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Pour déployer sa 5G, Orange écarte Huawei et mise sur Nokia et Ericsson

Orange a tranché. Dans un climat d’incertitude, l’opérateur historique se passera des services de Huawei pour le déploiement de son réseau 5G. Il lui préfère Nokia et Ericsson, deux partenaires de longue date.

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5G
© Unsplash / Karim Manjra

Alors que les enchères sur la 5G se rapprochent à grand pas, Orange indique (dans un communiqué datant du vendredi 31 janvier 2020) qu’il utilisera les technologies de Nokia et Ericsson. Longtemps pressenti comme le candidat idéal, Huawei a finalement été écarté. Si Orange explique miser sur la continuité (Nokia et Ericsson travaillent déjà avec l’entreprise pour la 2G, 3G et 4G) les incertitudes autour du géant chinois ont sans doute beaucoup pesé.

Nokia et Ericsson, partenaires historiques

Des « partenaires de longue date ». Voilà comment Orange qualifie Nokia et Ericsson, heureux élus pour déployer son réseau 5G. Le premier opérateur de France fait donc le choix de la stabilité et de la continuité avec un accord qui « inclut les antennes ainsi que des services professionnels associés ». Les deux équipementiers « fourniront un ensemble de produits et services permettant le déploiement du réseau 5G sur l’ensemble du territoire ».

Dans le détail, Nokia déploiera le réseau de demain dans les régions Ouest et Sud-Est du pays alors qu’Ericsson s’occupera du Nord-Est, du Sud-Ouest et de l’Ile-de-France. Exit Huawei donc, qui aurait nécessité des investissements plus lourds, justifie un porte-parole de l’opérateur.

Orange a pris cette décision en tenant en compte de multiples critères techniques et économiques, et avec l’ambition de pouvoir construire les meilleurs réseaux au moindre coût. Dans ce cadre, Nokia et Ericsson ont fait les meilleurs offres. A noter aussi que ce choix s’est fait dans la continuité des solutions techniques existantes. La technologie 5G ayant été conçue comme une évolution de la technologie 4G, il est plus simple de construire avec les fournisseurs existants. Ericsson et Nokia sont déjà partenaires d’Orange sur les réseaux 4G en métropole et les zones géographiques sur lesquelles chaque partenaire va intervenir pour la 5G reste à l’identique.

Rien ne va plus pour Huawei

Dans son communiqué, Orange ne mentionne jamais les doutes planant autour de Huawei. Pourtant, l’opérateur songeait sérieusement à se lancer dans l’aventure 5G avec l’équipementier chinois. Les incertitudes autour d’un potentiel espionnage des communications (démenti à plusieurs reprises par l’entreprise) ont fini par lourdement peser.

Les différents opérateurs se sont montrés patients jusqu’à maintenant. Le gouvernement leur avait promis de trancher sur le cas Huawei. Comprenez « auront-ils le droit de choisir l’équipementier chinois ? ». Mais à l’approche des enchères sur la 5G, toujours rien. Le gouvernement et l’Anssi (organisme en charge de la sécurité des systèmes d’information) jouent la montre, faisant craindre le pire aux opérateurs. Arthur Dreyfuss, président de la Fédération française des télécoms (FFT), et secrétaire général de SFR, n’a pas caché son agacement dans un entretien aux Echos :

L’Etat ne nous a toujours pas dit clairement, à ce stade, si les opérateurs télécoms ont le droit d’utiliser Huawei pour la 5G. La France se contente de dire : on va faire du cas par cas. Dans ces conditions, il est impossible pour les opérateurs télécoms d’établir des plans d’affaires pérennes.

Face à ce statu quo, certains opérateurs ont pris le taureau par les cornes. Avant Orange, Free avait déjà tranché dans le vif. Le groupe de Xavier Niel a lui aussi accordé sa confiance à Nokia, justifiant « le choix de la technologie européenne et de l’indépendance stratégique ». Pour SFR et Bouygues Telecom, la situation est plus incertaine. Les deux opérateurs recourent aux équipements de Huawei sur respectivement 47% et 52% de leurs réseaux mobiles, indique La Tribune. Si le gouvernement décidait d’éliminer Huawei, qu’adviendrait-il des deux opérateurs dans la course à la 5G ? Pour Arthur Dreyfuss, l’Etat devra réparer son erreur en indemnisant les opérateurs. En attendant, le déploiement prend du retard.

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. Dahu

    4 février 2020 at 7 h 54 min

    « l’état devra réparer son erreur en indemnisant les operateurs » => mais bien-sûr, le contribuable n’a pas à payer, soit ils attendent soit ils choisissent un autre fabricant. Et s’ils choisissaient Huawei et que les accusations se révélaient finalement justifiées, ces opérateurs feraient encore appel à l’état…

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