Alors que l’urgence écologique fait rage et que le trafic automobile s’enfonce toujours plus dans les bouchons de plus en plus de municipalités déploient, comme Lyon, des voies réservées au covoiturage. Ces voies, symbolisées par un losange bleu, sont réservées aux voitures qui emportent au moins un passager. Jusqu’alors, Lyon était dans une phase pédagogique – les voies étaient disponibles mais les automobilistes seuls qui les empruntaient ne risquaient aucune amende.
Toutefois cela va changer d’ici le mois de novembre. Quatre radars covoiturage vont être installés sur le boulevard urbain M6/M7. Des radars covoiturage qui reposent sur une caméra infrarouge capable de détecter les passagers grâce à leur chaleur corporelle. Il n’y a, a priori, aucune façon simple de tromper le système : un mannequin, qui n’émet pas de chaleur, n’est pas compté comme passager.
Le covoiturage est-il à la hauteur des enjeux ?
Dans un premier temps, deux de ces radars ne feront que flasher sans conséquences, au contraire des deux autres qui pourront donc prochainement délivrer une amende de 135 euros. Nos confrères du Figaro sont allés demander aux automobilistes lyonnais quel est leur avis sur ces nouveaux radars. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à les entendre, ces dispositifs de coercition et les voies dites de “covoiturage” sont inutiles.
Malgré la phase de pédagogie, tous les automobilistes ne semblent pas encore comprendre le fonctionnement de cette voie. Un usager cité par Le Figaro, Saad, explique, par exemple : “j’ai l’impression qu’elle fait perdre plus de temps qu’autre chose parce qu’il y a toujours des bouchons. J’ai aussi la sensation que tout est bon pour prendre du pognon”.
Mais ce qui semble revenir le plus souvent sont les conducteurs qui trouvent que pousser au covoiturage quotidien est quelque peu “déconnecté” de la réalité. Une automobiliste souligne notamment que “c’est compliqué de trouver des personnes qui vont au même endroit”.
Malgré tout, la municipalité lyonnaise compte installer davantage de ces radars covoiturage dans un futur proche. Selon le quotidien, des projets sont à l’étude sur l’A43, l’A6 au nord de Lyon ainsi que sur l’A7 au sud.
Il faut dire que selon une étude réalisée sur un échantillon de 1 556 personnes, 32% des automobilistes lyonnais se diraient en réalité prêts à passer au covoiturage sur les trajets domicile-travail – à condition d’être conducteur. De quoi justifier les voies dédiées et les radars.
Toutefois les chercheurs soulignent aussi que pour que ce type de mesures fonctionnent, il faut également rendre le covoiturage passager plus attractif, sous peine de créer des frictions empêchant le recours effectif à ce mode de déplacement partagé, plus respectueux de la planète.
Pour l’heure, compter sur des voitures de particuliers pour aller au travail et revenir, c’est potentiellement s’exposer à des retards, et autres contraintes qui poussent les usagers à poursuivre dans “l’autosolisme”, quand bien même ces derniers ont la fibre écologique…
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“Alors que l’urgence écologique fait rage” 😂😂😂 il faudrait expliquer ca a la chine, l’inde et tous les pays d’afrique 😂 Ca commence vraiment a faire ch*** que nous seuls devons payer pour sauver le monde pendant que ces pays polluent a tout va
les voies de covoiturages ne sont pas une solution vu qu’elle participent à la création de bouchons supplémentaires jsuqu’aux portes de lyon (pour entrer dans lyon depuis l’a6 au niveau de Fourvières il faut de toute façon aller à gauche, sur la voie réservée et les covoiturants n’allant pas en ville devront rejoindre la voie de droite, occasionnant de nouvelles frictions)… Je ne sais pas si c’est aussi mal conçu sur les 2 autres autoroutes…
Le covoiturage n’a de sens que si les acteurs prennent au même moment pour aller au même endroit et en revenir au même moment un seul véhicule (il vaut mieux des parcs relais pour prendre les transports en commun dans tous les autres cas si on ne veut pas tout faire avec son véhicule personnel). Il y a plus de 30 ans de cela, voir 40,, ma cousine prenait 2 ou 3 collègues en faisant une tournée, chaque semaine on changeait de collègue conducteur – et de voiture – et tout allait pour le mieux dans le meilleur du monde et ce n’était pas du tout une idée d’écologie mais d’économies (c’était dans l’Oise, dans la campagne au sud de Beauvais, et sans aller dans une grande ville, avec des gens bossant en usine) : maintenant quasi partout on est en horaires flexibles, voulus ou imposés, et le bassin d’emploi n’est plus “local”, “on” a aménagé le territoire pour faire du pendulaire, le boulot d’un côté et les logements à l’autre, surtout en région parisienne.