« Opérations d’information » et faux comptes : Facebook décide enfin de réagir

Facebook annonce des mesures contre les gouvernements et les groupes qui tentent de manipuler l’opinion via des faux comptes et des fausses infos.

Si Twitter a un problème avec le cyber-harcèlement, Facebook est de plus en plus pointé du doigt à cause des « fake news ». Des informations fausses qui sont diffusées massivement sur les différents canaux du réseau social et qui peuvent rapidement atteindre une audience importante en utilisant sa mécanique virale.

Depuis l’élection présidentielle aux USA, il a décidé d’entreprendre quelques mesures afin de limiter la portée de ces fausses informations. Par exemple, comme certaines campagnes de désinformation sont motivées par des raisons financières (et non politiques), Facebook (ainsi que Google) ont décidé de priver les sites concernés de revenus en les excluant de son programme de monétisation.

Facebook collabore également avec des organisations de fact-checking ainsi qu’avec des grands médias (en France) pour que les informations contestées soient marquées comme tel sur le fil d’actualité.

Et comme les fausses infos sont souvent amplifiées avec de faux comptes, Facebook a récemment annoncé une vaste opération dont le but est de détecter ceux-ci. En France, Facebook en aurait détecté 30 000 ce mois d’avril.

Les « fake news » utilisées pour des campagnes de communication

Hier, l’équipe de sécurité de Facebook a publié un document de 13 pages pour évoquer plus en détails ce problème ainsi que les solutions apportées.

Dans celui-ci, l’entreprise évoque des opérations d’influence ou d’informations, qu’il définit comme des « mesures prises par les gouvernements ou les acteurs non étatiques organisés pour fausser le sentiment politique national ou étranger, le plus souvent pour obtenir un résultat stratégique et / ou géopolitique ».

« Ces opérations peuvent utiliser une combinaison de méthodes, telles que de fausses nouvelles, de la désinformation ou des réseaux de faux comptes (faux amplificateurs) visant à manipuler l’opinion publique », ajoute le rapport.

Celui-ci ne cite aucun pays, ni organisation en particulier, mais précise qu’il ne contredit pas le rapport publié par les renseignements américains au début de l’année, qui évoque des interférences de la Russie avec l’élection américaine de 2016.

« Les efforts russes pour influencer les élections présidentielles américaines de 2016 représentent l’expression la plus récente du désir de longue date de Moscou de saper l’ordre démocratique libéral dirigé par les États-Unis, mais ces activités ont démontré une escalade significative de la franchise, du niveau d’activité et de la portée de l’effort par rapport aux opérations antérieures », lit-on dans ce document du bureau du directeur du renseignement national.

Ces opérations peuvent avoir trois finalités, selon Facebook : promouvoir ou dénigrer, semer la méfiance dans les institutions politiques ou bien étendre la confusion. Pour ce dernier cas, Facebook a identifié « des acteurs malveillants sur qui, par le biais de comptes non authentiques, s’engagent activement dans le spectre politique dans l’intention apparente d’accroître les tensions » entre deux groupes rivaux.

Le plus important est que Facebook admet que des Etats ou des organisations tentent de manipuler l’opinion publique en utilisant des faux comptes et de fausses infos. Et qu’il entend prendre des mesures pour empêcher cela à l’avenir.

Pour contrer ces opérations, Facebook va aider les internautes à protéger leurs comptes et lutter contre les « fausses amplifications ». Il s’agit d’activités « coordonnée par des comptes non authentiques dans le but de manipuler des discussions politiques (par exemple, en décourageant des parties spécifiques de participer à la discussion ou d’amplifier des voix sensationnalistes sur d’autres) ». « Nous détectons cette activité en analysant l’inauthenticité du compte et ses comportements, et non le contenu que les comptes publient », explique Facebook.

(Source)


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2 commentaires

  1. Qui définit ce qui relève de la « fake news »? Lá est le problème.

    Rappelons-nous le Big Brother du livre 1984 de George Orwell. Certes je ne crois pas à un projet unique et machiavélique. Ceci dit quand l’État me dit ce que je peux lire (car passé par le supposé « fact-checking ») et ce que je ne dois pas lire (« fake news ») je dis attention.

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