Vous arrive-t-il de vous réveiller avec la sensation frustrante d’avoir rêvé sans pouvoir vous en souvenir ? Ou au contraire, racontez-vous régulièrement vos péripéties nocturnes en détail à votre conjoint(e), ami(e)s ou membres de votre famille ? Nous avions abordé le sujet au début du mois de février sous l’angle de la mémorisation sélective ; cette fois-ci, c’est une nouvelle étude publiée le 18 février dans Communications Psychology qui vient dévoiler d’autres mécanismes qui expliquent ces différences individuelles. Celles-ci ne doivent rien au hasard et s’expliquent de manière parfaitement rationnelle.
L’influence déterminante de la personnalité sur la mémorisation des rêves
Cette étude a rassemblé pendant quatre ans 200 participants, âgés de 18 à 70 ans. Toutes et tous ont d’abord répondu à des questionnaires évaluant leur rapport aux rêves, leur niveau d’anxiété et leur tendance à la distraction. Pendant les 15 jours suivants, chaque participant a porté un bracelet électronique analysant ses cycles de sommeil. En parallèle, ils ont consigné tous leurs souvenirs concernant leurs rêves dans un journal personnel.
Grâce à ce protocole, les chercheurs ont ainsi pu établir des corrélations précises entre différentes variables. Car, comme le rappelle Giulio Bernardi, directeur principal de cette recherche : « Se souvenir de ses rêves n’est pas qu’une question de hasard, mais le résultat d’une interaction entre nos attitudes personnelles, nos traits cognitifs et notre qualité de sommeil ».
Les personnes qui considèrent leurs rêves comme une expérience enrichissante et qui s’autorisent régulièrement des moments de rêverie dans la journée présentent une capacité de mémorisation onirique jusqu’à 30 % supérieure à la moyenne. Cela signifie donc que notre rapport émotionnel et intellectuel aux rêves influence directement notre capacité à les retenir.
Le protocole incluait également une batterie de tests cognitifs avant et après la période d’observation. Ces évaluations ont permis d’identifier que ce n’est pas tant la qualité de la mémoire générale qui entre en jeu, mais plutôt une disposition particulière à l’introspection et à l’attention portée aux expériences intérieures.
Grâce à la combinaison entre des données objectives (surveillance du sommeil) et subjectives (questionnaires et journaux), l’équipe de recherche a pu brosser un tableau plus complet du phénomène de mémorisation des rêves. Cette capacité n’est donc pas innée, mais profondément lié à notre personnalité et à notre mode de pensée.
L’influence de l’âge et des saisons
Aussi surprenant que cela puisse paraître, les saisons influencent directement notre habileté à mémoriser nos aventures oniriques. Selon les données relevées par l’équipe, les participants parvenaient mieux à se souvenir de leurs rêves durant le printemps que durant l’hiver.
Autre facteur déterminant : l’âge. Les jeunes participants et ceux passant plus de temps en sommeil léger ; la première phase du sommeil, suivant l’endormissement ; sont plus à même de se souvenir correctement de leurs songes.
Les chercheurs ont identifié un phénomène particulier chez les personnes âgées : les « rêves blancs ». Ces dernières se réveillent avec la certitude d’avoir rêvé, sans pouvoir en retrouver le contenu ; comme si un voile s’était instantanément abattu sur leur mémoire et qu’aucun détail ne pouvait en ressortir. Selon Bernardi, ils restent néanmoins de vrais rêves au sens strict du terme. En effet, même en l’absence de souvenir conscient au réveil, l’activité cérébrale des personnes faisant des « rêves blancs » est semblable à celle observée lors de rêves typiques.
Pour Valentina Elce, première auteure de l’étude, ces découvertes représentent une avancée capitale pour la recherche sur les troubles du sommeil. « Cela nous aidera à faire progresser la recherche sur les altérations pathologiques du rêve et leur potentiel en tant qu’outil de diagnostic et de pronostic » explique-t-elle.
Si vous regrettez de ne pas vous souvenir assez de vos rêves, voire même que votre mémoire onirique est proche du néant, rassurez-vous. Ce n’est en rien pathologique, vous êtes peut-être simplement une personne pragmatique avec un penchant plus ferme pour les aspects concrets de votre vie.
- Ceux qui considèrent leurs rêves comme enrichissants et prennent le temps de rêvasser en journée ont plus de chance de s’en souvenir.
- Ce n’est pas la capacité de mémorisation qui influence le souvenir des rêves, mais plutôt une disposition à l’introspection et à l’attention aux expériences intérieures.
- Les esprits pragmatiques et ancrés dans le concret retiennent moins leurs rêves que ceux qui laissent plus de place à l’imagination et à la réflexion personnelle.
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