La plus grosse banque de Wall Street va payer le prix fort du télétravail. Mais l’ordre du chèque n’est pas celui que l’on avait pensé. La semaine dernière, JP Morgan s’est fait infliger deux amendes, pour un montant total de plus de 200 millions de dollars, à l’adresse du gendarme boursier (la Securities and Exchange Commission) et du régulateur des produits dérivés (CFTC). Rien de cela n’aurait eu lieu si ses employés n’avaient pas utilisé WhatsApp et les SMS à des fins professionnelles.
En effet, ces deux amendes concernent l’usage, chez les salariés, de plateformes de messagerie externes à celle de la banque à des fins professionnelles. Or selon la loi, JP Morgan est dans l’obligation d’enregistrer l’ensemble des échanges entre les salariés sur leurs équipements personnels, lorsqu’il s’agit d’échanges professionnels. La banque a reconnu qu’une centaine de ses effectifs avait fauté entre 2018 et novembre 2020. Une conduite sur laquelle les autorités comprennent la difficulté de ne pas transgresser, mais qui coûtera pourtant très cher.
Une banque systémique, ça se surveille
On le sait, WhatsApp et les SMS ne sont pas des outils à la pointe de la technologique quand il est question de sécurité. Les messages cryptés sur ces deux canaux ne résistent pas à des malveillants, surtout quand on s’adresse en tant que salarié de la plus grosse banque américaine. Les “canaux de communication non approuvés”, comme les nomme le régulateur américain des produits dérivés, ils sont interdits pour les usages professionnels pour une entreprise aussi exposée que JP Morgan.
La réglementation concernant l’obligation de passer par un canal de communication officiel pour les échanges professionnels des entreprises est avant tout adressée à JP Morgan, bien que d’autres sociétés puissent être concernées. Il faut dire que JPMorgan Chase est la seule banque au monde à avoir atteint le niveau 4 sur la liste des banques dites “systémiques”. Elle concerne les établissements dont les activités sont tellement importantes et variées que son hypothétique faillite aurait nécessairement un effet très négatif sur la finance mondiale.
Derrière JPMorgan Chase, seule banque à un tel niveau en 2021, on retrouve le Français BNP Paribas, récemment passée au niveau 3 aux côtés de HSBC et de Citigroup. Bank of America, la Deutsche Bank ou encore Barclays figurent quant à elles au niveau 2. Société Générale, BPCE et le Crédit Agricole sont classés au niveau 1.
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