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Quand les géants de la Tech s’envoient en l’air

Après le cyber-espace, l’espace, où comment les mastodontes d’internet se préparent à la prochaine guerre des étoiles.

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Internet par satellite
© Photo : Pixabay

La Terre serait-elle devenue trop étroite pour les géants de la Tech ? En tout ces derniers s’intéressent de plus en plus à l’espace, vu comme la nouvelle frontière, le nouvel Eldorado à conquérir. Bien sûr leurs visées ne sont pas exemptes d’arrière-pensées mercantiles (poster des satellites pour augmenter encore la couverture d’internet afin que chaque terrien puisse y accéder, partout, tout le temps, et donc être un consommateur potentiel avec sa petite sacoche de données personnelles en bonus) mais on peut avoir la naïveté de penser qu’il ne s’agit pas que de cela.

Car l’espace a toujours fasciné et fait rêver l’homme, a fortiori quand il est américain et fortuné. Un tropisme qui n’a pas commencé avec Jeff Bezos ou Elon Musk. Pour s’en convaincre, il suffit de se plonger dans l’histoire de la conquête spatiale, suivie comme son ombre par celle du cinéma (américain, aussi, essentiellement). A ce titre, les boss de Google, Amazon ou Space X ne sont finalement que les successeurs version geek des Steven Spielberg, Ridley Scott ou autres Stanley Kubrick.

« J’irai chercher les connecter jusqu’au fond des chiottes »

Si l’on se livre à un petit inventaire des forces en présence, l’on constate que tous les grands noms ayant connu gloire et fortune avec internet ont aujourd’hui leur programme ou leur projet spatial. L’été dernier, Facebook a confirmé qu’il envisageait de lancer un satellite maison appelé Athena, ce qui lui permettrait d’offrir un accès Internet haut débit aux communautés en développement « non desservies et mal desservies » dans le monde. Le satellite en orbite terrestre basse proposé pourrait lancer une mission de « durée limitée » courant 2019, suivie d’une mission plus longue si l’essai se révèle concluant.

De son côté, Elon Musk, dont on connait par ailleurs les rêves martiens, rêve aussi depuis 2015 d’un système « global broadband ». SpaceX a lancé en février 2018 les deux premiers satellites d’essai Starlink (appelés Tintin A et Tintin B) depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie afin de prouver que son concept est viable. Si tout se passe comme prévu, des milliers d’autres satellites suivront.

Google quant à lui vise un peu moins avec son initiative initiative Project Loon vise à utiliser des ballons solaires pour diffuser internet dans les foyers, les entreprises et les appareils personnels dans les régions du monde dépourvues d’infrastructure à haut débit. L’approche est un peu différente mais l’objectif final est le même : connecter les hommes à internet. Le projet Loon consiste à travailler avec les opérateurs de réseaux mobiles pour étendre leurs réseaux aux communautés non connectées ou mal connectées.

Amazon se lance aussi dans course avec le projet Kuiper. Dans le cadre ce cette nouvelle initiative, le géant de la vente en ligne enverrait 3 236 satellites en orbite basse afin de fournir, une fois de plus, un accès à Internet aux populations qui n’y ont pas accès actuellement. Les dépôts de demandes d’homologation ont été effectués auprès de l’Union internationale des télécommunications (UIT), une agence au sein des Nations Unies responsable de questions telles que les orbites des satellites.

N’oublions pas également le sémillant Richard Branson et son aventure Virgin Galactic, qui lui poursuit un objectif différent et plus… terre à terre (si j’ose) : celui du tourisme spatial. Finalement, dans cette course aux étoiles, il ne manquerait presque qu’Apple et Microsoft. Cela étant, si aucune trace de la Pomme n’a encore été trouvée dans l’espace, Microsoft y est un peu, à sa façon, en collaborant avec la NASA.

La moitié de la population mondiale n’a pas encore accès à internet

Il faut dire que l’accès à Internet dans les régions les moins développées du monde est une énorme opportunité commerciale pour les géants de la technologie d’aujourd’hui, même si cela peut faire grincer les dents de certains observateurs comme Joël de Rosnay, pour qui « Internet disponible au monde entier grâce aux satellites est ce que souhaitent les GAFA pour mieux nous envoyer leurs produits et services et augmenter notre addiction au numérique ». Une prise de position discutable qui lui a d’ailleurs valu une belle volée de bois vert sur Twitter, mais qui peut refléter à sa façon l’appétit insatiable des géants du numérique. Rappelons que si dans les démocraties occidentales, l’accès à internet n’est même plus un sujet (à part dans quelques zones blanches), il n’en va pas de même pour le reste de la planète puisqu’à l’échelle mondiale, seulement un peu plus de la moitié de la population mondiale est connectée.

Selon des chiffres récents, 56,1% de la population mondiale a accès à Internet. Dans les marchés en développement, ce nombre est nettement inférieur, notamment en Afrique, où le « fossé numérique », décrivant les nantis et les démunis en ce qui concerne les technologies numériques modernes est probablement le plus profond. Il est à ce sujet amusant de noter que si les entreprises américaines exercent une domination écrasante, voire presque monopolistique sur le web, tant dans les infrastructures que dans les contenus, le nombre d’américains connectés à internet ne représente que 7,5% de la population mondiale en ligne, et que l’Amérique Latine et l’Europe sont largement devant.

La conquête des internautes par le ciel est un secteur où les géants d’internet se découvrent d’un coup concurrents. Alors que sur Terre, Google, Amazon et Facebook cultivent finalement leur pré carré chacun de leur côté sans trop se marcher sur les pieds, la conquête de l’internet par satellite va ouvrir une nouvelle forme de bataille de territoires, non plus sur nos ordinateurs ou nos smartphones, mais en dehors de l’atmosphère terrestre. L’accès à Internet dans ces régions du monde est une énorme opportunité commerciale pour les géants de la technologie d’aujourd’hui. Fournir l’accès à internet n’est que le moyen de proposer d’autres services : c’est aussi l’occasion pour Amazon, Facebook et d’autres d’élargir leur marché au-delà de ce qui est actuellement imaginable.

Il est d’ailleurs fort à parier que les services d’accès à internet qui seront proposés par les GAFA seront gratuits ou fournis à des tarifs modiques. Car là encore ce sont les données récoltées et les produits proposés qui seront au centre de ces offres. Reste à savoir si les géants pourront maintenir le même niveau de revenu moyen par consommateur, et si la période dorée où l’essentiel de la clientèle était occidentale et aisée n’est pas derrière eux. Car avec ces projets d’expansion, il se pourrait bien que le panier moyen, et donc les marges, en prennent un sérieux coup.

Mais il s’agit là de considérations très terre-à-terre, bien sûr.

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