À Pékin, Vladimir Poutine et Xi Jinping viennent d’officialiser un accord majeur. Derrière les sourires et les accolades, c’est un projet hors norme qui s’est dessiné : la mise en place d’un nouveau gazoduc censé renforcer les liens énergétiques entre les deux puissances, dans un contexte de rupture avec l’Europe.
Un projet colossal, et des tarifs alléchants pour Pékin
La Russie et la Chine ont ainsi signé un mémorandum pour la construction du gazoduc Power of Siberia 2. Long de plusieurs milliers de kilomètres, il doit relier les immenses gisements de Yamal, dans l’Arctique russe, à l’Empire du Milieu, en passant par la Mongolie. Avec une capacité de 50 milliards de m3 par an, il équivaudrait à près d’un tiers des volumes exportés par Moscou vers l’Europe en 2021.
L’installation viendra compléter un premier gazoduc, baptisé Power of Siberia et déjà en service depuis 2019, qui alimente actuellement la Chine depuis la Sibérie orientale. Les livraisons par cette première infrastructure atteignent désormais 38 milliards de m3 annuels, avec un objectif relevé à 44 milliards lors de la rencontre entre les deux chefs d’État. À cela s’ajoute un accord pour accroître les exportations depuis l’île de Sakhaline, de 10 à 12 milliards de m3.
Toutefois, le prix du gaz reste en suspens. Pour l’heure, Alexeï Miller, patron de Gazprom, le géant public russe du gaz et principal fournisseur du pays, a simplement confirmé que le tarif sera inférieur à celui facturé aux Européens. Pékin entend en effet profiter de sa position de force pour obtenir des rabais massifs, Moscou ayant perdu près de 90 % de son marché européen depuis l’invasion de l’Ukraine et la mise en place des sanctions occidentales.

Un tournant géopolitique pour Moscou
Pour Vladimir Poutine, ce rapprochement avec Pékin est vital. « Aujourd’hui, nous ouvrons une nouvelle ère de coopération énergétique entre la Russie et la Chine », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre. Son homologue Xi Jinping a salué la relation avec son « vieil ami », et souligné que ces projets démontraient la « résilience » des deux pays face aux pressions extérieures.
La Chine est déjà le premier partenaire commercial de la Russie, le premier acheteur de son pétrole et désormais, un client stratégique pour son gaz. Avec ce projet, Moscou trouve un débouché de long terme pour remplacer l’Europe, qui cessera tout achat de gaz russe d’ici à 2027.
Au-delà de l’énergie, cette entente illustre un rééquilibrage mondial. Là où l’Occident cherche à isoler Moscou, Pékin choisit de renforcer ses liens, affirmant un axe alternatif face aux États-Unis et à leurs alliés. Comme le souligne Kirill Babaev, directeur d’un institut russe spécialisé sur l’Asie, « le projet bénéficie désormais de la bénédiction politique des dirigeants de Russie, de Chine et de Mongolie ».
- Poutine et Xi Jinping ont signé un accord pour construire le gigantesque gazoduc Power of Siberia 2, destiné à acheminer 50 milliards de m3 de gaz vers la Chine.
- Moscou cherche ainsi à compenser la perte du marché européen depuis le début de la guerre en Ukraine.
- Cet accord illustre le renforcement de l’axe russo-chinois et le basculement des équilibres géopolitiques mondiaux.
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