Les drôles de ponts de Google Earth

L’actualité de Google Earth verse plutôt du côté insolite ces derniers temps. Après le faux crash aérien et les vues de chambres d’hôtel, on découvre aussi que le logiciel préféré des voyageurs immobiles a un façon bien à lui de redessiner certains paysages routiers.

L’actualité de Google Earth verse plutôt du côté insolite ces derniers temps. Après le faux crash aérien et les vues de chambres d’hôtel, on découvre aussi que le logiciel préféré des voyageurs immobiles a une façon bien à lui de redessiner certains paysages routiers.

La faute à la cartographie aérienne qui fait tout ce qu’elle peut pour faire de la fausse 3D avec des images plates, ce qui donne forcément quelques bugs d’affichage là ou personne n’a encore modélisé réellement la topographie des terrains en vraie 3D.

Après avoir découvert les routes torturées et les ponts tordus de Google Earth, Clement Valla, un artiste architecte et designer de Brooklyn a recensé tout ce qu’il pouvait trouver comme anomalies dans les rendus du logiciel de cartographie et les a réunis sur son site. Le résultat donne une galerie totalement insolite et déjantée, une espèce de Cour des miracles de la route buissonnière ou le bitume prend des formes improbables, comme si un tremblement de terre de forte magnitude avait récemment sévi et fait fondre les autoroutes. Highway to hell, sort of.

Si Picasso ou Dali avaient connu Google Earth, ils l’auraient probablement revisité de cette façon. On regrettera juste que les coordonnées GPS des lieux montrés ne soient pas précisées.

Voir toutes les photos sur le site de Clement Vella : http://clementvalla.com/index.php?/work/bridges/

(source)


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40 commentaires

  1. Il en fait un business en vendant des cartes postales non ? ce qui expliquerait pourquoi il donne pas les coordonnées GPS.

  2. Quelques imprécisions, normal ce n’est pas trop ton domaine. Je vais essayer d’éclairer tes lumières, même si tu n’as rien demandé 😉

    —- « La faute à la cartographie aérienne qui fait tout ce qu’elle peut pour faire de la fausse 3D avec des images plates »

    Google Earth n’utilise pas uniquement des images plates, mais aussi ce qu’on appelle des modèles numériques de terrain (MNT) et/ou de surface (MNS), qui donnent le relief sur lequel sont plaquées les images aériennes ou satellite pour faire le rendu 3D. Voir par exemple le rendu sur du relief naturel, pas aussi choquant que sur ces ponts.

    —- « ce qui donne forcément quelques bugs d’affichage »

    Pas forcément, tout dépend du modèle qu’on utilise – de surface (MNS) ou de terrain (MNT).

    * Le MNS c’est facile à comprendre : imaginons qu’il tombe un flocon de neige sur chaque point de la zone qui nous intéresse (par exemple la première image). Il n’y a pas de vent, chaque flocon tombe gentiment à la vertical et s’arrête sur le premier obstacle rencontré en tombant du ciel, sans fondre. Pour chaque coordonnée (X,Y) (ou latitude/longitude dans GoogleEarth), on a un flocon à une altitude Zs : l’ensemble des points (X,Y,Zs) ou (lat, long, Zs) constitue le MNS.

    * Le MNT ne se mesure pas directement mais découle du MNS, duquel on enlève les éléments au-dessus du terrain, comme les bâtiments ou les arbres. On cherche à récupérer pour chaque coordonnée (X,Y) ou (lat, long) l’altitude Zt du sol.

    Il me semble (mais je me trompe peut-être) que Google Earth a utilisé un modèle de terrain au lieu d’utiliser un modèle de surface, sur ces images. Ca semble assez clair sur la deuxième image : le relief du terrain de part et d’autre du pont et dans la vallée a un bon aspect naturel, ce sont uniquement les pixels de l’image sur le pont qui sont plaqués à la mauvaise altitude – celle de la vallée. On utilise en effet plus souvent un MNT lorsqu’on veut ajouter des éléments de relief artificiel par-dessus, par exemple des bâtiments, ce que Google fait dans certaines grandes villes.

    Enfin on observe, surtout dans la troisième image, que les modèles de surface ou de terrain sont à des résolutions moins fines que les images aériennes ou satellite plaquées par-dessus – typiquement 10-30m voire 50m pour les MNS/MNT au niveau global, 50-60cm pour les meilleures images satellite sous GoogleEarth, encore moins pour les images aériennes. Ca donne des transitions d’altitudes abruptes, visibles dans la troisième image au niveau des ponts.

    —- « là ou personne n’a encore modélisé réellement »

    En fait si, ils ont un modèle mais ce n’est pas celui qu’il faudrait utiliser dans le cas d’un pont.

    —- « la typographie des terrains en vraie 3D »

    Tu voulais sans doute dire « topographie ».

  3. J’ai toujours reve de traverser un pont mou. C’est un vieux fantasme de jeunesse. Merci Google Earth, grace a toi c’est realise 🙂

  4. Eric

    @MNT : merci pour ces précisions d’expert, très intéressantes ! J’ai corrigé « typographie », la grosse faute idiote, qui n’était ni une coquille ni une faute de frappe mais bien un bug dans mon cerveau 🙂

  5. Pingback: Les étranges ponts de Google Earth | FracArt

  6. Franchement, j’ai bea aduler Google et ses moindres logiciels, mais tout ce qui est humain n’est pas parfait… Alors l’info non plus… 😉

  7. De rien Eric. Je bosse depuis 7 ans avec des images satellite, mais la 3D ou les MNT/MNS ne sont pas mes spécialités dans ce domaine. Si un vrai expert de ces choses-là passe par-ici, il pourra éventuellement confirmer ce que j’ai intuité, ou démontrer que j’ai raconté des âneries sans le savoir 😉

  8. Pingback: En speed – Quand les ponts partent en couilles « Récré du net

  9. Bonjour

    L’explication de MNT est assez juste. Pour représenter la topographie, Google Earth utilise un MNT c’est-à-dire une représentation numérique du relief dit « naturel » (ce qui est tout sauf un concept clair, mais ça correspond à ce que dit MNT, on enlève les objets du « sursol » comme les bâtiments ou la végétation). En l’occurrence, la source du relief pour presque tout le globe est un levé réalisé par la NASA et appelé SRTM (Shuttle Radar Topography Mission) qui donne des altitudes tous les 3 arc secondes (une donnée d’altitude tous les 80-90m en gros) sur presque tout le globe (sauf les pôles) et est gratuite. Sur certaines zones, il y a des données plus précises quand elles existent, mais sinon, pour couvrir le globe, il n’y a pas beaucoup de bases de données globales….

    Voilà pour la confirmation des explications données plus haut.

    L’utilisation de MNT est courante dans les représentations numériques 3D : si vous regardez sur le site des pages jaunes par exemples, vous verrez que les ponts sont ajoutés comme objets 3D, mais l’image aérienne reste plaquée sur un MNT et donc la silhouette des ponts restent en dessous plaquée au niveau du passage inférieur (ou du fleuve, ou autre selon le cas).

    Cela permet de ne pas oublier que les représentations 3D sont des modélisations abstraites de la réalité…;-)

    • Eric

      @SJ : c’est un bug et je sais que c’est très pénible, j’ai prévenu la régie, j’espère qu’ils vont corriger ça très vite, désolé pour le désagrément

  10. Merci FJ d’avoir confirmé que je ne racontais pas trop de bêtises, ça me rassure 😉

    Le SRTM (datant de 2000), obtenu depuis la navette spatiale américaine comme son nom l’indique, couvre les latitudes allant de 56 degrés sud à 60 degré Nord – juste au niveau de Helsinki. Dommage pour nous, si on doit traiter une image en Finlande, les données SRTM ne nous aident pas.

    Depuis 2009, il existe aussi le ASTER Global Digital Elevation Model (DEM), construit à partir images du satellite ASTER à 30m de résolution (mieux que SRTM), couvrant les zones de 83 degrés sud à 83 degrés Nord, et fourni aussi gratuitement par la NASA.
    http://asterweb.jpl.nasa.gov/gdem.asp

    J’espère que GoogleEarth est à jour. Vu les 3 images, ça ne me semble pas être du 90m, mais c’est sans doute un MNT local, comme tu l’as fait remarquer.

  11. Pingback: Scout123 » Les ponts de l’impossible

  12. Très beau en effet !
    De petite imperfection humaine qui reste tolérable compte tenu de la quantité de clichés constituant la base Google Map

  13. Pingback: Google Earth a des ratés « Chez Stef

  14. Pingback: Les ponts de l’impossible | Scout123

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