Le 16 octobre 1981 est une date très particulière dans l’histoire de l’épargne populaire en France. Et pour cause, ce jour-là, le taux du Livret A est passé à 8,5 %, soit son niveau le plus haut depuis sa création en 1818.
Si cette rémunération a de quoi faire saliver n’importe quel investisseur en 2026, il convient toutefois de la replacer dans le contexte de l’époque. En 1981, l’inflation se situe en effet à un niveau très élevé en France. Selon les moyennes annuelles de l’INSEE, les prix augmentent de 13,4 %, après 13,6 % en 1980.
Le nouveau gouvernement socialiste doit alors faire face à l’héritage des chocs pétroliers des années 1970, qui a entraîné une spirale prix-salaires dont l’économie peine à se débarrasser. C’est dans ce contexte que François Mitterrand, élu cette année-là, opte pour une politique de relance basée sur la consommation. Les mesures en faveur du pouvoir d’achat s’enchaînent : hausse du SMIC et des prestations sociales, augmentation des rémunérations dans la fonction publique.
Face à des difficultés budgétaires croissantes, la gauche finit, un peu plus tard, par opter pour une politique de rigueur qui permet de contenir l’inflation, au prix d’un douloureux retour en arrière pour les classes populaires et moyennes, même si les travailleurs ont conquis, au cours de cette période, des acquis sociaux qui perdurent (la cinquième semaine de congés payés notamment).
On l’aura compris, certes le niveau de rémunération du Livret A était particulièrement élevé en 1981, mais les Français devaient aussi faire face à un niveau d’inflation spectaculaire. En clair, même à 8,5 % d’intérêt, le Livret A était encore moins rémunérateur qu’il ne l’est actuellement, par rapport au niveau de l’inflation.
Vers une hausse du taux du Livret A ?
Pour rappel, le taux du Livret A a augmenté pour atteindre les 1,7 % depuis 1er août. Quant au Livret d’épargne populaire (LEP), son taux est resté inchangé à 2,5 %. Ce dernier, fixé par le ministre de l’Économie sur proposition de l’institution monétaire, est relevé pour la première fois depuis début 2023.
Les regards se tournent désormais vers le mois de février 2027 où une nouvelle révision des taux d’intérêt va intervenir. D’ailleurs, la formule de calcul prend en compte deux variables : le taux court interbancaire €ster et l’inflation hors tabac. Concernant la première, elle se situe autour de 2,183 %.
Cela dit son niveau devrait évoluer à la hausse, car la BCE a récemment relevé ses taux d’intérêt. En ce qui concerne l’inflation en revanche, l’incertitude demeure. Après une baisse observée au cours de ces dernières années, son niveau a largement rebondi en avril et en mai.
En se basant sur cette formule de calcul, nos confrères obtiennent un taux de 2,4 % pour le Livret A et 2,9 % pour le LEP. Il faudra bien sûr attendre la confirmation de ces hausses par les pouvoirs publics au mois de janvier.
Ces derniers peuvent d’ailleurs décider d’un coup de pouce au dernier moment ou au contraire de limiter la hausse, de sorte que cette décision reste avant tout très politique. On constate en tout cas qu’après des mois de baisse, les taux d’intérêt des livrets réglementés amorcent un regain.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.