La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran entraîne une crise énergétique globale. Et pour cause, 20 % du pétrole mondial transite par ce corridor stratégique, où les tankers craignent désormais d’être bombardés s’ils osent s’y aventurer. Cela affecte logiquement le coût du baril, avec des conséquences directes à la pompe en France.
Dans ce contexte, le patron de Leclerc, habitué des gestes forts en vertu du pouvoir d’achat, a fait une annonce tonitruante au micro de Franceinfo. Après avoir « mis la pression sur les raffineurs », il annonçait une baisse de 30 centimes par litre d’essence dans les 48 heures, soit environ 23 centimes dans un premier temps, puis 7 centimes supplémentaires.
Mieux encore, cela concernait ses propres stations mais aussi celles de Système U, voire Intermarché et Carrefour, avec une attention particulière portée sur le gazole. Une promesse qu’il n’a malheureusement pas pu tenir.
🔴 Hausse des prix des carburants ➡️"Beaucoup d'industriels anticipent que ça va monter, ils prennent alors leur mise le plus rapidement possible […] Géopolitiquement, il y a des gens qui ont intérêt à ce que cette guerre dure", dit Michel-Édouard Leclerc pic.twitter.com/7BUk4M6cr8
— franceinfo (@franceinfo) March 11, 2026
Le marché est trop volatil, admet Michel-Édouard Leclerc
Contacté par le média public le 13 mars, jour où ces réductions devaient s’appliquer, Michel-Édouard Leclerc a admis qu’il n’y aurait finalement pas d’opération « moins 30 centimes sur les carburants ». En cause, la volatilité des marchés résultant directement de la guerre en Iran : tandis que le prix du baril a brièvement flambé à 116 dollars le 9 mars, il est redescendu autour de 89 dollars par la suite.
Ces mouvements rapides rendent toute promesse tarifaire précise extrêmement hasardeuse. Leclerc, qui se dit à marge zéro sur les carburants, n’a structurellement pas les leviers pour absorber seul de telles fluctuations. À noter, malgré tout, que les stations Leclerc restent en dessous de la moyenne nationale, entre 5 et 7,5 centimes de moins selon le type de carburant.

Les prix de nombreux produits vont exploser
Malheureusement, l’essence est loin d’être le seul produit à augmenter. Le détroit d’Ormuz est aussi l’artère vitale du naphta, cette fraction du pétrole raffiné qui constitue la matière première de toute l’industrie pétrochimique mondiale. Plastiques, médicaments, textiles synthétiques, cosmétiques, peintures, caoutchouc : plus de 90 % des objets du quotidien en dépendent, directement ou indirectement.
Le choc ne sera pas immédiat car il faut compter environ deux mois pour qu’il se propage le long des chaînes de production. Mais l’addition devrait se faire sentir partout : dans les rayons des supermarchés, à la pharmacie, chez le garagiste, ou encore en achetant des vêtements.
- Michel-Édouard Leclerc avait promis une baisse de 30 centimes par litre de carburant dès le 13 mars, mais la volatilité des marchés pétroliers liée à la fermeture du détroit d’Ormuz l’a contraint à faire machine arrière.
- Au-delà de l’essence, c’est toute l’industrie pétrochimique mondiale.
- Le choc sur les prix du quotidien devrait se faire sentir dans environ deux mois, le temps que la hausse se propage le long des chaînes de production.
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