Aux États-Unis, les data centers nécessaires à l’IA consomment des quantités massives d’énergie. À tel point que le réseau est sous tension, poussant les autorités à chercher des sources pilotables, capables de produire en permanence sans dépendre du vent ou du soleil.
Dans ce contexte, l’administration de Donald Trump affiche une ambition claire : quadrupler la capacité nucléaire américaine d’ici à 2050. L’objectif est de porter la puissance installée à environ 400 gigawatts, en misant principalement sur une nouvelle génération de réacteurs, les SMR, pour Small Modular Reactors. Contrairement aux centrales nucléaires classiques, ces mini-réacteurs sont conçus pour être plus compacts et plus sûrs.
Plutôt que de construire une immense centrale en une seule fois, les exploitants pourraient ajouter progressivement des unités, en fonction des besoins. En théorie, cette standardisation permettrait de réduire les coûts à mesure que les volumes augmentent, tout en accélérant les délais de construction. Une approche séduisante sur le papier, mais qui pose toujours le même problème lorsque l’on traite d’énergie nucléaire : le stockage des déchets radioactifs.

Des « campus nucléaires »
Faute de solution durable depuis des décennies, le gouvernement américain a décidé de lancer un appel aux volontaires. Le Département de l’Énergie propose aux États de se porter candidats pour accueillir un site de stockage géologique permanent, destiné à enfouir les combustibles usés profondément sous terre.
Le projet serait intégré dans de vastes « campus nucléaires », combinant stockage des déchets, nouveaux réacteurs, installations d’enrichissement de l’uranium et parfois même des data centers. À la clé, des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars et la promesse de milliers d’emplois locaux. Selon les autorités, ces infrastructures pourraient clairement devenir des pôles industriels et énergétiques stratégiques.

Une lourde (et très risquée) responsabilité
Reste que le pari est loin d’être gagné. Les déchets nucléaires sont extrêmement toxiques et potentiellement convoités par des groupes malveillants. Ils doivent, en conséquence, être confinés en toute sécurité pendant des milliers d’années.
Il est donc logique que les populations s’y opposent, à l’instar du projet de Yucca Mountain dans le Nevada, abandonné après des années de contestation. Si certains États ont déjà manifesté leur intérêt, rien ne garantit que les promesses économiques suffiront à faire accepter un tribut aussi lourd.
- La demande d’électricité explose aux États-Unis, poussant le pays à relancer massivement le nucléaire.
- Washington mise sur les petits réacteurs modulaires, plus rapides à déployer, mais qui produisent eux aussi des déchets radioactifs.
- Faute de solution, le gouvernement cherche des États volontaires pour stocker ces déchets sur le très long terme, malgré des risques majeurs.
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