C’était un pari pour le moins audacieux. Au début des années 2000, et alors que les jeux vidéo n’avaient clairement pas bonne presse, l’armée américaine a décidé de lancer son propre free-to-play, un jeu de tir tactique baptisé America’s Army. Le gouvernement n’a alors pas hésité à y mettre les moyens en allouant 7 millions de dollars pour son développement.
Le résultat a convaincu les joueurs et plus de 20 millions de personnes ont lancé une partie d’America’s Army depuis son lancement. L’armée y a aussi gagné en terme d’image, puisque selon une étude datant de 2008 et relayée par Fastcompany, « 30 % des Américains âgés de 16 à 24 ans avaient une impression plus positive de l’armée grâce au jeu ». De même, ce titre a eu plus d’impact sur les recrues « que toutes les autres formes de publicité de l’armée réunies », concluaient les chercheurs.
L’armée française mise sur les jeux vidéo pour recruter
Vingt ans après cette expérience, l’armée a toutefois décidé d’y mettre un terme et les serveurs seront donc débranchés à partir du 5 mai prochain. Quoi qu’il en soit, America’s Army a lancé une véritable tendance de communication et a démontré l’efficacité des jeux vidéo pour convaincre les jeunes de s’engager sous les drapeaux.
D’ailleurs, comme le rappellent nos confrères, l’armée américaine a aujourd’hui sa propre chaîne Twitch, et même son équipe d’e-sport qui participe à de nombreux tournois. L’occasion, là encore, de procéder à des opérations de recrutement auprès du jeune public.
Ces stratégies ne plaisent pas à tout le monde. Aux États-Unis, la représentante démocrate de New York, Alexandria Ocasio-Cortez a introduit un amendement en 2020 visant à interdire à l’armée américaine l’utilisation de fonds pour le recrutement via les plateformes de jeux vidéo et de sport électroniques. Toutefois, ce dernier n’a pas été voté.
En France aussi, les politiques se sont emparés du dossier. Dernièrement, la ministre des armées, Florence Parly a en effet annoncé des projets liés à l’e-sport et au streaming de jeux vidéo. Elle explique que « demain, piloter un char de combat comme le Griffon, ce ne sera pas si différent que de s’orienter dans un jeu vidéo à l’aide d’un joystick. »
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