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Pourquoi des astronautes étaient « bloqués » dans la station spatiale chinoise ?

Pendant presque 10 jours, trois taïkonautes chinois se sont trouvés à bord de la station spatiale Tiangong sans aucun vaisseau de secours. En cas d’urgence absolue, ils étaient tout bonnement condamnés.

Une situation peu commune causée par… un débri spatial ! Plus tôt ce mois-ci, un objet a heurté la capsule Shenzhou-20, fissurant son hublot. Après analyse, l’agence spatiale chinoise a conclu que le vaisseau, qui devait ramener l’équipage Shenzhou-20 sur Terre, n’était pas apte à voler. Un plan B a rapidement été mis au point.

Finalement, les taïkonautes de Shenzhou-20 ont embarqué à bord de Shenzhou-21 pour retourner en Empire du Milieu, laissant Zhang Lu, Zhang Hongzhang et Wu Fei, les trois membres de Shenzhou-21, sans aucune capsule en cas de problème. Concrètement, il leur était impossible d’évacuer en cas d’incendie, de dépressurisation ou de panne grave.

Station Spatiale Chinoise
© CNSA

Une capsule est enfin arrivée

Ils sont restés dix jours dans cette situation. Car il a d’abord fallu préparer en urgence un nouveau vaisseau, un processus qui exige des batteries de tests et de validations et une fenêtre orbitale compatible avec Tiangong. Ce 25 novembre, une fusée Long March 2F a heureusement propulsé la capsule Shenzhen-22, sans aucun équipage à son bord, jusqu’à la station spatiale. Elle s’y est amarrée sans encombre.

Les taïkonautes de Shenzhou-21 pourront donc terminer leur mission comme prévu. La rotation suivante, Shenzhou-23, est désormais repoussée à avril 2026. Mais il faut solutionner un autre problème : le vaisseau Shenzhou-20, toujours endommagé, occupe l’un des ports d’amarrage de Tiangong.

Or, pour accueillir Shenzhou-23, il faudra impérativement libérer cet emplacement. Deux scénarios sont sur la table : soit la Chine estime qu’elle peut ramener Shenzhou-20 sur Terre en toute sécurité après réparation, soit elle choisit de le désorbiter et de le laisser se consumer dans l’atmosphère. Dans les deux cas, aucune nouvelle capsule habitée ne pourra rejoindre Tiangong tant que cette étape n’aura pas été franchie.

Un épisode qui va forcément laisser des traces dans la manière dont la Chine gère sa station. Tiangong fonctionne normalement avec une rotation bien définie : un équipage arrive, l’autre repart. Mais ce système suppose que chaque vaisseau de retour soit impeccable. L’impact du débris a montré à quel point la marge d’erreur était mince. On peut donc s’attendre à des inspections renforcées après chaque amarrage, à une redondance plus stricte des capsules prêtes à décoller, et peut-être même à un allongement des périodes de chevauchement entre deux équipages.

  • Les trois taïkonautes de Shenzhou-21 sont restés près de dix jours sans vaisseau de secours, après que la capsule Shenzhou-20 a été endommagée par un débris spatial.
  • La Chine a finalement envoyé en urgence Shenzhou-22, vide, pour restaurer une capacité d’évacuation et permettre à la mission de se poursuivre normalement.
  • Mais la prochaine rotation, Shenzhou-23, devra attendre la libération du port d’amarrage encore occupé par le vaisseau endommagé.

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