Il n’a peur de rien, surtout pas de faire polémique. Marc Andreessen, cofondateur du fonds d’investissement Andreessen Horowitz (a16z) et figure culte de la Silicon Valley, a livré dans un épisode de son podcast Monitoring the Situation sa vision de l’avenir du cinéma. Et selon lui, l’intelligence artificielle (IA) va faire basculer Hollywood dans une ère totalement nouvelle. Quitte à provoquer un séisme social et artistique.
L’IA fait trembler Hollywood
Depuis l’arrivée d’outils comme Sora d’OpenAI ou Veo de Google, capables de générer des vidéos réalistes à partir de simples descriptions textuelles, le monde du cinéma est en alerte. Réalisateurs, scénaristes et techniciens ont déjà manifesté leur colère face à ces technologies, et les grèves historiques de 2023 à Hollywood ont laissé une trace : l’IA fait peur car elle menace des emplois et brouille les frontières de la création.
Mais pour Marc Andreessen, ces inquiétudes passent à côté de l’essentiel. Lui parle de révolution créative. Citant une rupture historique, il prédit l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes venus de nulle part grâce à l’IA : « L’IA va faire naître le cinéaste sans compétence visuelle, sans accès à un plateau, sans caméra, sans acteurs… mais avec une idée », affirme-t-il.
Pour lui, les barrières techniques et financières vont tomber. Terminé la dépendance aux studios, aux financements ou aux réseaux. On entrerait dans une ère où « n’importe qui » peut raconter une histoire en images. « Des créatifs brillants qui aujourd’hui écrivent des romans ou des BD vont pouvoir réaliser des films complets avec l’IA. C’est une raison profonde d’être optimiste », ajoute-t-il.
Andreessen parle même d’une chute drastique du coût de production, pouvant aller jusqu’à moins 90 %. Une promesse qui séduit les investisseurs, et inquiète tout le reste de l’industrie.

Intérêt économique ou utopie intéressée ?
Difficile toutefois d’ignorer un détail : Marc Andreessen n’est pas un observateur neutre. Son fonds a16z a investi dans plusieurs startups d’IA générative, dont Promise, un studio de création de films par IA. Il a aussi massivement financé des acteurs clés du secteur. L’avenir qu’il décrit est aussi un marché qu’il veut conquérir.
Et derrière ses discours futuristes, Andreessen esquive certains dossiers cruciaux, à l’instar du nombre d’emplois potentiellement détruits, de la standardisation des contenus, de l’uniformisation créative, et surtout, de la propriété intellectuelle. Car des studios accusent déjà certaines IA d’avoir été entraînées sur des œuvres protégées sans autorisation.
L’investisseur balaie ces inquiétudes, évoquant plutôt une « transformation naturelle du travail » où de nouveaux métiers naîtront autour de l’IA. Mais pour l’instant, les travailleurs s’inquiètent clairement, et pas seulement dans la filière du cinéma…
- Marc Andreessen affirme que l’IA va permettre à n’importe qui de devenir cinéaste sans caméra ni studio.
- Selon lui, ces outils vont faire chuter les coûts de production et ouvrir Hollywood aux créateurs indépendants.
- Mais cette vision inquiète l’industrie du film, déjà menacée par l’automatisation.
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