La rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. Après la publication d’un article sur la fin des forfaits mobiles avec d’énormes enveloppes data, de nombreux médias en ont fait l’écho dans leurs colonnes. Très vite, l’information s’est répandue sur les réseaux sociaux, suscitant la grogne de certains internautes. Xavier Niel, patron de Free Mobile (opérateur le plus généreux sur les enveloppes data), a réagi en personne à cette rumeur. Non, les offres mobiles ne changeront pas, a-t-il assuré. Alors, qui croire ? Pour mettre fin à la rumeur, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est exprimée.
— Xavier Niel (@Xavier75) February 2, 2025
Car c’est bien elle qui est mentionnée dans la fausse information initiale. Alors que les opérateurs comme Free Mobile continuent de repousser les limites avec des offres toujours plus alléchantes, certains s’inquiètent de l’impact environnemental de telles offres. Et si la solution était de rationner nos précieux gigaoctets ? Cette idée a été attribuée à tort à l’Ademe (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
L’Agence pour de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie n’a pas le pouvoir de proposer une loi à l’Assemblée nationale. Seuls les ministres et députés le peuvent. En revanche, l’Ademe peut fournir des éléments et études dont les députés peuvent se servir pour défendre leurs textes. Si tant est qu’une loi soit en réflexion, les récentes études de l’Ademe n’iraient pas dans le sens d’une limitation des enveloppes data. En effet, les forfaits mobiles ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’impact écologique du numérique en France. Les chiffres sont éloquents : seulement 5% des émissions du secteur leur sont imputables, tandis que les data centers et nos gadgets électroniques se taillent la part du lion avec 95% du gâteau carbone. Et ces chiffres ne prennent pas encore en compte l’impact de l’intelligence artificielle dans la consommation des serveurs.
Vers une consommation plus intelligente
L’Ademe n’a donc logiquement jamais émis l’idée d’une limitation arbitraire des forfaits. En revanche, elle encourage l’adoption de comportements plus malins. Elle suggère par exemple de privilégier le Wi-Fi à la maison ou au bureau, plutôt que de solliciter inutilement les réseaux 4G et 5G. Une recommandation de bon sens qui permet de soulager les infrastructures sans pour autant nous priver de nos usages.
L’agence met également l’accent sur la durabilité de nos équipements. Plutôt que de céder à la course effrénée au dernier smartphone à la mode, pourquoi ne pas faire durer nos appareils plus longtemps ? Le message semble être passé (à moins que la crise économique en soit la responsable) puisque le taux de renouvellement est passé de 2 ans à 3 ans en trois ans seulement. Surtout, le secteur du reconditionné connaît une croissance fulgurante.
L’intelligence artificielle est sans conteste l’inquiétude majeure de l’Ademe. En 2023, rien que pour Google, les activités dans ce secteur ont généré 14,3 millions de tonnes de CO2, soit une augmentation vertigineuse de 48% depuis 2019. Les géants du web en sont conscients : Amazon vise la neutralité carbone d’ici 2040, Microsoft et Apple se donnent jusqu’à 2030 ? Reste à voir dans quelle mesure ils comptent s’y prendre. Entre temps, l’IA s’est largement démocratisée avec des conséquences catastrophiques pour l’environnement.
- Les forfaits mobiles généreux ne sont pas menacés de disparition, contrairement aux rumeurs qui circulent.
- L’impact environnemental de la data mobile est minime (5%) comparé à celui des data centers et des équipements électroniques (95%).
- La vraie solution passe par des usages plus intelligents (privilégier le Wi-Fi) et une meilleure durabilité des équipements.
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