La Corée du Sud vient de confirmer que Interpol a émis une notice rouge contre Do Kwon, le co-fondateur de Terraluna Labs. Une notice rouge Interpol est un mandat d’arrêt international. Selon le site de l’organisation policière : “les notices rouges concernent les fugitifs recherchés dans le cadre de poursuites ou afin qu’ils purgent leur peine”.
Concrètement, tous les pays membres d’Interpol sont censés appliquer le mandat d’arrêt en localisant, puis en arrêtant provisoirement Do Kwon avant de l’extrader vers la Corée du Sud. La startup Terraform Labs éditait un protocole et plateforme de paiement crypto reposant sur un stablecoin adossé au dollar le TerraUSD.
Do Kwon (Terraform Labs) est-il vraiment en cavale ?
Le problème c’est qu’en mai 2022, la valeur du stablecoin a commencé à dévisser, jusqu’à atteindre une valeur de 0,10 $ – tandis que la valeur de l’autre crypto de la startup, Luna, est passée de 119,51 $ à virtuellement zéro. Le 13 mai Terraform Labs a décidé de suspendre les transactions sur la blockchain afin de tenter d’endiguer la situation et de faire remonter la valeur des actifs.
L’équivalent de 45 milliards de dollars d’investissements sont partis en fumée lors de ce crash – alors que Luna était dans le top 10 des crypto les plus populaires du marché. Mais les tentatives de stabiliser les deux crypto en jouant sur les réserves de bitcoin et autres crypto détenues par Luna Foundation Guard n’ont que partiellement fonctionné.
Terraform Labs n’est jamais parvenu à restaurer la parité entre son actif TerraUSD et le dollar. La startup existe toujours, et a décidé de relancer le token Luna tout en abandonnant le stablecoin indexé sur le dollar. Mais tout ce que produit la firme est désormais accueilli avec suspicion par les investisseurs.
La valeur du nouvel actif a ainsi rapidement plongé après son lancement. Et une enquête a été ouverte sur la firme et ses fondateurs. En particulier contre Do Kwon, qui reste introuvable, tout en assurant depuis la semaine dernière qu’il n’est pas “en cavale”, suite à l’émission d’un mandat d’arrêt par la police sud-coréenne.
Le parquet local estime désormais pourtant que l’intéressé est “en fuite” et c’est la raison pour laquelle le pays a demandé à Interpol d’émettre la fameuse notice rouge. Une source proche du parquet sud-coréen explique notamment : “il est clairement en fuite comme l’atteste le départ simultané pour le même pays, Singapour, de membres de sa famille et des acteurs clés des finances de la startup”.
L’enquête qui vise Do Kwon et plusieurs collaborateurs de Teraform Labs vise à déterminer la présence ou non de fraude – il est notamment question de savoir si les succès passés de la startup n’étaient pas le signe sous-jacent d’une arnaque de type pyramide de Ponzi. Ainsi que de déterminer si les intéressés ont eu recours à l’évasion fiscale.
Plusieurs acteurs du secteur ont critiqué l’escalade judiciaire visant Terraform Labs et ses fondateurs. Selon Hasseb Qureshi, de chez Dragonfly, cité par Techcrunch : “je pense que criminaliser Terra est un précédent dangereux”, tout en soulignant ne pas avoir accès à l’ensemble des détails de l’affaire.
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Selon lui, l’affaire pourrait impacter l’ensemble du secteur et décourager l’innovation pour finalement peu de bénéfices. Surtout si il apparaît au final que Do Kwon n’a pas arnaqué sciemment les investisseurs.
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