- Meta vient de bannir les médias canadiens de ses réseaux sociaux
- Une loi obligeait le groupe à payer les médias pour leur travail
- Google est également visé par ce projet de rémunération de la presse
Le groupe Meta, propriétaire des réseaux sociaux Facebook et Instagram vient d’annoncer la suspension de tous les médias canadiens. Cette annonce fait suite à une nouvelle loi obligeant les géants du web à payer pour diffuser des contenus de presse. Dans son communiqué de presse, le groupe regrette qu’aucune autre solution n’ait jamais été discutée, lui qui assure avoir prévenu à « plusieurs reprises » le Canada de ce boycott.
Du côté du gouvernement le ton monte. Pablo Rodriguez, ministre du Patrimoine explique qu’il n’y avait « aucune obligation » à couper les accès aux médias canadiens, la loi n’étant pas entrer en vigueur. Il se dit d’ailleurs toujours ouvert à des discussions avec le groupe Meta (et Google qui est aussi concerné). Des réunions ont eu lieu ces dernières semaines.
Justin Trudeau, le Premier ministre du pays a lui aussi pris position dans ce débat national. Il a critiqué ouvertement Meta assurant que le groupe était « profondément irresponsable et déconnecté » en refusant de payer les journalistes pour leur travail.
Obliger Meta et Google à payer, une idée australienne
Pour le Canada cette loi devait permettre de mieux rémunérer les journalistes en taxant les géants du web. Car dans le pays la situation est critique. Depuis 2008 ce sont plus de 450 titres de presse qui ont fermé. Afin de sortir de la crise, le Canada a donc suivi l’exemple de l’Australie qui a mis en place une loi similaire en 2021. Après d’âpres négociations, l’île océanique avait d’ailleurs obtenu l’accord de Facebook et Google, facilitant l’adoption de la loi dans le pays des kangourous.
Sur le vieux continent aussi, la situation a évolué ces dernières années. En 2019 l’Union européenne a fait passer une loi pour protéger les « droits voisins ». Elle doit permettre une rémunération pour les éditeurs de presse qui travaillent avec des réseaux sociaux.
Un récent rapport parlementaire a cependant critiqué cette application « opaque » de la loi. La députée (LR) Virginie Duby-Muller préconise plutôt des négociations collectives, elles qui ont fait leurs preuves en Australie. Le rapport révèle également que très peu de titres de presse ont reçu une rémunération au nom des « droits voisins. »
En plus de Meta et Google qui sont dans le viseur de nombreux pays pour leur utilisation des médias, Twitter est également dans la tourmente. En plus de son utilisation des titres de presse pour créer du trafic, l’entreprise d’Elon Musk est sous le joug d’une enquête pour une absence de modération face aux contenus haineux.
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