- Lancée en 1998, la mission Lunar Prospector avait permis la découverte d’un mystérieux point chaud radioactif sur la face cachée de la Lune
- De nouvelles analyse des données pointent vers une activité volcanique très ancienne dans la région
- Celle-ci aurait entraîné la formation de granite, ainsi qu’une concentration importante de thorium, un matériau radioactif
Un article dans Nature de chercheurs de la Nasa révèle que du granite existerait sur la Lune. Cette roche, assez répandue sur Terre est assez rare sur l’astre. En effet, sur Terre, deux conditions sont nécessaires à la formation de cette roche : de l’eau et une importante activité volcanique et tectonique.
Or, de ce que l’on sait, la Lune n’a ni connu d’activité tectonique dans son histoire, ni d’eau liquide. Mais la Lune semble bien avoir eu une activité volcanique passée. Un des co-auteurs de l’étude, Matthew Siegler, explique que cela permet de jeter un regard nouveau sur le volcanisme de la Lune : “sur Terre, tous les gisements de granite significatifs sont reliés à de grandes chaînes volcaniques”.
Un mystère en partie résolu, et encore plus de questions
“Les dimensions surprenantes [du gisement trouvé sur la Lune] et la surface sur laquelle s’étend la roche implique un système granitique similarire à la Terre, et plus large que ce que l’on pensait possible sur la Lune“, poursuit le chercheur. Et d’ajouter, plus loin : “si vous n’avez pas d’eau, des situations extrêmes sont requises pour que du granite se forme”.
“Donc, vous avez ici ce système sans eau, et sans plaques tectoniques – avec pourtant du granite. Y avait-il de l’eau [liquide] sur la Lune au moins dans cette zone ? Ou est-ce que c’était juste un point où les conditions étaient particulièrement extrêmes, comme un point très chaud [relié à un volcan, ndlr] ?”, interroge Matthew Siegler.
Tout est parti de la détection d’un “point chaud radioactif” d’une cinquantaine de kilomètres diamètre sur sa face cachée, suivie de nouvelles analyses des données issues de la mission Lunar Prospector. La découverte de l’anomalie a poussé la Nasa à en savoir plus sur la composition locale des roches. Après une série de mesures supplémentaires, les chercheurs ont déduit que la formation radioactive était composée de granite.
À l’origine, Lunar Prospector visait entre autres à établir une carte de possibles gisements de thorium radioactif sur la lune. Mais aussi à détecter d’autres éléments et molécules comme l’eau liquide, le radon et l’hydrogène. Les autres instruments de la sonde visaient à mesurer le champ magnétique lunaire ainsi qu’à cartographier précisément la gravité à sa surface.
Lunar Prospector est la troisième mission du programme Discovery de la Nasa. La sonde a coûté quelque 63,8 millions de dollars pour une durée totale de la mission de 19 mois. La mission, lancée le 7 janvier 1998 s’est délibérément terminée le 31 juillet 1999 avec le crash de la sonde dans un cratère près du pôle sud.
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“d’une cinquantaine de diamètre”… centimètres? mètres? kilomètres???
Lisez attentivement le mot «kilomètres» est bien écrit dans le texte,il est seulement un peu à l’écart comme s’il avait honte.