Dans le bestiaire australien, le wombat occupe une place à part. Ce petit marsupial trapu ressemblant à un ours en peluche à la démarche maladroite croisé avec un petit bulldozer, il est si mignon que le monde entier s’est épris de cet étrange bestiole. Néanmoins, il est célèbre pour une toute autre raison, un peu moins glamour : il est le seul animal au monde à produire des excréments parfaitement cubiques.
Si la question du « comment » avait déjà valu au chercheur Scott Carver un prix Ig-Nobel en 2019 (récompenses parodiques du Prix Nobel), une nouvelle étude publiée le 24 septembre 2025 dans la revue Journal of Zoology, s’est enfin attaquée au « pourquoi ». Si vous vous intéressez un peu aux animaux et à la sélection naturelle, vous savez pertinemment que si le wombat se soulage de cette manière, c’est qu’il y a une bonne raison à cela.

Les excréments du wombat : son réseau social
Le wombat n’est vraiment pas du genre sociable, contrairement à d’autres marsupiaux comme le kangourou ou le wallaby. Animal solitaire et nocturne, il évite ses congénères autant que possible, sauf lorsqu’il s’agit de se reproduire et s’assurer une descendance. Alors, comment savoir qui traîne sur son territoire, a fortiori quand on a une vue médiocre et qu’on vit caché ?
Là est toute la fonction de ses étranges crottes carrées : elles ne roulent pas et restent en place une fois déposées. Les crottes rondes, elles, ont plutôt tendance à s’éparpiller, ce qui les rend plus susceptibles de se déplacer avec le vent, les pentes ou le passage d’autres animaux.
Les wombats défèquent sur des points proéminents (rochers, pierres plates, troncs d’arbres, monticules de terre, touffes d’herbes denses, etc.) du paysage pour marquer leur territoire. « Les wombats utilisent ces latrines communes pour communiquer », explique Scott Carver. Grâce à leur forme carrée, ces messages odorants ne risquent donc pas de dégringoler au premier coup de vent.
En analysant chimiquement les excréments grâce à la chromatographie en phase gazeuse et à la spectrométrie de masse, l’équipe à l’origine de cette nouvelle étude a identifié pas moins de 44 composés dans les excréments. « Nous avons démontré que chaque wombat possède une signature chimique propre », précise Carver. C’est un peu leur carte d’identité olfactive, qui regorge d’informations qu’ils laissent à disposition de leurs congénères.
Hypersensibles aux odeurs, ils sont dotés d’un organe voméronasal (ou organe de Jacobson) extrêmement développé, comme les chats ou les serpents. Lorsqu’ils reniflent ces petits dépôts carrés qu’ils croisent sur leur chemins, ils peuvent identifier l’âge, le sexe, l’état reproducteur ou même la provenance de l’individu qui les a laissés.
Finalement, les wombats jouissent d’un système de communication qui leur convient à merveille où ils peuvent faire savoir à peu près tout d’eux à leurs congénères, sans avoir à les croiser. Une stratégie parfaite pour ce petit ermite poilu qui préfère définitivement le silence de son terrier aux mondanités. D’un point de vue évolutif, on peut dire que c’est carré !
- Les wombats produisent des excréments cubiques pour marquer leur territoire sans que les crottes ne roulent.
- Ces excréments permettent aux wombats de communiquer des informations sur leur identité à d’autres congénères.
- Une étude a révélé que chaque wombat a une signature chimique unique dans ses excréments, facilitant leur reconnaissance.
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