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Objectif Mars : pourquoi les astronautes pourraient devoir se nourrir d’insectes pour atteindre la planète rouge

Pour nourrir les futurs équipages durant ce long voyage, les scientifiques doivent entièrement repenser l’alimentation des astronautes.

Si l’espèce humaine espère un jour s’envoler jusqu’à Mars et y établir des colonies, il faudra nous attaquer à de nombreux défis logistiques en amont. Durée du trajet (et ses conséquences sur les médicaments), protection contre les radiations, mise en place de contremesures pour lutter contre la microgravité sans parler du coût astronomique d’une telle mission.

Autre thématique importante sur laquelle se pencher : l’alimentation des futurs voyageurs. Si elle repose, encore aujourd’hui, essentiellement sur des repas lyophilisés, les astronautes ont désormais accès à une plus grande variété d’aliments, notamment des produits frais (fruits, légumes) apportés régulièrement par les missions de ravitaillement. Sauf que, pour une mission vers Mars, le ravitaillement ne sera pas envisageable. La solution pourrait bien se trouver du côté des insectes.

Du potager spatial aux insectes

L’entreprise Interstellar Lab vient de remporter le concours Deep Space Food Challenge lancé par la NASA en 2021, avec un projet révolutionnaire baptisé Nucleus (NUtritional Closed-Loop Eco-Unit System). L’idée de ce concours était de mettre au point des méthodes de production alimentaire innovantes et durables, adaptées aux contraintes de l’espace, pour assurer l’autonomie nutritionnelle des équipages lors de missions de longue durée.

Le système Nucleus, qui ressemble à une armoire modulaire compartimentée, permet de cultiver des végétaux, des champignons, mais aussi d’élever des insectes comestibles, notamment des mouches soldat noires (Hermetia illucens).

Barbara Belvisi, fondatrice d’Interstellar Lab, explique : « C’est un système intelligent, qui s’adapte seul et sur lequel les humains ont très peu besoin d’intervenir par rapport aux systèmes existants à l’heure actuelle. Je crois que c’est pour cela que la NASA l’a apprécié ». L’objectif n’est donc pas de fournir des repas complets, mais de combler les carences nutritionnelles (magnésium, potassium, vitamine C) qui pourraient survenir lors de longs voyages spatiaux, loin des ravitaillements terrestres. Pas question de voir ressurgir le scorbut, qui affectait les marins entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle lorsqu’ils n’avaient pas accès à des produits frais en pleine mer.

Un écosystème miniature pour une nutrition optimale

Tout le génie du système Nucleus réside dans son approche circulaire. Les mouches se nourrissent des déchets végétaux, leurs déjections deviennent ensuite de l’engrais pour les plantes, créant ainsi un cycle vertueux où rien ne se perd. Toutefois, malgré l’ingéniosité de la conception, le chemin vers l’autosuffisance alimentaire dans l’espace reste long. Où est le problème ? Les quantités.

Pour le moment, l’armoire ne produit que 10 kilos de nourriture en un mois et demi, alors qu’un astronaute a besoin d’environ 300 kilos par an. Il faudrait donc trouver une solution pour multiplier la capacité de production du système par 3,75, ce qui n’est pas une mince affaire. Interstellar Lab travaille d’arrache-pied pour améliorer ces rendements avant un test grandeur nature dans l’espace prévu dès l’année prochaine. La conquête de Mars passera aussi par l’assiette, ce n’est pas négociable !

  • Le système Nucleus d’Interstellar Lab permet de cultiver des plantes, champignons, et élever des insectes comestibles pour les astronautes.
  • Ce système circulaire transforme les déchets en ressources, mais la production actuelle est insuffisante pour répondre aux besoins alimentaires d’un astronaute.
  • Il faudrait multiplier par 3,75 la production pour atteindre l’autosuffisance, un défi sur lequel Interstellar Lab travaille avant les tests dans l’espace.

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