Alex Kipman, le responsable de la réalité virtuelle et augmentée chez Microsoft, est accusé d’avoir eu un « comportement inapproprié » avec plusieurs employées de l’entreprise. Citant certains « employés actuels et anciens », un article d’Insider rapporte que l’ingénieur brésilien a notamment regardé du porno en réalité virtuelle au bureau.
Devant des salariés, Kipman aurait visionné une vidéo montrant de jeunes femmes en sous-vêtements en train de jouer avec des coussins sur un lit. Interrogé par le média, un employé présent lors de l’incident affirme qu’il s’agissait d’un porno en réalité virtuelle. Alex Kipman est également accusé « d’attouchements indésirables ».
Une accumulation de plaintes
Selon les témoignages recueillis par le média, il ne s’agit pas d’un événement isolé. Microsoft se montrerait excessivement tolérant avec certains de ses cadres. Développeur principal des lunettes de réalité mixte Hololens, Kipman aurait échappé à plusieurs reprises aux sanctions.
D’après l’article, le harcèlement sexuel est un problème récurrent au sein du groupe américain. Les salariés interrogés assurent que la violence verbale et les comportements déplacés sont très répandus chez les cadres de Microsoft.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le géant de la technologie est accusé de tolérer l’intolérable. En 2018, des salariées ont déposé plainte contre Microsoft pour « discrimination fondée sur le sexe et harcèlement sexuel ». D’après les plaignantes, 238 plaintes internes ont été transmises par des femmes travaillant dans des emplois techniques au sein de l’entreprise.
Microsoft est accusé d’avoir systématiquement rejeté les plaintes pour étouffer un scandale, rapportait Reuters à l’époque. Malgré les promesses de la firme, une autre vague de protestations est née quelques mois plus tard, en 2019. Dans un mail de 90 pages adressé aux ressources humaines, des salariées américaines témoignaient des nombreux comportements déplacés de leurs supérieurs.
Microsoft revoit sa politique
Bill Gates, l’illustre fondateur de Microsoft, a également été éclaboussé par des accusations analogues. Au début des années 2000, le milliardaire aurait noué une relation amoureuse avec une employée, rapportait le Wall Street Journal l’année dernière. C’est suite à la révélation de son aventure extra conjugale que Bill Gates aurait choisi de quitter le conseil d’administration de Microsoft. L’entrepreneur dément fermement que cette aventure, « vieille de 20 ans » et « terminée de façon amicale » ait précipité son départ.
Face aux critiques, Microsoft cherche à faire amende honorable. Début 2022, le géant de l’informatique a annoncé la révision de sa politique en matière de harcèlement sexuel. L’entreprise a commandé un examen complet de ses pratiques à un cabinet d’avocats spécialisé.
« Nous nous engageons non seulement à examiner le rapport, mais également à tirer des enseignements de cette évaluation afin de continuer à améliorer les expériences de nos employés », assurait Satya Nadella, le PDG de Microsoft, lors de la commande du rapport. Suite aux accusations visant Alex Kipman, l’entreprise s’est d’ailleurs engagée à enquêter sur « chaque réclamation » et à prendre « des mesures claires ».
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