Pendant plus d’un an, la NASA a mené la mission « Crew Health ». L’objectif était de simuler la vie martienne en vivant à l’isolement pendant 378 jours. En tout ce sont 4 personnes qui ont dû cohabiter pendant une année entière. Mais dans une interview donnée au Guardian, la microbiologiste Anca Selariu, qui a fait partie de l’expérience, l’a décrite comme « passer beaucoup de temps devant la télévision. »
Si cette réponse peut s’avérer comme un échec pour la NASA, qui a construit une base martienne à partir de rien pour y enfermer 4 scientifiques pendant plus d’un an, c’est en réalité une découverte très intéressante. Les scientifiques derrière ce programme disent avoir appris l’importance du lien social et de « l’ennui » au cours de missions aussi longues.
Une mission ultra-réaliste
Mais la mission au sein de « Dune alpha » (c’est le nom donné à leur habitation sommaire) ne doit pas être limitée à quatre personnes enfermées dans un immense dôme martien. Pour rendre l’expérience toujours plus réaliste, les scientifiques à l’origine de ce projet avaient organisé une série de tests physiques, d’objectifs scientifiques et d’expériences à réaliser au cours de l’année.
Comme l’explique Selariu dans son interview, l’objectif pour la NASA n’était pas de savoir si l’espèce humaine était capable de vivre isolée (depuis le printemps 2020, le monde connaît la réponse à cette question). À la place, la mission Crew Health devait donner des pistes sur les façons dont l’espèce humaine s’adapte à ce mode de vie inédit.
Afin de pousser le réalisme jusqu’au bout, les interactions radio entre la « Terre » et « Mars » n’étaient pas directes. Il fallait compter sur les 44 minutes de délai entre deux messages, comme c’est le cas lors d’une vraie mission martienne. Ce délai dans les communications peut être un facteur de tension, notamment dans les périodes de crise.
Une expérience « exaltante »
Malgré la longueur de l’expérience, Selariu et ses trois partenaires ne semblent pas avoir trouvé le temps long. Elle décrit ce groupe comme un « collectif » capable de se soutenir l’un l’autre lors des moments difficiles.
« Vous vous rendez compte que vous n’êtes pas avec vos amis ou votre famille, mais vous avez toujours le soutien du reste du groupe. »
La fin de cette mission ne signifie cependant pas la fin des expérimentations pour la NASA. L’agence spatiale américaine a prévu de mener d’autres aventures de ce type en 2025. Selon les mots de Bill Nelson, le patron de la NASA, ces missions sont « essentielles » pour « développer nos connaissances pour vivre et travailler un jour sur la planète rouge. »
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.