L’État français détient des parts importantes au sein des entreprises Orange et Engie (23 %). Une position qui lui permet de dicter sa loi, notamment en ce qui concerne la gouvernance de ces sociétés. Aujourd’hui, ce sont Jean-Pierre Clamadieu et Jacques Aschenbroich qui sont à la tête de ces deux entreprises, et leurs mandats respectifs ne pourront pas être reconduits.
Pour être candidats à leurs réélections, ils ont besoin de changer les statuts de l’entreprise. Chez Orange comme chez Engie, impossible d’occuper le poste de président une fois l’âge limite de 70 ans dépassé. Or, comme le découvraient nos confrères de BFM Business, l’État français n’a pas prévu de changer les règles du jeu (de gouvernance) et de permettre à ces deux présidents de poursuivre leur carrière.
Un refus de principe
L’Agence des participations de l’État (APE) serait en effet très clair « pour le moment, c’est non. » Selon une source proche du dossier contactée par BFM Business, l’État serait réticent à changer les statuts de l’entreprise, surtout quand cette dernière est cotée en bourse, ce qui est le cas pour Orange comme pour Engie.
Pour trouver une solution avant la fin du mandat de Jacques Aschenbroich, le groupe Orange serait déjà en train de chercher le candidat idéal. Gilles Grapinet, administrateur d’Orange depuis deux ans, serait très apprécié en interne, mais pas dans la sphère publique.
En effet, il était à la tête de Worldline entre 2021 et 2024. Durant cette même période, le cours du titre a été divisé par 10. BPIFrance, actionnaire chez Worldline, voit donc d’un mauvais œil l’arrivée de Grapinet à la tête d’Orange.
Engie joue la montre
Du côté d’Engie, l’entreprise essaye de se faire discrète. Il faut dire que la situation politique est déjà assez compliquée dans le pays. Alors, tant qu’un gouvernement stable n’aura pas posé ses cartons à Bercy, il n’y a pas d’urgence à changer le président de l’entreprise. Jean-Pierre Clamadieu, nommé en 2018, devrait donc encore rester un an.
Un statu quo qui repousse le problème, sans jamais le résoudre. Pour l’heure, les deux entreprises restent très discrètes, mais en coulisses, la recherche de l’homme providentiel est dans tous les esprits. Le cabinet de recrutement Heidrick & Struggles aurait été mandaté.
Une chose est sûre, les directrices générales Catherine MacGregor (Engie) et Christel Heydemann (Orange) devraient conserver leur poste dans l’exécutif et ne pas changer pour la présidence. Tant de pouvoirs entrent si peu de mains étaient un jeu dangereux pour Bercy qui préfère diviser, pour mieux régner.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.