Plus de 200 médias français entre en guerre contre Meta. Radio, télé, presse écrite, web… Même combat : 80 groupes médias français déposent une plainte contre la maison mère d’Instagram, de Facebook et de WhatsApp auprès du Tribunal des activités économiques de Paris. Il s’agit d’une attaque juridique inédite dans l’Hexagone.
Mais pourquoi Meta est-il dans le collimateur des médias français ? Il semblerait que le groupe de Mark Zuckerberg n’aurait pas respecté le RGPD (règlement général sur la protection des données) et est accusé de concurrence déloyale sur le marché de la publicité ciblée. Ces manquements pourraient coûter cher à Meta : près d’un milliard d’euros de dommages et intérêts est réclamé. Et ce montant pourrait encore grimper si d’autres médias rejoignent cette action groupée.
Que reprochent les médias français à Meta (Instagram, WhatsApp, Facebook) ?
Le RGPD est très clair : pour qu’une entreprise vous propose de la publicité ciblée, elle doit avoir votre consentement. Les médias français sont de bons élèves depuis l’entrée en vigueur de ce règlement en 2018 avec la mise en place de plateformes de gestion du consentement (CMP). Meta, en revanche… Effectivement, le géant tech s’en est affranchi en faisant valoir “les clauses contractuelles” et “l’intérêt légitime”. Bien qu’incluses dans le RGPD, ces derniers ne sont pas valables en cas de publicité ciblée.
En agissant ainsi, Meta s’est assuré un avantage concurrentiel déloyal vis-à-vis des médias français. Alors que les éditeurs de presse ont vu leurs recettes s’effondrer, celles de Meta n’ont pas cessé de progresser.
Les 80 groupes médias français s’appuient sur une plainte déposée par 83 éditeurs espagnols le 1er décembre 2023. Ils réclament plus de 550 millions d’euros de compensations à Meta. Cela fait plus d’un an que l’initiative est en préparation pour les médias de l’Hexagone. Chaque éditeur a fait établir un rapport d’économiste afin de démontrer son manque à gagner avec des chiffres à l’appui.
Meta est souvent pointé du doigt à propos du RGPD. Le groupe a déjà été rappelé à l’ordre par la commission irlandaise de protection des données et a écopé d’amendes (très) salées. Manque de transparence, absence de protection des données d’utilisateurs dont des mineurs, traitement de données personnelles à des fins de publicité ciblée sans transparence… Dans tous les cas, la maison mère d’Instagram, WhatsApp et Facebook devra rendre des comptes.
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