En 2027, le groupe France Télévisions va revoir ses programmes. Au cours des douze mois de l’année, 90 millions d’euros devront être économisés par rapport à l’année actuelle, pour s’ajuster à la baisse des dotations de l’Etat, notamment. Une situation pesante, puisqu’en 2026 déjà, la baisse des dotations s’élevait déjà à 80 millions d’euros, pour un budget de 2,37 milliards.
La baisse des dotations pour 2027 n’est pas de 90 millions d’euros mais de 47 millions, expliquait la dirigeante du groupe dans un entretien avec le journal Le Monde. Une autre partie des coupes budgétaires s’expliquent par « le repli des ressources publicitaires », de 20 millions d’euros. Comme chez les autres chaînes, les annonceurs paient moins aujourd’hui, alors que d’autres médias prennent le dessus, notamment sur Internet.
Coupe de France
Delphine Ernotte Cunci a tenu à alerter puisque selon elle, pour continuer à fonctionner, les économies se feront « partout ». En premier lieu, le sport devrait en pâtir. « Nous allons continuer à renégocier les coûts des programmes et les droits sportifs. Certaines compétitions ne seront peut-être pas renouvelées, comme la Coupe de France de football par exemple ». France Télévisions possédait jusque-là les droits de diffusion en clair de cette coupe de football depuis 2006.
Selon le magazine L’Equipe, qui détaillait plus d’informations sur la fin de la diffusion de la Coupe de France par France Télévisions, le groupe aurait proposé de diviser par deux le contrat, passant d’un budget de 8 millions d’euros par an à 4 million. Depuis plusieurs années déjà, le groupe ne diffusait plus qu’un seul match par tour à partir des 32e de finale. BeInN Sports récupérait le reste des rencontres.
Films et séries
La création visuelle sera l’autre point sur lequel les économies auront des conséquences. L’enveloppe de l’investissement pour des programmes originaux devrait encore baisser, selon une source au sein du groupe mentionnée par l’AFP. Le montant total est déjà passé de 440 à 400 millions d’euros, et il devrait s’établir à 380 millions d’euros en 2027. Face à cela, la patronne appelle à « la vigilance collective » :
« Est-ce que l’on veut affaiblir cette industrie de la création, de liberté, qui emploie plus de monde que l’industrie automobile ? On a déjà externalisé l’acier, est-ce qu’on va externaliser la culture ? » se demandait-elle dans son entretien avec le quotidien du soir français. Elle en profitait aussi pour rappeler que cela laissera le champ libre aux « plateformes étrangères » et l’imposition de la culture de séries et de films « décidés, financés, cassés, écrits et conçus par les Américains ou les Chinois ».
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