En 2013, Lydia a fait le choix de « remplacer l’IBAN par le numéro de téléphone pour les paiements entre particuliers » pour contourner la lourdeur des virements traditionnels. Une innovation majeure qui s’est imposée au fil des ans. Aujourd’hui, l’entreprise française estime toutefois qu’il est désormais « urgent de sortir du 06 ». Selon elle, « une donnée personnelle qui n’est pas nécessaire à un paiement ne devrait pas avoir à être partagée pour le réaliser ».
Ainsi, la nouvelle version de l’application permet dorénavant d’envoyer ou de recevoir de l’argent « sans échanger de coordonnées personnelles ». Les transactions s’effectuent via un « lien Lydia » qu’il est possible de partager directement dans une conversation sur WhatsApp, Instagram, TikTok ou Snapchat. Pour les règlements en face-à-face, et l’usage d’un code QR prend le relais.

Éviter d’exposer ses données personnelles
La fintech pointe surtout du doigt la multiplication des cyberattaques. Le numéro de téléphone est devenu « une donnée personnelle qu’il faut protéger » face à l’explosion des escroquerie. Citant la Banque de France, elle rappelle que la fraude par manipulation a atteint « 516 millions d’euros en 2025, en hausse de 34 % en un an », représentant désormais « 41,6 % du montant total de la fraude aux moyens de paiement ».
Transmettre son numéro à un inconnu expose à divers désagréments, fait savoir Lydia : « démarchage, sollicitations indésirables, voire harcèlement ». Si une transaction demeure ponctuelle, le numéro, lui, « reste ».
Wero en ligne de mire
Lydia ne s’en cache pas et cite directement Wero, qui exploite cette méthode pour faciliter le transfert d’argent. Car la montée en puissance de ce rival européen créé par les banques traditionnelles, la pionnière française du paiement mobile se retrouve forcément fragilisée.
« Continuer à demander aux utilisateurs de partager leur numéro de téléphone lorsquʼil nʼest pas nécessaire nʼa plus de sens. Nous supprimons cette nécessité dans Lydia et appelons lʼensemble des acteurs du paiement à faire de même », lance-t-elle.
La société met en outre en avant l’exemple d’autres acteurs majeurs de la tech, à l’image de WhatsApp qui a introduit des pseudonymes pour « permettre à deux personnes d’échanger sans avoir à révéler leur numéro ». Dans ce contexte, Lydia espère transformer son nouveau standard de confidentialité en avantage face à la concurrence.
- Lydia abandonne le partage du numéro de téléphone pour les paiements entre particuliers, le remplaçant par des liens de paiement et des codes QR.
- La fintech estime que masquer les coordonnées personnelles est devenu indispensable pour sécuriser les transactions.
- En remettant en cause un standard adopté par Wero, Lydia cherche à se démarquer.
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