Alors qu’en France on parle du plan Très Haut Débit qui vise à tirer la fibre dans tous les foyers, et surtout généraliser les connexions très haut débit, d’autres initiatives semblables sont déployées un peu partout dans les pays de l’Union Européenne. Et pour cause : la Commission Européenne fixe depuis longtemps deux grands objectifs en matière de connectivité internet de ses membres : raccorder l’ensemble régional au “haut débit” (>100 Mb/s) d’ici 2025.
Et proposer des débits supérieurs à 1000 Mb/s dès 2030. Bien sûr, on le voit par exemple en France, il y a des retards, et tout ne se passe pas exactement comme prévu. Toutefois, Ookla (l’éditeur du site de test de débit Speedtest.net) vient jeter un autre pavé dans la marre : entre les débits annoncés par les FAI et la réalité, c’est souvent le grand écart. Même si il faut relever que la situation varie du tout au tout en fonction des pays.
Ce graphique des débits internet montre un net écart entre les annonces officielles et la réalité

En turquoise, on voit la proportion de foyers officiellement couverts en haut débit, et en orange, la proportion de foyers jouissant réellement de tels débits. De manière assez intéressante, la Finlande est le pays où les chiffres officiels correspondent le mieux à la réalité. Le Danemark ou l’Irlande, sont plutôt proches entre les chiffres officiels et les mesures de débits. On trouve aussi quelques pays dont la France où les mesures dépassent les chiffres officiels.
C’est le cas de l’Allemagne, des Pays-Bas, mais aussi on vous le disait de l’hexagone, qui est plutôt dans le peloton de tête lorsqu’on ignore les chiffres officiels. En revanche, il y a aussi de nombreux cas où on peut parler de grand écart. En Italie par exemple Ookla mesure une proportion de seulement 33,92% d’internautes atteignant les 100 Mb/s alors que les chiffres officiels avancent plutôt un 59,60% qui semble dès lors quelque peu “théorique”.
Ailleurs, l’écart entre les chiffres officiels et les mesures fait un peu moins sourire, même s’il reste quelque peu exagéré selon l’étude de Ookla. Il en va ainsi de l’Espagne qui annonce 81,48% de foyers couverts contre une “réalité” de 60,35%, de la Suède (85,28% contre 59,09%), de la Roumanie (81,29% vs 57,64%), du Portugal (77,08% contre 56,28%), de la Hongrie (69,80% contre 55,24%), de la Pologne (65,19% contre 52,03%) ou encore de la Slovénie (51,60% contre 40,03%).
La qualité de la connexion WiFi est un autre terrain sur lequel agir
L’étude relève que la France est le pays dans lequel les clients sont le plus proche de l’horizon du gigabit, même si là encore on peut parler de grand écart entre les chiffres officiels (39,94%) et la réalité selon Ookla (1,42%). Attention toutefois : l’étude évoque très peu le sujet de la connexion Wifi chez l’abonné, alors qu’il s’agit sans doute d’un facteur explicatif important de ces écarts.
En effet, très peu d’abonnés se connectent à internet via un câble directement relié à leur box, seule manière de profiter des débits maximum de façon optimale. À la place, les tests sont souvent réalisés depuis des machines connectées en WiFi (et le plus souvent d’anciennes révisions pas très rapides), ce qui peut brider les débits.
Ookla note simplement : “notre enquête a montré que dans les marchés où des connexions DSL ou coaxiales sont remplacées par du câble et de la fibre optique plus avancés, la performance WiFi peut trainer derrière celle de la connectivité Ethernet”. Et de souligner que “les débits WiFi sont entre 30% et 40% ceux de l’Ethernet ce qui indique la nécessité d’accélérer l’adoption de technologies WiFi plus avancées et d’optimiser l’environnement réseau dans les foyers”.
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