Les Doodles de Google, c’est aussi du marketing

Si le nom de « doodle » n’évoque pas forcément grand-chose dans l’oreille du néophyte, chacun voit en revanche à quoi ressemblent ces logos actifs avec lesquels Google nous régale de manière presque quotidienne.

Article rédigé par Antoine Betbèze

Si le nom de « doodle » n’évoque pas forcément grand-chose dans l’oreille du néophyte, chacun voit en revanche à quoi ressemblent ces logos actifs avec lesquels Google nous régale de manière presque quotidienne.

Des doodles, pour quoi faire ?

Lancés pour la première fois en 2002 par Sergueï Brin (le cofondateur de Google), ces dessins léchés et ingénieux attirent l’œil à coup sûr.

La firme de Mountain View choisit ainsi de créer le buzz sur la toile suivant des mots-clefs qui n’auraient certainement pas été tapés par bon nombre d’utilisateurs sans l’aide opportune d’un doodle. En effet, qui aurait pensé à Edith Piaf le jour du 95ème anniversaire de sa naissance ? Alors, derrière l’hommage et l’aspect quasi-anecdotique des doodles, peut-on y voir un business model stable ?

Edith Piaf fait le buzz

Un concept flou breveté

Si l’on relit bien le brevet déposé par Brin pas plus tard que le 22 mars dernier, il est surtout mentionné que les doodles ont plus pour objectif de faire la promotion d’une compagnie que celle d’un événement particulier. Précisément en attente d’une assise légale depuis le 30 avril 2001, il aura fallu  10 ans à Google pour voir brevetés ses doodles autour d’un concept au final plutôt flou intitulé « Système et méthodes pour inciter les utilisateurs à accéder à un site web ». En fait, le brevet avait été conçu dès les années 2000, avant même la conception des premiers doodles. Ne restait plus que l’aval des autorités de régulation sous l’égide de l’UPSTO (United States Patent and Trademark Office).

Un brevetage pensé avant même l’apparition des doodles, tout comme la mise en place de doodles animés effective depuis environ un an mais prévue dès 2002, Google a décidément l’art de prévoir les choses.

La guéguerre avec Microsoft

On peut comprendre que l’intérêt principal pour le géant de Mountain View serait d’abord d’empêcher Microsoft, son principal concurrent à travers son moteur de recherche Bing (surtout aux Etats-Unis), de recourir à une telle méthode. Simple retour à l’envoyeur depuis que Microsoft intente des procès à tour de bras pour atteinte à la propriété intellectuelle, en vue d’obliger in fine ses concurrents à lui payer des licences. Mais outre les antagonismes avec son grand rival, faut-il comprendre par là que Google sera en passe d’attaquer toute entreprise annonçant un changement de logo pour tel ou tel événement ?

Et Facebook dans tout ça ?

Autre concurrent honni par Google, Facebook. Même si Google a encore le dessus quant au nombre de connexions journalières, le réseau social explose tout en matière de temps moyen passé On sait que la majorité des utilisateurs possèdent Google comme page d’accueil. Et pour beaucoup d’utilisateurs, le premier réflexe consiste à cliquer sur l’onglet Facebook dans la barre de leur navigateur. Alors, si un doodle un tant soit peu chouette peut inciter le quidam à s’attarder quelques instants de plus dans les méandres de Google et à se détourner de l’emprise facebookienne, le jeu en vaut la chandelle.


Jules Verne fêtant ses 183 ans sur Google.

Un outil webmarketing propre

Incontestablement, le doodle représente un outil webmarketing efficace. L’image de marque est renforcée par l’enseignement que les internautes tirent de ces Doodles et les discussions qu’ils suscitent. Enfin, chaque publication est relayée par de nombreux sites internet.

Ainsi, lorsqu’au début du mois de février Google nous apprenait au travers d’un doodle l’anniversaire de la naissance de Jules Verne, l’annonce apparaissant en premier concernait Amazon, effectuant une promotion du livre 20.000 Lieues sous les Mers à cette occasion.

Un moyen habile de la part de Google de nous rappeler que son ambition de devenir un jour la première bibliothèque mondiale reste intacte.


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18 commentaires

  1. @bactéries

    Je crois que le brevet est sur le fait de changer régulièrement son logo, pas sur le lien. En fait, intégrer dans son logo, telle ou telle image influence les internautes. En voyant Piaf dans le logo les gens se demandent pourquoi et tape « Edith Piaf » dans google, qui affichera en plus des liens de recherche, des liens sponsorisés comme ceux d’Amazon, ou la Fnac, …

    Le soucis principal pour moi est comme le note le journaliste : Google attaquera-t-il toute entreprise qui changerait son logo??

  2. Google qui allie encore ici gros coup marketing (augmentation du trafic, liens commerciaux) et confort d’usage pour l’utilisateur (aspect graphique plaisant, apport de connaissances, …). La boucle entre les deux ou plutôt la formule du géant américain semble exploitable à l’infini…

  3. Je ne savais pas qu’il y avait un brevet déposé pour les doodles, il est clair que c’est un moyen de booster l’intérêt des visiteur d’une manière conséquente.
    Même si on n’est pas intéressé par le thème on clique, on clique sur ce joli logo cutumisé made in google avec le quel on peut jouer. Quand j’aurai le budget d’amazon je penserai à investir dans ce type de publicité 🙂

  4. Pingback: A Google A Day: l’énigme quotidienne du père Fouras de l’Internet | MediaNaranja

  5. Si il y a une chose que google maitrise bien , c’est le marketing. Tu as tout à fait raison quand tu dis que Google gràce à ses doodle essaie de faire rester les gens chez Google.
    Qu’est ce que Google ? un outil tout simplement.

    c’est la différence avec Facebook, ils n’ont pas la même finalité, Google est un outil, facebook est un lieu, un endroit ou il faut être.

    il est illusoire de combattre un adversaire qui n’est pas sur la même plateforme ni le même usage que soi.
    je pense que Google se trompe vis à vis de Facebook

  6. Est-ce que cela signifie que l’utilisation d’un doodle comme outil de réachimenement dans un site web d’entreprise est désormais sujet à licence par Google ? Est-ce que le brevet fait la distinction entre un «doodle» et un dessin (genre Bédé ?)
    Les avocats doivent se lécher les babines.

  7. très intéréssant, par contre ce qui est dommage c’est que l’on ne peux pas anticiper sur les prochains doodle. Comment savoir ce que facebook va choisir afin de créer le buzz.

  8. « Mille excuses aux fans d’Edith Piaf pour cette erreur, la correction a été faite ! »

    Ne t’excuses pas. Tu ne savais pas. Ce n’est pas une question de fans mais de respect de la grammaire.

    D’ailleurs tu aurais pu dire juste le mot « anniversaire »… « Qui aurait pensé au 95ème anniversaire de Piaf ? » Sa famille ?

  9. Pingback: Pourquoi Google fait des Doodles ?

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