Les métiers du web #5 : Damien Douani, responsable marketing développement produits et expérience digitale (ouf)

Travailler dans le web, ce n’est pas seulement occuper une fonction opérationnelle, produire du contenu ou gérer une boutique en ligne. Il existe des métiers en amont de la production, peu connus et moins visibles, dans lesquels la réflexion et la créativité sont les deux principaux moteurs. C’est une fonction de ce type qu’occupe Damien

Travailler dans le web, ce n’est pas seulement occuper une fonction opérationnelle, produire du contenu ou gérer une boutique en ligne. Il existe des métiers en amont de la production, peu connus et moins visibles, dans lesquels la réflexion et la créativité sont les deux principaux moteurs. C’est une fonction de ce type qu’occupe Damien Douani, responsable marketing développement produits et expérience digitale chez Orange Labs, la division d’Orange qui imagine et invente les usages de demain.

Bon alors Damien, qui es-tu et c’est quoi ce job ?

Je suis Damien Douani, j’ai 33 ans, je vis à Paris, et je travaille chez Orange Labs. Nous avons plusieurs activités, du test produit auprès de panels de consommateurs, à la recherche et développement, en passant par les idées à décanter pour un dernier « dégrossissement » avant commercialisation, ou la publication s’il s’agit d’un service web. Nous avons à la fois « la tête dans les nuages et les pieds dans le marché ».

Comment fabrique-t-on une idée, ou comment la met-on en application ?

J’ai l’habitude de dire que nous partons de la page blanche pour aller à la page web. Nous utilisons différentes phases et méthodes d’innovation, avec un mode de fonctionnement en projet : 5 personnes constituent une petite équipe, nous sélectionnons une idée et nous la faisons mûrir. Cette méthode est propre uniquement à l’explocentre, qui est l’une des divisions de Orange Labs à laquelle j’appartiens.

D’où viennent les idées ?

Les idées viennent potentiellement de partout, de la structure même, voire de tout le Groupe Orange. Nous montons alors un dossier d’opportunité afin de valider la pertinence de l’idée et la transformer en projet.

Qui intervient dans cette phase de maturation ?

Plusieurs intervenants prennent part à cette étape, d’abord l’idée va être travaillée sous différents angles, avec des marketeurs et des sociologues par exemple, puis des premiers tests vont être menés sous forme de focus groups auprès d’un panel de clients types. Ces clients sont réguliers et connus de nous afin que nous ayons un point de référence. Nous organisons ensuite des réunions de créativité avec des clients, encore bien en amont du lancement. Mais il faut surtout citer les designers, qui tiennent un rôle crucial dans notre process de maturation des idées.

Quand décidez-vous qu’une idée devient un « produit » potentiellement viable ?

Une application devient stratégique quand elle a un potentiel d’audience, et donc de revenus, davantage que d’image. J’interviens dans cet échelon intermédiaire où il faut savoir démontrer. Nous sommes alors très proches du modèle d’un incubateur dans la maturation des idées.

Tu occupes cette fonction depuis quand ?

Depuis 3 ans. Avant cela je n’étais pas dans le web mais déjà chez Orange. En fait avant je traitais déjà de web, mais aussi de mobile. Donc je n’étais pas « que » dans le web, mais aussi dans le mobile. Aujourd’hui ce sont surtout les applications web qui m’intéressent, davantage que les produits.

Comment organises-tu ton travail, et quelles sont les qualités requises ?

Je fais beaucoup de veille, je suis les tendances et je m’intéresse à la sociologie. Je picore un peu “Les idées viennent potentiellement de partout, de la structure même, voire de tout le Groupe Orange. Nous montons alors un dossier d’opportunité afin de valider la pertinence de l’idée et la transformer en projet.”partout et je conceptualise mes trouvailles. Je suis sur les réseaux sociaux, les blogs, je suis abonné à de nombreux fils RSS mais aussi à des sites plus classiques, je teste de nombreux produits, je suis sur Twitter, Facebook, Plaxo et même les mondes virtuels. Je dois dire que le fait que je sois blogueur moi-même vient indéniablement nourrir mon terreau di’idées.

Concernant les qualités requises, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il faut de la méthode, mais aussi savoir se forger des convictions et étayer ses arguments. Bien sûr il faut aussi faire preuve d’une certaine ouverture d’esprit et accessoirement savoir se faire comprendre. Je dirais que le reste est aussi affaire de pif et de feeling, et savoir aussi comprendre les autres. Et ne pas être… trop en avance.

Peux-tu me citer un exemple concret d’application web directement issue d’Orange Labs ?

Il y en a plusieurs, mais je pourrais citer Katoa.com. C’est un site social qui permet de mixer ses contenus personnels. Une idée originale inspirée d’un concept que j’avais découvert en Corée.


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22 commentaires

  1. « Expérience digitale »
    Eh beh, c’est pas à ça que je pense quand je navigue sur le site d’Orange qui est d’une ergonomie désastreuse et en rade la moitié du temps…

  2. Eric

    @EZ
    C’est malheureusement vrai, mais là ce n’est pas le sujet, on parle d’Orange Labs, qui n’a pas grand chose à voir avec le portail Orange grand public, Orange est une grande maison 🙂

  3. « Travailler dans le web, ce n’est pas seulement occuper une fonction opérationnelle, produire du contenu ou gérer une boutique en ligne. Il existe des métiers en amont de la production, peu connus et moins visibles, dans lesquels la réflexion et la créativité sont les deux principaux moteurs »

    et la technique dans tout ça 🙂 Bon ok, c’est un peu plus connu que le developpement marketing, je le reconnais, mais la réflexion et la créativité sont les deux principaux moteurs si je peux me permettre de reprendre cette expression.

    Même s’il s’agit d’Orange, des labs comme ça sont toujours enrichissants pour l’évolution du web

  4. Eric désolé pour le titre à rallonge, imagine la tête de mes cartes de visites 😉 On aurait pu dire « explorateur d’innovations » mais je n’ai pas le look d’Indiana Jones 😉

    @AbriCoCotier.fr : merci 🙂 je te paye un café bientôt :p

  5. pour la dernière question, j’aurais aimé un truc genre: pour quel produit avez vous été trop en avance et pourquoi?
    j’aime bien cette idée que l’innovation (et surtout son acceptation) a une limite non pas technologique mais sociale.

  6. Non Damien, la méthode de travail que tu décris n’est pas « propre » à l’explocentre. De nombreux chercheurs à la R&D d’Orange : ingénieurs, designers, marketeurs, ergonomes, sociologues (dont je fais partie)travaillent de cette manière depuis des années, bien avant la création de l’explocentre !

  7. @AbriCoCotier.fr : je peux prendre du champagne alors? 😉

    @pierre : c’est clair que l’innovation c’est avant tout une question d’acceptation sociale, car théoriquement techniquement « tout est possible ». Un exemple : la visio, trop en avance en termes d’acceptation. Et pourtant on aime de plus en plus se filmer… mais les conditions de la visio (chez moi, dans la rue) ne sont pas assez bonnes et ressenties comme « intrusives » (car je reçois un appel et c’est l’appelant qui demande la mise en relation vidéo, pas le destinataire).

  8. @Carine oui je le sais, je viens d’ailleurs moi même de la R&D où j’ai « essayé les plâtres » de ces méthodes. Le côté « spécifique » portait sur les petites équipes de 5 personnes max et le principe « incubateur » de l’explocentre. Bien sur que le pluri-disciplinaire est partout chez les labs, encore heureux 🙂 Contacte moi en intern si tu désires en discuter 😉

  9. Pingback: denicheur » essai article

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