En à peine deux ans, la start-up pionnière de l’IA est devenue un mastodonte économique, aujourd’hui valorisé à plus de 500 milliards de dollars. Selon le Financial Times, l’entreprise génère désormais près de 13 milliards de dollars de revenus annuels, alors qu’au mois de mai, ils étaient estimés à 10 milliards. Un chiffre d’autant plus impressionnant que la société est née, à la base, d’un projet à but non lucratif, un statut qui a évolué depuis.
Une manne qui provient à 70 % des abonnements de millions d’utilisateurs utilisant la version payante de base de ChatGPT, accessible pour 23 euros mensuellement. Un business model au succès fulgurant, qui a pris de court tous les autres géants de la Silicon Valley, qui se retrouvent devant une entreprise très jeune, mais qui a fait exploser le marché de l’IA.
ChatGPT : la poule aux œufs d’or
Aujourd’hui, OpenAI peut se targuer de s’être construit une base d’utilisateurs immense, puisqu’on compte environ 800 millions d’utilisateurs réguliers de ChatGPT dans le monde. Pourtant, 95 % d’entre eux se contentent de la version gratuite, ce qui signifie que seuls 40 millions génèrent des revenus comparables à ceux d’un géant du streaming, et ce, avec un seul produit.
Dans la Silicon Valley, peu d’entreprises ont réussi à monétiser un service numérique aussi rapidement, sans dépendre de la publicité ou de la vente d’appareils physiques.
Cette bonne fortune a évidemment un coût, et lui aussi est phénoménal. Pour soutenir cette croissance, OpenAI doit mettre la main au portefeuille (le mot est faible !), puisqu’elle a prévu d’investir 1 000 milliards de dollars sur la décennie. Une somme considérable, qui sera principalement allouée pour financer la construction de centres de données et de calcul.
L’entreprise a déjà réservé 26 gigawatts de puissance de calcul auprès de plusieurs partenaires, dont NVIDIA, Oracle, AMD et Broadcom, soit l’équivalent énergétique de plusieurs centrales nucléaires. Des millions de serveurs dédiés à l’entraînement de ses modèles d’IA dont la puissance de traitement dépasse déjà celle de certaines entreprises spécialisées dans le Cloud déjà établies depuis longtemps (AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud Platform).
Pas de croissance sans risque
Il y a donc un écart entre dépenses et revenus, que l’entreprise doit absolument combler si elle veut rester résiliente. OpenAI n’a plus le choix, elle doit se diversifier et explore déjà quelques pistes : contrats gouvernementaux, les services de commerce en ligne, la vidéo à la demande et même le développement de produits physiques. Peu de détails ont néanmoins été communiqués sur le lancement de ces potentielles nouvelles sources de revenus.
On en sait en revanche un peu plus sur le projet Stargate, un futur méga-centre de données dédié à l’IA dont le chantier a déjà commencé au Texas, avec pour ambition de bâtir le plus vaste réseau de calcul au monde. Un projet titanesque, financé à hauteur de 500 milliards de dollars par le gouvernement américain, qui lui permettra par la même occasion d’asseoir sa suprématie dans le secteur de l’IA. Cette nouvelle infrastructure permettra à OpenAI non seulement d’entraîner ses futurs modèles, mais aussi de devenir un fournisseur de puissance de calcul pour d’autres acteurs du marché.
«Toujours plus », voilà l’expression qui convient le mieux pour caractériser OpenAI aujourd’hui, tant son envolée financière n’a aucun équivalent. Une expansion qui ne semble pas avoir de limite, qui est forcément une source d’inquiétude pour Wall Street, qui la surveille de près. Aujourd’hui, trop d’acteurs (fabricants de puces, investisseurs institutionnels, géants du cloud) dépendent de sa réussite.
En cas d’échec, c’est tout le Nasdaq et le S&P500 qui pourraient être ébranlés, et les répercussions seraient catastrophiques : la solidité de la bulle de l’IA face à l’éclatement est dorénavant entièrement corrélée aux succès futurs de l’entreprise d’Altman. Voilà pourquoi, dans les cercles financiers, elle est considérée aussi bien comme une locomotive qu’une bombe à retardement. Un scénario improbable à court terme, mais que les marchés ne peuvent ignorer ; aucune ascension n’est éternelle, l’histoire de la tech l’a déjà prouvé à maintes reprises. WeWork, Theranos, Meta et son « métavers-mania », les NFT : autant d’échecs retentissants qui ont démontré que l’innovation n’est jamais une garantie pour la survie.
- En quelques années, OpenAI est devenue une puissance économique majeure, avec des revenus colossaux portés par le succès mondial de ChatGPT.
- L’entreprise dépense cependant bien plus qu’elle ne gagne, investissant massivement dans des infrastructures et projets d’envergure pour maintenir son avance.
- Cette dépendance croissante du marché à OpenAI inquiète les milieux financiers, qui redoutent qu’un revers de l’entreprise puisse déstabiliser tout le secteur technologique.
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