Allianz X chercherait à se séparer de sa part de 5 % dans N26 et souhaiterait quitter le navire, rapporte le Financial Times. Une annonce de taille qui pourrait d’autant plus mettre en péril les plans de la fintech à l’heure où les levées de fonds sont difficiles, les introductions en Bourse dangereuses et que les employés de la néo-banque sont nombreux à démissionner.
Pour ne pas rater le virage fintech, l’assureur allemand Allianz lançait sa filiale de capital-risque Allianz X en 2016. Celle-ci avait notamment investi dans la néo-banque berlinoise qui se rêvait d’embrasser le marché européen et américain, jusqu’à ce que le régulateur lui barre la route et que des erreurs stratégiques lui fassent prendre du retard par rapport à ses concurrents anglais.
Parmi les départs, des cadres dirigeants aux postes stratégies ont pu être recensés ces derniers mois. Le dernier en date est le responsable des risques et de la conformité de la néo-banque, qui préférait partir après deux ans de fonctions. Il succède à celui de l’ancienne directrice d’exploitation et de l’ancien directeur financier. En parallèle, entre 2020 et 2021, le turn-over des salariés atteignait 40 % selon une enquête publiée par Sifted en janvier 2022.
Le départ d’un actionnaire aussi gros qu’Allianz X sera un coup de poignard. Mais N26 affirme ne pas être au courant d’une “vente secondaire d’investisseurs existants”.
Décote de 68 %
En cherchant à revendre ses parts sans attendre que N26 n’entre en Bourse n’empêchera pas Allianz X de réaliser une plus-value sur son investissement. Il faut dire que la filiale de l’assureur allemand rejoignait N26 en 2018, alors que la néo-banque ne revendiquait encore 850 000 utilisateurs. Ils sont aujourd’hui plus de 8 millions si l’on croit les chiffres officiels (mis à jour en octobre 2022). Les 5 % d’Allianz correspondent donc à un gros chèque.
Du moins, si l’on ne regarde pas les mois précédents. Car avec toutes ses difficultés du moment, il aurait été naïf de croire que N26 n’aurait pas vu sa valorisation fondre, comme la plupart des fintech à l’heure actuelle. Et le Financial Times annonce à ce sujet qu’Allianz X a cherché à revendre ses parts sur une valorisation commerciale de 3 milliards d’euros, loin des 9 milliards d’euros annoncés lors de la dernière levée de fonds d’octobre 2021.
En termes de variation, cela correspond à une décote de 68 %.
Quand Allianz investissait dans N26 en 2018, la startup n’en était alors qu’à sa série C et se valorisait à un montant encore inférieur au milliard de dollars. L’assureur entrait dans le capital de la fintech en même temps que Tencent, pour un tour de table de 160 millions de dollars. Les premiers signes d’inquiétude de l’assureur remonte à l’année dernière quand son directeur général déclarait au journal économique américain qu’il était préoccupé face aux objectifs de croissance.
En restera que N26 ne veut pas susciter davantage de financement externe. La néo-banque disait l’année dernière en octobre qu’elle n’allait pas faire appel à de nouvelle levée de fonds malgré qu’elle avait dû repousser son projet d’introduction en Bourse et qu’elle creusait ses pertes nettes sur le bilan annuel de 2021. N26 est “bien financé, indépendant des capitaux externes et capable d’atteindre la rentabilité sans financement supplémentaire”, disait l’un des responsables au Financial Times.
La banque pourra certainement tenir, et même atteindre l’équilibre, mais une chose est sûre, elle ne pourra pas le faire en poursuivant dans son objectif d’acquisition client. Au moment de l’âge d’or des néo-banques (2019-2020), N26 se fixait l’objectif d’atteindre 100 millions de clients.

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