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Fintech

Malgré ses pannes à répétition, Robinhood lève (encore) des fonds

L’application mobile de trading a capitalisé sur le « zéro commission » pour séduire 13 millions d’utilisateurs.

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Robinhood
© Robinhood

Au début du mois de mars, alors que la volatilité battait son plein sur les marchés financiers, l’application Robinhood a connu trois pannes critiques. La solution de trading populaire auprès des Millenials a été largement sondée par le régulateur (Finra) pour ces interruptions gênantes, et une pétition a même circulé pour interdire à l’éditeur son droit d’offrir ses services de courtage.

13 millions d’utilisateurs actifs

Cela n’a pas empêché l’application de bourse de boucler un nouveau tour de table, à hauteur de 280 millions de dollars, pour une valorisation à 8,3 milliards de dollars. La pépite américaine qui a construit son succès sur une application boursière sans aucun frais recense plus de 13 millions d’utilisateurs à son actif. Ce chiffre est extrêmement élevé quand on le compare au nombre de particuliers français qui ont investi en bourse entre fin février et fin avril : 580 000 – dont 150 000 nouveaux.

Si elle ne prélève pas de commission sur chaque transaction à ses utilisateurs, Robinhood a mis en place un modèle économique qui lui permet de tirer des revenus de diverses sources : abonnements premium, rétro-commissions de market-makers, prêts de titres etc. Avec un pic de consommation en mars, ses revenus auraient été triplés pour atteindre 60 millions de dollars, pensent savoir nos confrères de Bloomberg.

Cours du S&P500

Cours du S&P500 © Google

Une valorisation qui ralentit

Nos confrères de TechCrunch ont repris l’historique des levées de fonds de Robinhood, dont le rythme de valorisation a nettement ralenti au fil du temps. Après avoir levée 363 millions $ pour une valorisation à 5,6 milliards $ en 2017, la fintech a ensuite enchainé sur un tour de 323 millions $ pour une valorisation à 7,6 milliards $ en 2019. Avec une valorisation à 8,3 milliards $ pour cette dernière levée de fonds (pour un tour de 280 millions $), Robinhood semble avoir du mal à convaincre qu’elle en vaut beaucoup plus…

Un expert du secteur interrogé par le NY Post est également critique vis-à-vis de la jeune pousse : « 13 millions d’utilisateurs, c’est beaucoup. 280 millions de dollars pour une solution qui n’est pas capable de gérer des volumes, c’est trop. […] Elle pourrait se faire racheter par une grande banque, mais je doute qu’une telle opération atteigne la moitié de sa valorisation actuelle ».

Si le doute s’installe, Robinhood a largement contribué à chambouler toute l’industrie. Le géant du courtage Charles Schwab s’est aligné en octobre dernier en supprimant ses commissions sur les transactions avant de racheter son rival TD Ameritrade le mois d’après pour 26 milliards de dollars. De son côté, la banque d’investissement Morgan Stanley a mis la main sur le courtier E*Trade pour 13 milliards de $ en février 2020. Robinhood, qui figurait parmi les géants de l’industrie se retrouve depuis dépassé par ses homologues…

Quid du marché français ? Depuis l’introduction en bourse de la Française des Jeux en novembre dernier, les particuliers semblent avoir repris goût à la bourse. Dans une interview, le DG de Boursorama Banque, Benoit Grisoni, se félicitait du nombre record d’ouvertures de comptes titres enregistrés au courant du mois de mars. La banque en ligne a vu ses volumes d’ordres tripler par rapport à un mois normal. Reste à voir si la tendance se poursuivra dans les mois à venir…

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