Vous le savez, la fin d’année 1994 fut marquée au Japon par le lancement de la PlayStation. Une console révolutionnaire, qui connaitra plusieurs optimisations mineures au fil des années. Toutefois, en septembre 2000, alors que le monde a les yeux rivés sur la PS2 dont le lancement approche à grands pas, Sony dévoile la PSOne, une version redessinée de la PlayStation. Un modèle trois fois plus petit que la PlayStation, lancé au tarif de 790 Francs. L’année suivante, Sony fait de sa PSOne une console transportable, grâce à un petit écran « révolutionnaire ».
Parce qu’on n’a pas toujours eu un écran 4K devant les yeux, un smartphone OLED HDR dans la main et des manettes sans-fil sur les genoux, PasTech vous propose un petit retour rafraîchissant dans le passé, à la (re)découverte de certains produits emblématiques qui ont fait (ou pas) l’Histoire de la tech. Alors on dit 5, 4, 3, 0, et puis paf, PasTech !
Un écran LCD officiel Sony pour la PSOne ?
Avant toute chose, un minimum de contexte s’impose. Nous sommes il y a un plus de 20 ans dĂ©jĂ , pas de TV OLED 4K dans les salons des joueurs, pas de TV LCD HD Ready non plus, mais gĂ©nĂ©ralement un bon vieux tube cathodique de 32’’ estampillĂ© Sony Trinitron parfois, Ă l’arrière duquel on venait relier sa PlayStation, si possible en RGB pour profiter d’une image digne de ce nom. La PlayStation première du nom est disponible depuis quelques annĂ©es maintenant, et si Sony s’apprĂŞte Ă lancer sa très attendue PS2, le gĂ©ant nippon rĂ©invente Ă©galement sa première console, avec la PSOne.

Une « nouvelle » PlayStation donc, qui profite d’une miniaturisation impressionnante, et qui est commercialisée en septembre 2000, au tarif de 790 francs. Evidemment, la console est compatible avec l’intégralité de la ludothèque PlayStation, et est lancée avec une manette DualShock spécifique (badgée PS One), sans oublier une petite carte mémoire dédiée, tout en rondeur. La petite console n’intègre plus le port série (pour relier deux consoles entre elles) et souffre d’un petit souci au niveau du bouton Eject (lequel a tendance à se coincer…), mais ce qui fera l’originalité de cette PSOne, c’est un périphérique annoncé au moment même de la commercialisation de la machine, mais qui ne sera finalement lancé que l’année suivante.

En effet, en 2001, Sony commercialise un accessoire baptisé « LCD Screen », dédié à sa PSOne. La promesse est simple : permettre au joueurs de faire de la PSOne une console transportable, en lui greffant un écran rabattable sur le dos, le tout ne fonctionnant alors qu’avec un seul et unique câble d’alimentation fourni. Si un câble secteur était inclus dans le packaging, il était possible de faire l’acquisition (en option) d’un câble allume-cigare.

Par ailleurs, les joueurs allaient alors profiter d’un affichage « nouvelle gĂ©nĂ©ration », avec une dalle LCD (TFT) de 5’’ de diagonale, laquelle est en mesure d’afficher une image en 320 x 240 pixels. Si l’objet fut proposĂ© en octobre 2001 au Japon et le mois suivant aux Etats-Unis, les joueurs europĂ©ens avaient du patienter jusqu’au 18 avril 2002 pour enfin mettre la main sur ce LCD Screen, affichĂ© chez nous au tarif quelque peu prohibitif de 199€.

Comment ça marche ?
Contrairement Ă ce que l’on pourrait croire aujourd’hui, Ă l’époque, la demande des joueurs concernant les Ă©crans « portables » pour les consoles de salon Ă©tait forte. Si des constructeurs tiers ont mis au point des Ă©crans dĂ©diĂ©s (BigBen notamment) pour PlayStation ou plus tard pour GameCube (et souvent de piètre qualitĂ©), Sony avait tenu Ă proposer un Ă©cran « officiel » pour sa PS One. Il s’agit d’ailleurs du seul et unique Ă©cran officiel PlayStation Ă avoir vu le jour.

Evidemment, au vu du format mini de la PS One, l’écran LCD Screen est lui aussi très compact. Ce dernier affiche un look assez atypique, avec deux haut-parleurs de chaque côté de la base, et un design qui lui permet de venir se refermer sur la console, laissant accessibles les touches Eject et On/Off.

Comme expliqué plus haut, l’ensemble fonctionne via un seul et unique câble, et on est donc (très) loin de la jungle de câbles nécessaire pour faire fonctionner par exemple une MegaDrive affublée d’un Mega CD et/ou d’un 32X. Ici, tout est très simple, très épuré, et parfaitement pensé pour un usage « nomade ».
Petit dĂ©tour par la boutique de @GyoJvfr Ă Lyon ce matin… 🥰#RETROGAMING #PlayStation #GranTurismo #GT pic.twitter.com/JUHWzIElBS
— Stéphane Ficca (@StephaneFicca) May 14, 2022
On connecte l’écran à l’arrière de la PS One dans le branchement prévu, on serre les deux vis de part et d’autre, on branche le tout via le câble fourni avec l’écran (il ne faut pas utiliser celui de la PS One qui n’est pas assez puissant pour alimenter les deux appareils) et c’est parti !

Attention toutefois, on reste sur un format CD, et il était plus que déconseillé de déplacer sa PS One en fonctionnement, au risque de créer d’importantes rayures circulaires sur ses précieux disques de jeu. On parle donc plus d’un format transportable, que réellement portable, mais qu’importe, cela permet d’installer sa PS One sur une table ou un bureau, et de lancer aussitôt ses jeux favoris. Pas de réglage avancé côté affichage, si ce n’est la possibilité de régler le volume et la luminosité.

Pour la petite histoire, Sony n’avait aucune exclusivitĂ© sur l’Ă©cran de sa PS One, et on a pu dĂ©couvrir, bien avant celui de Sony d’ailleurs, divers modèles en provenance de constructeurs tiers, notamment chez BigBen (ci-dessous) ou encore chez Thrustmaster (ci-dessus).

Un rendu toujours bluffant ?
Malgré un écran particulièrement compact (dont la diagonale est sans doute inférieure à celle de votre smartphone), la magie opère instantanément, et quand bien même il est plus confortable de profiter d’une belle image RGB sur le Sony Trinitron 32’’ du salon, on meurt d’envie de (re)faire les grands classiques de la console sur ce petit écran. A ce sujet, la qualité du LCD Screen était tout simplement bluffante pour l’époque, malgré une résolution plus faible.

Les noirs sont bien prĂ©sents, les couleurs sont impeccables, les textes sont parfaitement lisibles. Bien sĂ»r, il est ici primordial de se tenir parfaitement face Ă l’Ă©cran, l’angle de vue Ă©tant très limitĂ©e, les noirs tirent vite vers le gris (entre autres) lorsque les yeux ne sont pas parfaitement en face de la dalle. Certes, la section audio manque de basses, mais le rendu stĂ©rĂ©o est bien prĂ©sent (gare toutefois Ă ne pas pousser le volume trop fort…), avec la possibilitĂ© de brancher un casque ou des Ă©couteurs si besoin.

Certes, à l’heure des Smart TV OLED 4K, l’image de ce LCD Screen peut paraitre un peu désuète, mais il est bon de rappeler que ce dernier fut lancé en 2001, et constituait alors un sacré tour de force technologique de la part de Sony. Et toute proportion gardée, en 2022, le fait de pouvoir relancer des titres comme Gran Turismo, Final Fantasy IX, Castlevania Symphony of the Night, Driver, Vagrant Story, Colony Wars, Alundra ou encore Heart of Darkness est un vrai plaisir. Quand bien même la résolution par rapport à une TV de l’époque est moindre, la petitesse de l’écran, couplée à la qualité du LCD, parvient même à « gommer » certains défauts, à tel point que certains titres paraissent plus agréables à contempler sur ce LCD Screen que sur la TV du salon.
A noter au passage que l’écran LCD Screen a été commercialisé au Japon, aux Etats-Unis et en Europe, mais que ce dernier est zoné. Comprenez par là que pour fonctionner sur une PS One européenne, il faudra impérativement relier un LCD Screen de type PAL, la « faute » à la différenciation 50 Hz et 60 Hz de l’époque.
Et vous, vous avez conservé votre écran LCD officiel Sony pour PS One ?
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