Prise en main de la trottinette électrique Micro Mobility Condor

Première prise en main de la trottinette électrique Micro Mobility Condor, un engin maniable, léger… et performant.

Suite à l’opération originale montée par Micro Mobility, je vous avais promis un test de l’un de leurs tout nouveaux modèles, la Condor. Celle-ci arrivera sur le marché en septembre prochain mais j’ai eu la chance de tester un prototype en avant-première pendant quelques jours. Voici mes impressions.

Pour les petits déplacements urbains, a fortiori multi-modaux (faire une partie du trajet en trottinette puis la plier pour continuer en métro, en bus ou en voiture), la trottinette électrique est certainement l’une des meilleures solutions. Micro Mobility l’avait déjà bien compris avec son modèle Emicro One, à peine plus lourde (7,5 kg) et encombrante qu’un modèle mécanique, et pliable comme ce dernier, pour un rapport mobilité/rapidité/encombrement inégalé. Cela étant, si l’engin est hyper maniable et facile à transporter, il peut dans certaines situations manquer un peu de puissance, si bien qu’une pente un peu prononcée aura vite raison de sa bonne volonté. Ajoutez à cela que pour activer le moteur électrique (qui est en fait une assistance et non pas un moteur autonome) il faut sans cesse faire des mouvements longitudinaux de balancier avec le corps, et vous avez un cocktail certes séduisant et économique, mais qui pourra rebuter ceux qui sont en quête de confort et de déplacement en mode zen.

Une trottinette autonome avec un « vrai » moteur

La nouvelle gamme répond à ces attentes, avec notamment la Condor, une trottinette à propulsion totalement autonome dotée d’un « vrai » moteur dont on commande les watts à l’aide d’une poignée rotative d’accélérateur comme une bonne vieille bécane. La Micro Mobility Condor est également dotée d’un frein à tambour agissant sur la roue avant, et d’un système de frein moteur qui s’active en tournant la poignée d’accélérateur à l’envers, en plus du système de frein mécanique classique consistant en un garde-boue cranté que l’on appuie sur la roue arrière. Les roues sont quant à elles plus grandes que celle de la première Emicro, avec 200 mm ou 8 pouces.

Le modèle que j’ai testé était encore à l’état de prototype. Si sa forme définitive est figée, la performance de la batterie Panasonic de 36V 5.8Ah 208Wh et la puissance en montée étaient encore largement en-deça de version production attendue à la rentrée prochaine puisque le modèle final promet une capacité d’ascension de côtes jusqu’à 15% de déclivité. L’engin est confortable avec son plateau un peu plus large et long que celui de la Emicro, tout en permettant à l’ensemble de garder des proportions raisonnables pour une trottinette encore pliable et transportable, avec un poids de 9,5 kg.

Côté équipements c’est assez sommaire. Pas de tableau de bord mais on a quand même droit à un éclairage arrière à LEDs et même à un feu stop au freinage.

Voir la galerie (la trott est sale, c’est un modèle de test)

Ça pousse fort !

A la première prise en main, on comprend qu’on a affaire à du sérieux, avec un modèle puissant qu’il faudra au départ manier avec précaution, même si l’accélération est plus progressive que sur d’autres modèles similaires que j’ai pu tester auparavant. Autre avantage, le centre de gravité très bas confère un sentiment rassurant de sécurité et de stabilité. Côté freinage, ça reste perfectible, surtout quand on est habitué à des vélos équipés de freins à disque, mais vu le poids de l’ensemble ça fait le job même s’il vaudra mieux éviter de se trouver dans une situation de freinage d’extrême urgence. En gros même en activant simultanément tous les freins décrits plus haut, vous avez peu de chance de laisser de la gomme sur le bitume.

Et les performances alors ? J’avoue que j’ai été surpris par la bonne volonté de l’engin. Avec son moteur de 500W Brushless, sur les pistes cyclables des voies sur berges du Rhône à Lyon, longues, lisses et rectilignes, j’ai atteint sans problème les 35 km/h en vitesse constante pendant plusieurs kilomètres, et cette fois c’est moi qui doublais les vélos, y compris électriques (qui sont bridés à 25 km/h). A cette vitesse l’absence de tout amortissement se fait un peu sentir, et surtout – et c’est la différence avec un vélo – il est hors de question de lâcher le guidon, même d’une seule main car vous créez immédiatement un déséquilibre qui peut conduire très vite à la grosse gamelle. Je ne sais pas si le modèle définitif permettra d’atteindre une telle vitesse de pointe (on parle plutôt d’un bridage à 25 km/h) mais c’est en tout cas totalement fun et grisant.Notez que j’ai mesuré cette vitesse avec le tachymètre GPS de ma montre connectée, et que celui-ci est normalement assez précis, avec une marge d’erreur d’indication plutôt inférieure à la réalité.

Tachymètre Samsung Gear S3

Petit détail ergonomique : la rotation de la poignée d’accélérateur est un peu dure et le ressort de rappel réglé tendu, ce qui crée un inconfort qui peut même se transformer en crampe du poignet ou de la main en cas de trajet un peu long. Mise à jour : Micro Mobility m’informe la Condor sera dotée d’un système de cruise control ou régulateur de vitesse comme sur les voitures : en tournant 2 fois la poignée d’accélérateur, la vitesse se fige et sera maintenue jusqu’au freinage.

Cette puissance s’effondre cependant très rapidement au bout de quelques mètres de montée, et j’ai dû gravir les pentes prononcées de la Croix-Rousse à pied. Micro Mobility m’a bien précisé que la batterie du prototype testé n’était pas celle du modèle qui sera commercialisé et que la puissance pour des pentes assez raides sera bien au rendez-vous. A vérifier, mais j’ai vraiment hâte de tester cela car c’est à mon avis le seul point qui pourrait faire hésiter aujourd’hui de potentiels acheteurs.

En résumé, Micro Mobility poursuit dans sa voie, celle de l’hyper mobilité à base de véhicules légers et transportables favorisant le multi-modal. La Condor est un parfait compromis qui s’inscrit dans cette philosophie tout en proposant des performances de très bon niveau, en toute autonomie.

Rendez-vous pour un test du modèle de série à sa sortie à l’automne 2017 ! La Micro Mobility Condor sera commercialisée au prix de 979 euros.

J’aime bien

  • La taille et le poids
  • Le rapport poids puissance
  • Les performances (sur le plat pour le moment) !
  • Le look
  • Le vrai accélérateur

J’aime moins

  • Peu d’équipements de série
  • Accélérateur un peu dur
  • Freinage encore perfectible (surtout à 35 km/h)

Fiche technique de la trottinette électrique Micro Mobility Condor

  • Poids : 9.5 kg
  • Moteur : 500W Brushless
  • Capacité en montée : pentes jusqu’à 15%
  • Vitesse maximale : 25 km/h (testée : 35 km/h)
  • Autonomie théorique : 18 – 25 km
  • Temps de charge : 2,5 h
  • Taille roues AV/AR : 200/200
  • Capacité batterie : Panasonic 36V 5.8Ah : 208Wh
  • Type pneu : Caoutchouc + Mousse EVA (AR/AR)
  • Étanchéité : IP54 / aucune projection sur le rider en roulant
  • Accélérateur au guidon
  • Frein moteur au guidon
  • Frein mécanique au pied
  • Frein manuel roue avant
  • Lumière arrière « Intelligente »
  • Réglementation : Draft AFNOR PLEV TC354
  • Hauteur guidon : 106.5 cm
  • Hauteur de planche : 9 cm
  • Longueur totale : 99 cm
  • Prix : 979 €


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