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Malgré la transition énergétique, les gouvernements font encore fausse route

Plus de 600 milliards de dollars injectés dans des projets de centrales à charbon risquent de poser problème à leurs investisseurs, en majorité représentés par les gouvernements.

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Centrale Charbon
© Pixabay / Didgeman

Un nouveau rapport du think tank Carbon Tracker Initiative annonce une bonne nouvelle pour l’environnement. Selon ce dernier, le charbon n’est plus « l’option la moins coûteuse pour la production d’électricité dans le monde entier ». Économiquement, l’heure est à l’avertissement, alors que plus de 600 millions de dollars d’investissement dans des projets fossiles courent tout droit face au mur.

Pour expliquer cette situation, le think tank londonien – spécialisé dans l’explication des effets du réchauffement climatique sur les marchés financiers – s’est penché sur la baisse des prix des énergies renouvelables. De plus en plus de pays se retrouvent dans des situations où l’électricité produite par l’énergie éolienne ou solaire possède un coût plus faible que celle par le charbon. Pourtant, dans le monde à l’heure actuelle, l’équivalent de 499 gigawatts de nouvelles capacités de production au charbon seraient en phase de construction, ou en projet.

Un gaspillage de plus de 600 millions de dollars

Le rapport publié par le think tank vise avant tout à prévenir les gouvernements et les investisseurs privés : les quelque 600 millions de dollars injectés à l’heure actuelle dans des projets de centrales à charbon risquent de n’être jamais amortis, et « gaspillés ». Les experts en charge de cette étude sont confiants dans l’idée que le recours aux énergies renouvelables dans la production électrique dépassera celle des centrales à charbon.

Or, pour pouvoir rembourser totalement le coût de production d’une centrale à charbon, il faut généralement attendre entre 15 et 20 ans. Les investissements deviennent donc de plus en plus risqués, et ils auront un effet de spirale sur le prix de l’électricité issue de l’énergie fossile. Car pour pouvoir amortir leurs investissements, les centrales à charbon ne pourront pas faire baisser leurs prix du gigawatt. Cela « pourrait verrouiller l’énergie au charbon à coût élevé pendant des décennies », déclarait Carbon Tracker Initiative.

« Les décideurs doivent immédiatement arrêter de nouveaux investissements dans le charbon et repenser la réglementation du marché de l’électricité afin de minimiser le risque d’actifs bloqués, et accélérer la transition vers une économie à faible émission de carbone », détaillait le rapport de Carbon Tracker Initiative. De quoi renforcer la position préférentielle des énergies solaires et éoliennes.

Des énergies renouvelables de moins en moins chères

Pour appuyer son étude, le think tank a publié une infographie présentant un planisphère des différents pays où la production d’électricité via les énergies renouvelables est devenue moins chère que celle à partir des centrales à charbon. On note la présence des États-Unis, de la Russie et du Japon, mais également de pays européens comme l’Allemagne où la production via des énergies fossiles est encore très importante. La France fait également partie des pays mentionnés.

Carbon Tracker Initiative mentionne également les régions au sein desquelles les projets de construction de centrales à charbon sont les plus importants – et donc menacés. En Europe, ce sont la Pologne et la République tchèque qui sont principalement mentionnées, avec plus de 16 milliards de dollars investis et menacés d’être gaspillés. En Chine, l’équivalent de 100 GW de centrales en construction et 106 GW en projet menacent des investissements à hauteur de 158 milliards de dollars.

Enfin, le rapport mentionne l’état actuel de la situation aux États-Unis. Si aucun projet de nouvelle centrale à charbon n’est planifié, le think tank mesure que 47 % des capacités de production d’électricité au charbon coûtent plus cher que si des infrastructures à énergies renouvelables étaient préférées.

Un avertissement pour les gouvernements

La situation est un très bon signal pour la transition énergétique. Elle peut d’ailleurs être mise en relation avec le retournement des banques d’investissement. En France, le 7 avril prochain, la Bpi veut présenter un plan de décarbonisation et un agenda climatique, pour devenir « la banque du climat pour les entrepreneurs ». Cette tendance est également retrouvée au niveau européen, où la Banque européenne d’investissement (BEI) s’est donné l’horizon 2020 pour mettre fin à ses investissements dans des projets liés aux énergies renouvelables.

Face à ce marché en pleine transition, Carbon Tracker Initiative pointe du doigt la politique des différents gouvernements. « Le marché est le moteur de la transition énergétique bas carbone mais les gouvernements n’écoutent pas. Il est économiquement logique pour les gouvernements d’annuler immédiatement de nouveaux projets de production de charbon et de supprimer progressivement les centrales existantes », déclarait Matt Gray, responsable énergie et services publics au Carbon Tracker Initiative.

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3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Jean-François Dubois

    15 mars 2020 at 10 h 02 min

    Un seul « oubli », mais qui casse complètement la validité de ce article : les ENR solaire et éolien sont intermittents, et bien souvent, notamment par les nuits sans vent, sont totalement effacés. On ne peut comparer leur coût de kWh avec les moyens pilotables qu’en y ajoutant le coût d’un stockage massif (qui n’existe pour le moment toujours pas) ou des moyens de secours à construire quand même et pour un service volontairement partiel donc mal rémunéré.
    J’imagine que les membres de ce brillant « think thank » le savent fort bien et que leur oubli ,’est pas innocent.
    JF Dubois (Ain)

  2. Fousspat

    15 mars 2020 at 14 h 44 min

    Excellente remarque. A cela devra s’ajouter aussi des infrastructures capables de réguler la fréquence du réseau, car ni les éoliennes, ni les panneaux solaires n’en sont capables.

  3. andre grenier

    15 mars 2020 at 23 h 37 min

    C’est dommage que l’auteur de cette article ne l’ait pas relu. Il aurait vu le paquet d’incohérence qu’il contient.600 millions au lieu de 600 milliards, la BEI qui arrête ses investissements dans les énergies renouvelables au lieu de non renouvelable.

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