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Les experts en psychologie sont formels : les personnes qui choisissent de rester chez elles plutôt que de sortir le week-end cachent une douleur insoupçonnée

Le phénomène du “hate-watching” a été analysé par des psychologues.

Rester seul le soir n’est peut-être pas toujours un choix aussi tranquille qu’il y paraît. Nos confrères de Psychologies.com relaient une étude japonaise publiée en juin 2026 dans Journal of Affective Disorders, qui se penche sur ce qui se joue dans le cerveau des personnes casanières au moment où elles se sentent mises à l’écart d’un échange social.

Les chercheurs ont soumis quarante participants à Cyberball, un jeu virtuel qui simule une exclusion progressive, sous IRM fonctionnelle. Chez les profils qui affichent une forte préférence pour la solitude, l’insula antérieure gauche, zone associée à la douleur sociale, montre une activité nettement plus faible au cours de l’exclusion. Le cortex cingulaire antérieur, lui, reste fortement lié à la détresse ressentie après coup. Une partie du cerveau semble donc étouffer le signal, quand une autre continue de l’enregistrer.

Cette dissociation change la lecture qu’on peut faire du repli sur soi. Les chercheurs notent chez ces mêmes profils plus de symptômes dépressifs et un sentiment de solitude plus fort. Le calme affiché en surface masquerait alors une vigilance émotionnelle épuisante, tournée vers une douleur sociale que la personne ne perçoit plus vraiment.

Pour rappel, et au sujet des personnes qui aiment rester chez elles pour leurs loisirs, nous vous parlions récemment du “hate-watching”, que l’on peut traduire par visionnage haineux.

Visionnage haineux, visionnage heureux ?

Dans une étude publiée en novembre 2022 dans l’European Journal of Social Psychology, des chercheurs ont ainsi analysé ce concept. Parmi les exemples les plus criants de programmes décriés qui ont finalement cartonné lors de leur diffusion, on peut notamment citer Emily in Paris. Cette série Netfix a subi un tombereau de critiques lors de sa sortie, cela ne l’a pas empêché d’enregistrer 60 millions de spectateurs en un mois de diffusion.

Concrètement, le public peut être animé par un sentiment de haine à l’égard d’un contenu. Ce dernier est supérieur à de l’aversion dans le sens où il nous heurte profondément. Les dialogues affligeants, les personnages mal écrits ou mal joués peuvent déclencher une forme de colère ou de révolte intérieure. Cela nous amène donc à réagir, par exemple en publiant un tweet sur un programme ou en envoyant un message à un proche.

D’après le site Psychology Today, la haine est aussi ponctuellement capable de nous rendre heureux, même s’il s’agit d’une émotion négative. Face à une série honnie, nous ressentons quelque chose d’intense qui déclenche des réactions dans nos cerveaux, et notamment la libération d’adrénaline, ou encore l’activation d’une réaction de fuite ou de combat. Mais, alors qu’aucun danger n’est palpable, cela se transforme alors en libération d’hormones de bonheur telles que la dopamine, la sérotonine, et l’ocytocine, précisent nos confrères.

De même, la haine peut être un moyen de souder des amis ou des sympathisants en opposition à une série, tout en continuant de la regarder. Certaines communautés se fondent ainsi sur Internet, et cela génère aussi malheureusement de la toxicité.

Globalement toutefois, ces visionnages haineux restent relativement inoffensifs et apportent, comme on vient de le voir, un sentiment de bien-être chez les spectateurs. En revanche, et si vous constatez que cette vision négative rejaillit sur le reste de votre vie, il est conseillé de cesser ce “hate-watching”.

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