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L’Hyperloop français voit le (mauvais) bout du tunnel

La Région Occitanie, qui accueille le projet Hyperloop TT, se réserve le droit de demander remboursement.

Plus rapide sur le papier que dans la réalité. Au sud de Toulouse, sur un site laissé à disposition par l’État avec l’accord du Préfet, la société californienne Hyperloop TT venait s’installer en 2017 avec de grands objectifs à la clé. Pour relier Toulouse à Montpellier, un train supersonique progressant dans un tube à la vitesse de 1300 km/h, se préparait à atteindre les 24 minutes de trajet.

Aujourd’hui, l’expansion du tube d’essai n’est plus garantie. Après 1,5 million d’euros de crédit d’impôt, la signature d’un bail pour un terrain et des subventions de la région Occitanie, le vent semble tourner.

Celle qui devait faire passer Hyperloop TT au niveau supérieur ne sera pas possible. Une piste d’essai d’un kilomètre vient de se faire décliner le bail par le conseil de Toulouse Métropole le 16 décembre dernier, a-t-on appris selon une information de France Bleu.

Hyperloop TT France tube
© HyperloopTT

“Il n’y a pas lieu de s’inquiéter”

Le fruit d’un constat : la société californienne n’a toujours pas exploité le bail pour sa construction, et la commune se prépare à accueillir un nouveau pôle pour les mobilités du futur sur lequel Hyperloop TT devra cohabiter avec d’autres startups. Le vice-président de Toulouse Métropole tenait à rassurer : “C’est un simple redimensionnement, il n’y a pas lieu de s’inquiéter”, disait-il.

Selon ses plans initiaux, Hyperloop TT devait réaliser son premier essai avec des passagers à bord en 2020. La pandémie et les barrières techniques semblent avoir ralenti les travaux de l’équipe d’une vingtaine d’ingénieur de la société travaillant sur place.

Si Hyperloop TT en venait à trouver le chemin de l’expérimentation, la Métropole expliquait qu’elle serait en mesure de proposer un terrain de 10 kilomètres pour y installer les tubes du train hypersonique. “À plus long terme, Hyperloop pourrait avoir besoin d’une piste de 10 kilomètres cette fois. Le Département pourrait trouver cet espace-là dans le Muretain”, disait le maire de Saint-Orens.

Mais la région Occitanie n’est pas aussi souple et sa patience ne sera pas sans fin. Hyperloop ne passera pas outre les radars et après s’être lancé dans une subvention de 450 000 euros en la faveur du projet, elle se réserve maintenant le droit de demander remboursement des 89 000 euros déjà engagés.

En face, les projets Hyperloop sont nombreux et plusieurs personnalités bien connues du monde de la tech continuent d’investir. On pense notamment à Richard Branson, avec Virgin, mais aussi Elon Musk, qui débutait ses travaux de recherche sur le sujet en 2013 et Hyperloop One, au Canada.

Pour l’un comme pour l’autre, le constat est le même. Beaucoup de chemin reste encore à parcourir. Et les moyens engendrés pour arriver à une technologie suffisamment poussée et sécurisée face aux trains classiques ne passeront pas uniquement par des subventions régionales et une piste d’essai d’un kilomètre.

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5 commentaires
5 commentaires
  1. Quand cessera-t-on de croire que faire un vide partiel dans un tube est anodin, et surtout que c’est susceptible d’être rentable face à l’avion (aussi,voire plus rapide et nécessitant peu d’infrastructures) ou au train à grande vitesse (quasiment aussi rapide dans les faits pour des liaisons de quelques centaines de km, et avec une infrastructure plus simple et/où existante) ?

    Comment peut-on mettre de l’argent public dans de telles âneries ?

  2. Solution de science fiction réalisable à coût de milliards d’euros à rentabiliser avec un prix de billet à 3 euros par km parcouru ! Vous êtes partant ?
    Moi oui dans 4 ou 5 siècles si je vis assez vieux…
    Optimiste forcené.

  3. Ça va les délires ? Vous ne pensez pas qu’il y a des problèmes autrement plus graves que de faire Parid Bordeau en 1h ? On est en train de terminer un génocide de masse des animaux, des insectes, de la nature, le climat barre en couille, et vous pensez à faire de l’argent avec des projets débiles ?

    1. Pourquoi les jeunes sont ils aussi averses à l’innovation ici ? Vous êtes biens contents de descendre à Bordeaux en moins de 3h? Avec vous, dans les années 70, ce rêve qu’était le TGV ne serait jamais sorti. Vive l’innovation !

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