Peu de temps avant l’épidémie de norovirus qui s’est déclarée dans la première quinzaine du mois de mai à bord du navire de croisière Caribbean Princess, c’est une portion du Pacific Crest Trail (PCT) qui a été touchée par le même agent pathogène. Un immense sentier de randonnée de 4 625 km traversant la Californie, l’Oregon et Washington. Une partie du sentier longe notamment Wrightwood, un petit village pittoresque de montagne situé à une centaine de kilomètres au nord-est de Los Angeles.
C’est ici, le 8 mai, que sept randonneurs ont été officiellement diagnostiqués après consultation dans des cliniques locales. Une vingtaine d’autres ont déclaré des symptômes rappelant ceux du norovirus, sans qu’aucun test ne soit venu le confirmer, et l’un d’entre eux, un homme de 73 ans, a terminé sa randonnée suspendu à un hélicoptère, qui l’a emmené à Lancaster, à quelques dizaines de kilomètres de Wrightwood.
Un point d’eau suspect
Rappelons en premier lieu que le norovirus est la première cause mondiale de gastro-entérite non bactérienne. Bénin dans la majorité des cas, il est néanmoins responsable de 200 000 morts chaque année, principalement dans les pays à plus faibles revenus. Une fois contracté, il provoque des vomissements et de violentes diarrhées, une fièvre légère, des crampes abdominales : des symptômes qui disparaissent en 48 à 72 heures chez la plupart des individus.
Si sa propagation en milieu confiné est bien établie, c’est un agent pathogène qui n’est pas particulièrement à l’aise dans les espaces ouverts, ce qui rend, à première vue, cette épidémie en pleine nature plutôt étrange. Toutefois, selon les premières estimations, les randonneurs seraient tombés malades en se ravitaillant à un point de collecte d’eau dans la vallée de Swarthout, là où se situe Wrightwood. Des zones informelles présentes sur tout le long du PCT où des bénévoles laissent bouteilles et vivres à l’intention des promeneurs de passage.
Deux personnes présentant des symptômes y auraient séjourné les 10 et 11 mai, mais elles étaient déjà malades à leur arrivée. Compte tenu de la période d’incubation du norovirus, qui peut atteindre 48 heures, le foyer originel se situerait ailleurs, plus au sud, aux alentours de Deep Creek, près du lac Big Bear. Le point de ravitaillement de Swarthout aurait donc été le carrefour de l’épidémie, et non son berceau : des randonneurs déjà infectés y ont croisé des randonneurs sains, et le norovirus a profité du partage des gourdes et autres contenants pour se propager.
Ces réserves d’eau sauvages posent problème, et la Pacific Crest Trail Association, en charge de l’entretien du sentier, le signale depuis longtemps. Le sentier a été tracé en tenant compte des sources naturelles existantes : il n’existe que quelques tronçons véritablement secs où un apport extérieur est justifié. Les points de ravitaillement improvisés qui prolifèrent au-delà de ces zones créent des points de rassemblement non prévus, où des dizaines de randonneurs s’arrêtent, campent, manipulent les mêmes contenants : des conditions idéales pour que le norovirus trouve de nouveaux hôtes.
Un avertissement que les autorités locales ne semblent pas réellement prendre au sérieux, le département de santé du comté de San Bernardino a déclaré auprès du média SFGate ne pas avoir « de preuve d’une augmentation confirmée ou d’un cluster de cas de norovirus dans la zone de Wrightwood au-delà de ce qui serait normalement attendu ». Des propos rapportés par le Washington Times, qui seront certainement appréciés par certains randonneurs tombés malades, contraints de creuser des trous à même le sol pour déféquer à côté des points d’eau.
- Une épidémie de norovirus a touché des randonneurs sur le Pacific Crest Trail en Californie, avec plusieurs cas de maladie et une évacuation par hélicoptère.
- Les randonneurs auraient contracté le virus en se ravitaillant à un point d’eau suspect dans la vallée de Swarthout, où la propagation a pu se faire par des contenants partagés.
- Le département de santé local minimise la situation, malgré les avertissements sur les risques liés aux points de ravitaillement improvisés.
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