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Voici pourquoi 2025 pourrait être une année très compliquée pour Sony

Sony vient de dévoiler des prévisions qui tombent très mal pour les amateurs de sa console.

Il y a cinq ans, la PlayStation 5 sortait dans un marché incapable de suivre son rythme, portée par une demande féroce et l’enthousiasme d’une base de joueurs avides de renouveau. En 2025, la situation est toute autre : les stocks sont bien là, les composants sont disponibles, mais l’élan s’essouffle.

Le marché est entré dans une phase d’inertie, celle où les décisions tarifaires, le calendrier des jeux et la concurrence directe pèsent très lourd sur le géant japonais. Cette année, tous les curseurs semblent malheureusement tourner à sa défaveur. Pour ne rien arranger, Nintendo s’apprête bientôt à dégainer sa très attendue Switch 2 dans moins d’un mois (déjà disponible en précommande), positionnée autant pour séduire les fans de la marque que pour en attraper des nouveaux dans ses filets. À quoi tient ce ralentissement, et pourquoi les signaux d’alerte s’accumulent-ils ?

La PS5 au mitan de son cycle : phase d’attente ou déclin programmé ?

Sony a écoulé 18,5 millions de PS5 sur les douze derniers mois. Un score solide en apparence, mais en retrait d’environ 11 % par rapport aux 20,8 millions de l’année précédente. À ce stade de vie d’une console, sa dynamique n’est plus portée par la rareté, mais par l’attractivité de son catalogue et ses exclusivités. Cette année, l’offre s’annonce assez maigre, malgré quelques licences que les joueurs attendent certainement de pied ferme (Doom : The Dark Ages, Death Stranding 2, Borderlands 4).

Autre douche froide : le report de la sortie GTA VI au 26 mai 2026. Le titre de Rockstar aurait joué un rôle de catalyseur des ventes à l’automne 2025, pour la fin du cycle de la console, mais ce ne sera pas le cas. Sony est donc privée d’un énorme argument pour faire basculer les derniers récalcitrants qui campent encore sur la PS4. « Le retard de GTA VI est un véritable coup dur pour la PS5 », tranche David Cole (DFC Intelligence)

Sans ce type de jeu, qui est une véritable locomotive pour l’éditeur, l’incitation à l’achat repose entièrement sur le hardware. Autant dire que le levier n’est plus vraiment efficace après cinq ans de commercialisation.

Côté finances, les nouvelles ne sont guère plus engageantes. Sony table sur un bénéfice d’exploitation de 1 280 milliards de yens pour l’année, loin des 1 500 milliards attendus par les analystes. Un écart creusé notamment par 100 milliards de yens de surcoût liés aux droits de douane assassins imposé par Trump. Un sale revers quand on sait que la PS5 est majoritairement produite en Chine et que les États-Unis en sont son premier débouché. Le feu sacré s’éteint doucement ; la PS5 n’est âs encore en mort clinique, mais elle a clairement un genou à terre.

Pourquoi la stratégie tarifaire de Sony inquiète

Sony a déjà ajusté le prix de la PS5 à la hausse ; l’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont concernés par cette modification tarifaire. Une stratégie difficilement tenable si les États-Unis suivent, surtout dans un contexte où Nintendo s’apprête à réoccuper le terrain médiatique avec sa nouvelle console. Sur ce segment, la pression concurrentielle est directe : la Switch 2 vise autant les primo-accédants que les joueurs lassés par l’attentisme du line-up PlayStation.

Contrairement aux précédentes générations, la PS5 n’a pas encore connu de réelle baisse de prix. Une manœuvre qui tient vraiment de l’exception dans un cycle où une baisse de prix à mi-parcours suffit souvent à redonner un second souffle aux ventes.

La division jeu vidéo de Sony n’est pas la seule à souffrir : d’autres activités du groupe sont, elles aussi, fragilisées par les tensions commerciales. Les capteurs d’image conçus par Sony ; un composant essentiel pour les smartphones d’Apple, Xiaomi et bien d’autres ; sont directement exposés à la politique douanière américaine.

Nous ne pouvons pas encore affirmer que Sony est acculée, mais la période faste post-2020 parait bien lointaine dans le rétroviseur. La PS5 entre dans cette phase un peu étrange, où tout fonctionne encore à peu près, mais plus rien ne décolle réellement. En réponse, l’entreprise temporise : un rachat d’actions de 250 milliards de yens pour rassurer les marchés et une scission de sa branche financière est programmée pour septembre. Finalement, rien qui puisse dissimuler la vraie problématique : une console qui s’essouffle, un public qui décroche lentement et un milieu de cycle qui manque de traction. Sony apparaît comme suspendue dans les limbes commerciaux : pas encore au fond du trou, mais très loin du sommet qu’elle a occupé pendant de longues années.

  • La PlayStation 5 entre dans une période de stagnation, avec des ventes en baisse, un catalogue peu fourni et un contexte concurrentiel défavorable.
  • Le report de GTA VI et l’arrivée imminente de la Switch 2 fragilisent sa position sur un marché désormais beaucoup plus saturé.
  • Sony subit de plein fouet les surtaxes américaines, voit ses prévisions financières dégringoler et peine à redonner de l’élan à sa stratégie.

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