et à calibrer les capteurs et que le prix de ces pièces baisse.

A ces considérations viennent également s’ajouter les incertitudes autour de la voiture autonome, qui causent quelques migraines aux compagnies d’assurances depuis quelques années, et encore probablement pour quelque temps.

Les mauvaises langues diront que tous les prétextes sont bons pour que les assureurs augmentent leurs primes, et que l’inverse (la baisse) est beaucoup plus rare. Mais ce sont de mauvaises langues, nous ne sommes pas du tout comme ça…

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. PapounetUT

    29 janvier 2020 at 17 h 49 min

    La raison est simple.
    Plus un véhicule est bardé de technologie, plus le prix des réparations augmentent en cas d’accident.
    Les assureurs prennent les devants ils font payés plus des le départ vu que les accidents seront de plus en plus rares et comme ça le manque à gagner sera moins important.
    Les assurances c’est comme un commerce.
    Ils sont là pour gagner de l’argent avant tout autres choses.

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