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Le plus grand pont suspendu au monde bientôt accessible à quelques heures de la France

Relier la Sicile au continent : une vieille idée qui va enfin voir le jour.

C’est un projet pharaonique que l’Italie vient tout juste d’autoriser, après plus de cinquante ans de débats, de reports et de polémiques. Le gouvernement de Giorgia Meloni a donné son feu vert final à la construction d’un pont suspendu reliant la Sicile au continent, au niveau du détroit de Messine. S’il voit le jour comme prévu d’ici à 2032, ce mastodonte deviendra tout simplement la plus grande infrastructure de ce type au monde.

Un pont hors norme

Long de 3,3 kilomètres, soutenu par deux pylônes de 400 mètres de haut, l’ouvrage reliera les villes de Messine en Sicile et de Villa San Giovanni en Calabre. Il permettra le passage de 6 000 véhicules par heure et de 200 trains par jour, grâce à six voies de circulation et deux lignes ferroviaires.

Avec un coût estimé à 13,5 milliards d’euros, le chantier sera mené par le groupe italien Webuild, épaulé par des partenaires espagnols et japonais. Une fois terminé, il surpassera les deux plus grands ponts suspendus actuels : l’Akashi Kaikyo au Japon avec 1 991 mètres de portée, et le Çanakkale 1915 en Turquie, long de 2 023 mètres. Car celui de Messine affichera une portée unique de plus de 3 000 mètres.

Un bijou technologique, peut-être, mais pas une idée nouvelle. Imaginé dès les années 1970, ce pont a été au cœur de nombreuses discussions politiques, relancé à plusieurs reprises avant d’être abandonné en 2013 pour des raisons budgétaires, techniques et environnementales.

Trop coûteux, complexe et risqué, les gouvernements successifs ont tout bonnement reculé face à l’ampleur du chantier. Il aura fallu la volonté affichée de Giorgia Meloni pour le remettre au centre de la stratégie nationale, et cette fois, avec un calendrier clair.

Sicile Italie
Le lieu où va être construit le pont. © Capture d’écran Presse-citron / Google Maps

Un projet stratégique pour le sud de l’Italie… Et pour l’Otan

Pour Rome, il s’agit avant tout d’un levier de développement pour le sud du pays, miné par le chômage. Il pourrait créer jusqu’à 100 000 emplois et générer 2,9 milliards d’euros de PIB par an, assure le gouvernement. Surtout, il réduirait l’insularité de la Sicile, un isolement qui coûte environ 6,5 milliards par an à l’économie régionale.

Le gouvernement italien souligne aussi l’intérêt stratégique de l’ouvrage. En intégrant le corridor Scandinave-Méditerranéen, axe de transport clé, le pont faciliterait les mouvements logistiques de l’armée italienne et de l’OTAN en cas de crise, l’organisme disposant d’une base en Sicile. Une manière maligne de sécuriser des financements européens sous l’étiquette de « mobilité militaire ».

Mais ce projet titanesque ne fait pas l’unanimité. Des ONG et des riverains s’inquiètent de ses conséquences environnementales, de la menace pour les écosystèmes marins, du risque sismique élevé dans la région ainsi que d’une possible infiltration du crime organisé.

Pour sa part, le gouvernement assure que le design a été revu pour intégrer des matériaux durables et une meilleure résilience climatique, mais il peine à convaincre les opposants au projet.

  • L’Italie va construire un pont suspendu entre la Sicile et le continent.
  • Long de 3,3 km, il deviendra le plus grand du monde et promet des retombées économiques majeures.
  • Mais le projet divise, en raison de son coût, des risques sismiques et de ses impacts environnementaux.

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