- La taxe foncière va augmenter au minimum de 7,1% cette année
- Cette hausse s’ajoute à d’autres mesures budgétaires controversées prévues pour la loi de finances 2024
- Elle compense également la suppression de la taxe d’habitation
Elle arrive bientôt et elle sera particulièrement salée cette année. Elle, c’est la taxe foncière, cet impôt local réclamé entre fin août et fin septembre.
Au minimum, la taxe foncière devrait augmenter de 7,1%, sa hausse la plus forte depuis 1986, précise Le Monde. Si cette hausse fait grincer des dents, elle était prévisible. La taxe foncière est en effet indexée sur l’indice des prix à la consommation harmonisé de l’Insee.
7,1%, c’est un minimum. Dans certaines villes et communes, cette taxe va battre des records historiques. C’est le cas par exemple à Paris où Anne Hidalgo a fait voter une hausse de 52% ! « Un choix politique qui nous permet de ne pas remettre en cause la tarification sociale des cantines ou des transports » justifie Ian Brossat, adjoint chargé du logement.
Dans d’autres villes, les hausses sont aussi impressionnantes : +33% à Grenoble, +17% à Mulhouse, +16% à Lyon. Mais pourquoi une telle augmentation cette année ?
Coût de l’énergie et choix politiques
Selon les experts en fiscalité, cette forte hausse de la taxe foncière s’explique d’abord par l’augmentation fulgurante des coûts de l’énergie pour les communes. « Certaines collectivités, à l’instar de Rennes ou Toulouse, ont subi une véritable explosion des coûts de l’énergie, avec des augmentations de 400% à 500% » explique l’association France urbaine qui représente les 22 métropoles et les grandes villes de France.
L’autre raison relève de la politique fiscale mise en place par Emmanuel Macron depuis 2018 avec, en tête des mesures phares, la suppression progressive de la taxe d’habitation. 16,5 milliards d’euros que les communes ne peuvent récupérer qu’avec la taxe foncière, aucun autre impôt local ne permettant de compenser ces pertes.
Les communes pouvaient compter jusqu’à maintenant sur la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises, mais le gouvernement a aussi décidé de la supprimer pour moitié en 2022 (4 milliards d’euros).
Forcément, chez les associations de propriétaires, ça grogne. L’ex-président de l’UNPI Christophe Demerson dénonce un jeu politique « dans les villes où les locataires sont majoritaires ». Les maires peuvent y « faire exploser un impôt qui touche une minorité de leurs concitoyens, sans craindre pour leur réélection ». France urbaine, elle, dénonce des « erreurs politiques majeures ».
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.