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OpenAI se mue désormais en IA de guerre, et c’est très préoccupant

Après l’éviction de sa rivale Anthropic du Pentagone, OpenAI jetterait désormais son dévolu sur l’OTAN pour y déployer ses algorithmes de pointe. Mais ce virage vers l’IA de guerre, assumé par Sam Altman, provoque une fronde sans précédent.

OpenAI voit désormais très loin, bien au-delà des agents conversationnels pour le grand public. L’entreprise a annoncé, ce vendredi 27 février, la conclusion d’un accord majeur avec le Pentagone. Un timing quelque peu cocasse, puisque le deal a été officialisé quelques heures seulement après que le Département de la Défense américain a placé sa principale rivale, Anthropic, sur « liste noire », la désignant comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement.

Le PDG, Sam Altman, l’assure : il a réussi à obtenir des garanties là où sa concurrente a échoué. L’entreprise affirme, par exemple, que sa technologie ne sera pas utilisée pour la surveillance de masse ni pour le développement d’armes autonomes. Mais le mal est visiblement fait.

Cette alliance a provoqué un véritable séisme : les désinstallations de ChatGPT ont explosé tandis que Claude est arrivée en tête des téléchargements sur l’App Store américain pour la première fois. Face à ce tollé historique, Altman a dû agir en urgence pour amender son contrat et réaffirmer l’interdiction de la surveillance domestique. Mais cet épisode, aussi douloureux soit-il pour l’image de marque, n’a visiblement pas freiné l’ambition du dirigeant.

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© Shutterstock

Le Pentagone, puis l’OTAN ?

D’après le Wall Street Journal, Sam Altman a révélé, lors d’une réunion interne, que ses équipes étudient désormais un contrat pour déployer ses outils sur les réseaux de l’OTAN. Si la direction de la startup a ensuite nuancé ces propos en précisant qu’il s’agissait des réseaux non-classifiés, l’intention est claire : devenir l’infrastructure IA de référence pour l’alliance militaire la plus puissante au monde.

L’enjeu est de taille. Pour la défense américaine, l’IA d’OpenAI doit servir à l’analyse de données massives, à la logistique complexe et à l’aide à la décision stratégique. Ce contrat tombe, d’ailleurs, à point nommé, alors que le contexte géopolitique mondial s’embrase, notamment avec l’intensification du conflit en Iran. Dans les théâtres d’opérations modernes, la vitesse de traitement de l’information devient l’arme absolue, et OpenAI compte bien fournir le moteur de cette suprématie technologique. Au grand dam de ses employés, qui ont exprimé leur vif mécontentement d’après le média américain.

La situation est bien différente chez Anthropic. L’entreprise, qui tente de maintenir une ligne de conduite plus éthique, a très mal vécu l’utilisation de son modèle Claude lors de l’opération militaire de janvier ayant mené à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro. Ses ingénieurs se sont publiquement émus de voir leur outil détourné pour des opérations de terrain, illustrant le dilemme qui déchire la Silicon Valley sous l’ère Donald Trump : peut-on vraiment créer une IA surpuissante sans qu’elle finisse, inévitablement, sur le champ de bataille ?

  • Après avoir décroché un contrat de 200 millions de dollars avec le Pentagone, OpenAI lorgne désormais sur l’OTAN pour y déployer ses technologies.
  • Ce virage militaire, marqué par la mise à l’écart du rival Anthropic, provoque une fronde sans précédent.
  • Sam Altman tente de calmer le jeu en promettant des garde-fous éthiques.

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