Le phénomène Pokémon a pris la planète d’assaut dès 1996, transformant ce qui était à l’origine un jeu vidéo en un empire médiatique. Face à l’ampleur inattendue du succès, les créateurs de la licence ont vite compris la nécessité de se structurer pour gérer efficacement cette franchise devenue gigantesque.
Pocket Monsters en voit de toutes les couleurs

La sortie de Pokémon Rouge et Vert au Japon le 27 février 1996 marque un tournant dans l’histoire du jeu vidéo. Initialement les ventes sont modestes, mais le bouche-à-oreille fait rapidement son œuvre.
Les écoliers japonais sont conquis par l’aspect social du jeu. Ils passent toutes leurs récréations à s’échanger des monstres de poche. Cette dimension communautaire, associée à la profondeur du gameplay et au charme des 151 Pokémon originaux, propulse la franchise vers un impressionnant succès national.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les éditions Rouge & Vert restent un an et demi en tête des ventes. Avec 10,23 millions de copies vendues, ils ont été les jeux les plus populaires de l’histoire du Japon pendant un quart de siècle.
Le lancement au Japon fut une incontestable réussite. Les développeurs ne restent pas inactifs pour autant et intègrent les suggestions des joueurs dans Pokémon Bleu. Cette sorte de version 2.0 de l’édition verte la remplacera lors de sa sortie américaine.
Le lancement de Pokémon Rouge et Bleu chez l’Oncle Sam le 28 septembre 1998 fut le début d’une fulgurante conquête de la planète. Nintendo of America met pour l’occasion les petits plats dans les grands. Il multiplia ainsi les évènements promotionnels au travers des 50 états et lança une campagne de publicité massive.
On pense ainsi au slogan « Attrapez-les tous ! », devenu le symbole de la franchise Pokémon. Son apparente simplicité cache en réalité une redoutable stratégie marketing. La collection de créatures se transforme en une mission universelle, générant un sentiment d’appartenance à une communauté mondiale.
Comme il est impossible de capturer tous les Pokémon dans une seule version du jeu, les dresseurs sont encouragés à échanger leurs monstres entre eux (et éventuellement à acheter toutes les versions). Cela crée petit à petit un lien social, puis une communauté d’inconditionnels.
En quelques mois, Pokémon Rouge, Bleu et Vert s’écoulent à plusieurs millions d’exemplaires, représentant à l’heure actuelle pas moins de 31,38 millions de copies vendues. À cela, s’ajoutent les 14,64 millions d’exemplaires de Pokémon Jaune conçu pour mettre en avant Pikachu, la mascotte de la franchise.
Ce lancement marque le début d’une expansion phénoménale de la marque Pokémon à l’international.
Une société pour les attraper tous
C’est ainsi qu’en avril 1998, The Pokémon Company voit le jour, initialement sous le nom de “Pokémon Center Company“. Cette société était à l’origine créée pour gérer uniquement les magasins Pokémon Center au Japon. Pourtant, après le succès phénoménal de Pokémon Or et Argent, les propositions d’associations concernant le merchandising affluent du monde entier. Tsunekazu Ishihara de Creatures, alors responsable de l’approbation des produits dérivés, réalise rapidement que la tâche devient trop lourde pour une seule personne.
En octobre 2000, l’entreprise se rebaptise “The Pokémon Company” et étend considérablement son champ d’action. Détenue conjointement par Game Freak, Nintendo et Creatures (détenteurs des droits d’auteur et des marques Pokémon), cette nouvelle structure centralise la gestion de marque, la production, l’édition, le marketing et les licences de l’ensemble de la franchise.
Nintendo apporte ici son expertise pour l’édition et la distribution, Game Freak pour le développement des jeux principaux, et Creatures pour les produits dérivés et le merchandising. The Pokémon Company est détenue à parts égales entre les 3 entités.
Unys et Galar
L’extension de la franchise au-delà des consoles de jeu est lancée de manière stratégique. L’animé Pokémon débarque sur les écrans et propulse le phénomène vers de nouveaux sommets de popularité. Les aventures de Pikachu et Sacha (Satoshi en version originale, un clin d’œil au créateur de la franchise qui faisait l’objet de notre épisode 1) captivent immédiatement les fans.
Pour gérer cette expansion mondiale, The Pokémon Company développe un réseau de filiales spécialisées. En 2001, Pokémon USA Inc. ouvre ses portes pour gérer les licences en Amérique. L’entreprise ne s’arrête pas là, en 2006, Pokémon Korea Inc. est fondée pour les opérations en Corée du Sud, avec son siège à Séoul.
Un tournant majeur s’opère en 2009 avec la fusion de Pokémon USA et Pokémon UK pour créer The Pokémon Company International. Cette nouvelle entité, dirigée par Kenji Okubo, centralise les opérations américaines et européennes.
Manga, anime, films, cartes… rien n’arrête Pokémon

The Pokémon Company ne s’arrête pas en si bon chemin. La société développe une stratégie multimédia ambitieuse où tous les ans, un nouveau film débarque dans les salles obscures. Ces longs-métrages explorent l’univers sous un angle différent en mettant en scène des Pokémon légendaires. C’est aussi l’occasion de développer des intrigues plus complexes que celles de la série animée.
En 2011, l’entreprise crée Pokémon Center Co., Ltd., une filiale dédiée à la gestion des magasins Pokémon Center au Japon. Cette entité supervise non seulement les 11 magasins répartis dans le pays (de Sapporo à Fukuoka), mais aussi les distributeurs automatiques Pokémon Stand et la boutique en ligne Pokémon Center, ainsi que la conception et la fabrication des produits dérivés.
La société poursuit sa croissance par acquisitions stratégiques. En avril 2022, The Pokémon Company International acquiert Millennium Print Group, l’imprimeur qui produit déjà les cartes du jeu de cartes à collectionner Pokémon depuis 2015, une acquisition renforçant le contrôle de la chaîne de production.
Tout un écosystème en symbiose parfaite

La stratégie de contenu régulier de différents médiums maintient l’intérêt des dresseurs entre les sorties des jeux. En 2023, The Pokémon Company affiche un chiffre d’affaires de 297,51 milliards de yens (1 735 078 320 euros) et un bénéfice net de 62,7 milliards de yens (365 666 400 euros), témoignant de la santé financière exceptionnelle de l’empire Pokémon.
Alors que les aventures de Sacha ont pris fin récemment, les 25 saisons de l’anime illustrent parfaitement la vision à long terme de The Pokémon Company. En faisant évoluer son personnage principal sur plusieurs décennies, la franchise a grandi avec son public tout en attirant de nouvelles générations.
En 2019, The Pokémon Company a franchi une nouvelle étape avec la sortie de “Détective Pikachu”. Un film en prise de vue réelle marquant une évolution audacieuse, mélangeant acteurs et Pokémon numériques dans un univers plus mature. Une façon d’atteindre un public nouveau en élargissant les horizons médiatiques des monstres de poche.
L’avenir de l’empire Pokémon

En mars 2024, la création de The Pokémon Works, une coentreprise avec ILCA, témoigne de la volonté continue d’innovation de The Pokémon Company. Cette nouvelle filiale se concentre sur le développement et le soutien de futurs projets Pokémon, assurant la pérennité de la franchise pour les années à venir.
Avec 448 employés en 2022 et des filiales sur tous les continents, The Pokémon Company a réussi sa transformation d’un simple gestionnaire de magasins en véritable empire multimédia, orchestrant avec brio l’une des franchises les plus lucratives de l’histoire du divertissement. Évidemment, la folie autour du jeu de cartes participe à ce succès phénoménal qui ne semble pas s’essouffler malgré ses 30 années d’existences arrivant à grands pas.
C’est donc sur le Jeu de Cartes à Collectionner Pokémon que concentrera notre 3e épisode de la série spéciale Pokémon de Presse-citron, pour lequel nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine.
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