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La désillusion pour Boeing (et Trump) : la Chine n’achète que 200 appareils à l’avionneur, au lieu de 500

Boeing espérait reconquérir la Chine lors du sommet entre Donald Trump et Xi Jinping. Avec seulement 200 appareils commandés contre 500 attendus, le réveil est brutal.

Donald Trump s’est rendu en Chine cette semaine avec une ambition affichée : faire du business. Avec lui, une délégation de 17 grands patrons américains, dont Kelly Ortberg, le PDG de Boeing. Même en pleine guerre commerciale, Washington voulait décrocher de juteux contrats auprès de la seconde puissance mondiale.

Un enjeu considérable pour Boeing, le constructeur traversant depuis plusieurs années une période noire en Empire du Milieu. En mars 2019, il s’agissait du premier pays au monde à clouer au sol le 737 MAX, au lendemain des crashs meurtriers du Lion Air et d’Ethiopian Airlines. Un embargo qui a duré quatre ans, plus longtemps que dans n’importe quel autre pays. Depuis la dernière grande commande chinoise en 2017, Boeing n’y a livré qu’une centaine d’appareils, un marché qui en absorbait autant en une seule année à son apogée.

Si les livraisons ont timidement repris début 2024, les tensions commerciales liées aux tarifs douaniers de Trump les ont à nouveau perturbées. L’espoir était donc immense lors de ce nouveau sommet, les analystes tablant sur une commande d’au moins 500 appareils, majoritairement des 737 MAX. Un tournant historique pour l’entreprise.

Boeing Airbus
© Rokas Tenys / Shutterstock.com

Une commande bien en deçà des attentes

Il n’en est rien. Donald Trump a finalement annoncé que la Chine s’était engagée à acheter 200 avions Boeing. Aucun détail n’a filtré sur les types d’appareils concernés, ni sur les délais de livraison. Et côté chinois, aucune confirmation officielle n’a été publiée au moment où nous écrivons ces lignes.

Les investisseurs n’ont pas tardé à réagir : le titre Boeing a chuté de 4,1 % en une seule séance. Un signal révélateur, alors qu’Airbus continue de dominer largement le marché chinois. Le rival européen dispose de commandes en cours pour près de 500 appareils en Chine, et a même réussi à implanter une ligne d’assemblage de son A320 à Tianjin dès 2008. Ce geste stratégique lui a permis de consolider sa position.

À noter, également que la Chine place ses propres pions en toile de fond. Le C919, avion de ligne développé par le constructeur d’État Comac, est souvent présenté comme un concurrent direct de l’A320 et du 737 MAX. S’il dépend encore de nombreux composants étrangers, Pékin investit massivement pour réduire cette dépendance. Une ambition qui, à terme, pourrait rebattre les cartes sur ce marché ô combien crucial pour l’aéronautique.

Notre analyse

Cette désillusion n’a, au final, rien d’étonnant. Car en Chine, les commandes d’avions ne sont pas de simples transactions commerciales. Elles requièrent l’aval du gouvernement central et sont souvent liées au climat diplomatique du moment. Pékin utilise traditionnellement ces annonces comme levier politique lors des sommets, sans que les contrats ne se concrétisent nécessairement dans les termes annoncés. Ici, le ton est clairement donné.

  • Trump a annoncé une commande de 200 avions Boeing lors de son sommet avec Xi Jinping, soit bien moins que ce qu’anticipaient les analystes.
  • L’action Boeing a immédiatement chuté de 4,1 %, reflétant la déception des investisseurs face à une annonce jugée insuffisante.
  • La Chine reste un marché stratégique pour Boeing, mais Airbus y domine.

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