Passer au contenu

Netflix et l’écologie : c’est pas ma faute à moi

Interrogée sur l’impact écologique de Netflix, la directrice du développement durable de l’entreprise a apporté une réponse pour le moins surprenante.

  • Netflix est le leader mondial du streaming, mais aussi un gros consommateur d’énergie et un émetteur de CO2
  • La plateforme refuse de communiquer sur son empreinte carbone liée au visionnage des contenus et se contente de compenser ses émissions
  • Netflix conseille aux utilisateurs de faire des efforts sur leurs autres habitudes de consommation, sans remettre en question le modèle du streaming

Voilà une déclaration qui va faire bondir les citoyens préoccupés par l’avenir de notre planète. Interrogée par le média Le Crayon sur la question de savoir s’il faudrait arrêter de regarder Netflix pour des raisons écologiques, Emma Stewart, directrice du développement durable chez Netflix, a préféré dégager l’entreprise de toute responsabilité.

Au lieu de reconnaître l’impact environnemental du streaming, elle a conseillé aux utilisateurs de faire des efforts sur leurs autres habitudes de consommation. “Les principales mesures que [les individus] peuvent prendre concernent l’alimentation”, a-t-elle ainsi déclaré, rappelant qu’une alimentation riche en végétaux permet de réduire la consommation d’eau et les émissions de CO2 de l’industrie agroalimentaire.

Elle a également évoqué l’importance d’équiper son foyer en équipements moins énergivores, de privilégier les transports en commun ou encore de réduire ses déchets. Enfin, elle a souligné le rôle du “citoyen actif”, qui peut “se rappeler de voter” et “avoir une conversation avec son employeur” sur les questions environnementales.

Quelle est l’empreinte carbone de Netflix ?

Plateforme de streaming la plus populaire au monde, Netflix compte désormais plus de 230 millions d’abonnés, dont au moins sept millions en France. Selon son dernier rapport sur la durabilité, Netflix a généré une empreinte carbone de 1,1 million de tonnes métriques en 2020, dont plus de la moitié provient de la production physique des séries et films.

Mais qu’en est-il de la consommation liée au visionnage des contenus sur les écrans des utilisateurs ? Netflix affirme que son impact est faible : “Une heure de streaming en 2020 correspond en moyenne à moins de 100 grammes équivalent CO2, soit la consommation d’un ventilateur de 75 W pendant 6 heures”, déclarait à l’époque Emma Stewart. Cela reviendrait à parcourir 400 mètres en voiture à essence pour regarder un épisode et demi de sa série préférée.

Ces chiffres, basés sur un outil de calcul développé par des chercheurs de l’université de Bristol, prennent en compte la consommation électrique des data centers, des réseaux internet et des appareils utilisés pour le streaming. Mais cet outil n’est pas accessible au public et Netflix ne fournit pas de détails sur sa méthodologie ni sur ses sources de données. Comment vérifier alors la fiabilité de ces estimations ?

Si tous les conseils de la directrice du développement durable permettent effectivement de réduire notre empreinte carbone individuellement, sa réponse a de quoi surprendre. L’industrie du streaming n’est certes pas la plus polluante de la planète, mais Netflix reste une entreprise qui, par sa stratégie d’acquisition de nouveaux abonnés, contribue à l’augmentation de notre empreinte écologique. Plus il y a d’abonnés, plus il y a de données échangées, plus on pollue. Multipliez les 400 mètres parcourus en voiture à essence par 232 millions d’utilisateurs et vous prendrez certainement la mesure de l’impact d’un service de streaming aussi puissant.

Netflix peu actif en matière d’écologie

Par ailleurs, on ne peut pas dire que Netflix se montre particulièrement transparente sur les méthodes employées pour réduire son empreinte carbone. L’entreprise a certes investi dans des projets de compensation carbone mais elle ne se montre pas particulièrement volontaire pour apporter des solutions techniques qui permettraient de limiter la consommation d’énergie liée au streaming. On pense par exemple à l’adaptation dynamique de la qualité vidéo en fonction du débit disponible ou du type d’écran, ou encore la mise en place d’un mode éco qui donnerait aux utilisateurs la possibilité de choisir une qualité inférieure pour réduire leur impact environnemental.

Par ses déclarations, la directrice du développement durable de l’entreprise se défausse de ses responsabilité et renvoie la balle aux utilisateurs, sans remettre en question le modèle même du streaming. Proposer des centaines de séries documentaires sur l’écologie pour sensibiliser le public c’est bien, appliquer soi-même des mesures concrètes, c’est mieux.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Netflix
Netflix
Par : Netflix, Inc.
4.3 / 5
M15.9 avis
5 commentaires
5 commentaires
  1. L’internet complet c’est moins de 4% de la production de CO2 sur terre, le streaming … c’est donc encore bien moins.
    L’industrie de l’élevage (viande, lait, œufs, etc…) est considérées autour de 20% pour les calculs optimistes et peut monter a plus de 30%.
    La réponse peut paraitre légère mais en réalité pas du tout, si vous voulez avec un réel impact d’un point de vue écologique, l’alimentation est réellement le 1er levier.
    Arrêter de regarder Netflix n’est pas la priorité, même si en soit, vu le contenu, ça n’a pas été difficile pour moi d’annuler mon abonnement ^^

  2. Ouais ! 4% c’est peu ? C’est quand même équivalant à l’aviation civile. Le probleme, c’est que ça ne diminue pas pour le numérique dont la VOD (courbe exponentielle).
    Le 1er levier de réduction du C02 n’est pas, en France, l’alimentation (qui est après les transports et) le chauffage.

    1. Sauf que le cas français n’a aucune importance.
      Si on refile la production de CO2 aux autres pays c’est débile.
      Il faut prendre les chiffres mondiaux et travailler dessus.
      Si on consomme que de la nourriture importée, c’est certain qu’il n’y a plus d’impact écologique sur le territoire à ce niveau, ça ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’impact du tout.
      Vous pouvez porter des œillères grâce aux chiffres qui vous arrange, mais le problème principal sera toujours au même endroit.
      Et oui, 4% c’est très peu à côté des 20 à 30% de l’élevage.

  3. C’est une moyenne mondiale ? C’est débile .
    Prenons un abonné français. 100gr de CO2 c’est 2 kW … Le ridicule ne tue pas
    Après en Allemagne 1kw c’est 430gr .. effectivement c’est polluant . Mais il faut demander des comptes a Greenpeace et à leur politiciens

Les commentaires sont fermés.