Passer au contenu

Phoenix Tailings veut extraire du cobalt et du nickel sans utiliser de mines

La jeune start-up Phoenix Tailings propose une offre d’extraction de métaux pour l’industrie en utilisant seulement les « déchets » miniers.

Au début du siècle dernier, plusieurs centaines de milliers de personnes travaillaient dans les mines. Cette tâche pénible et dangereuse a peu à peu quitté l’Europe pour d’autres pays. Le charbon n’étant plus aussi prisé, les métaux recherchaient se trouvent aujourd’hui en république démocratique du Congo (RDC) ou en Chine.

Ces « terres rares » (qui n’ont de rares que le nom) sont extraites dans des conditions très compliquées. En Afrique des enfants travaillent, parfois plus de 14 heures par jour pour aller chercher du cobalt dans des mines sans aucune sécurité. En plus des risques pris par les travailleurs, cette exploitation des sols est un vrai danger pour la planète. Le travail à la mine demande d’utiliser beaucoup d’énergie et d’eau, des denrées rares, cruciales pour limiter le réchauffement climatique.

Dans le but de se passer de l’extraction, une startup originaire de la banlieue de Boston aux États-Unis a eu une idée. Elle veut utiliser les « déchets miniers » pour extraire de nouvelles ressources. Souvent entassés à la surface sans que personne n’y prête attention, ces déchets sont en réalité un trésor à ciel ouvert.

Des « déchets » pas si inintéressants

Ils sont bien souvent riches en minéraux. La société Phoenix Tailings veut donc exploiter ces blocs de roche pour extraire les précieux matériaux qui se trouvent à l’intérieur. Elle explique vouloir « tirer le meilleur parti de ce que nous avons déjà » plutôt que de faire de nouveaux forages.

Selon une estimation, il y aurait plus de 280 milliards de tonnes de « déchets » miniers dans le monde. Anthony Balladon, co-fondateur de la startup, explique que cette boue est broyée pour extraire un ou deux matériaux intéressants, mais les mines s’arrêtent souvent à leur seul champ d’activité.

« Une mine d’or se soucie de l’or, elle ne se soucie pas du fer, du nickel ou des terres rares qui s’y trouvent. » Avec sa plateforme propriétaire, la jeune société espère pouvoir extraire de nouveaux métaux dans ces déchets. Utilisant dans un premier temps de l’eau pour nettoyer les déchets des impuretés, l’entreprise joue ensuite avec les lois du magnétisme et de l’électricité pour séparer les éléments les uns des autres.

Cette méthode est annoncée comme beaucoup moins énergivore qu’un travail minier classique. Une solution capable d’aider l’industrie, notamment les secteurs de l’automobile ou de l’informatique. Deux domaines qui ont été lourdement touchés en 2021 par une pénurie de composants.

Réduire le monopole de la Chine et de la Russie

Alors qu’une grande partie des extractions se font aujourd’hui en Chine, l’empire du Milieu avait limité les exportations pour mettre la pression sur l’économie taïwanaise. La pénurie avait entraîné des fermetures d’usines, faute de pièces, dans plusieurs usines d’assemblage en Europe.

En France les constructeurs automobiles ont été particulièrement touchés et plusieurs sites ont fermé temporairement. Pour Anthony Balladon, sa solution permet de se détacher du monopole chinois ou russe. Une distance nécessaire alors que les tensions géopolitiques sont très vives depuis février et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech