Depuis son installation à Southaven, dans le Mississippi, xAI, qui appartient désormais à SpaceX, n’a cessé d’étendre son emprise industrielle. L’entreprise y exploite une infrastructure énergétique destinée à alimenter Colossus, son supercalculateur situé juste de l’autre côté de la frontière, à Memphis dans le Tennessee.
Mais pour alimenter un tel monstre de calcul, composé de dizaines de milliers de processeurs NVIDIA, il faut évidemment une énergie colossale. Ainsi, l’entreprise s’appuie en partie sur des turbines à gaz naturel, et leur nombre a explosé en l’espace de quelques mois. De 18 unités à l’été 2025, on est passé à 46 aujourd’hui, selon le Mississippi Department of Environmental Quality (MDEQ).
Problème, ces turbines fonctionnent sans permis environnemental. xAI contourne cette l’obligation grâce à un subterfuge réglementaire : les générateurs sont montés sur des remorques, ce qui leur confère officiellement le statut de dispositifs « temporaires-mobiles ». Or, dans le Mississippi, ce statut permet de les exploiter jusqu’à un an sans obtenir d’autorisation. Résultat, les émissions et les rejets toxiques dans l’air ne sont pas contrôlés.

Une menace sanitaire pour des communautés déjà fragilisées
Et les conséquences sont bien réelles pour les habitants, majoritairement issus de la communauté afro-américaine et à faibles revenus. À tel point que la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), la plus ancienne organisation américaine de défense des droits civiques, a saisi la justice. Son implication n’est pas anodine : fondée il y a plus d’un siècle pour lutter contre les discriminations raciales, elle s’est depuis longtemps positionnée sur les questions d’injustice environnementale.
« Les émissions toxiques de cette installation menacent de causer des dommages durables aux communautés voisines. La pollution issue des turbines à gaz comprend des oxydes d’azote responsables du smog, des particules fines et des substances chimiques dangereuses comme le formaldéhyde. Ces polluants sont associés à une hausse des cas d’asthme, de maladies respiratoires, de problèmes cardiaques et de certains cancers », déplore le Southern Environmental Law Center (SELC), qui représente la NAACP dans cette affaire.
Dès l’installation des premières turbines à Memphis en 2024, des scientifiques de l’université du Tennessee ont alerté sur la dégradation de la qualité de l’air dans la région. À Southaven, les habitants se plaignent en plus d’un bruit assourdissant, audible jusque dans leurs maisons, jour et nuit.

L’expansion de xAI s’intensifie
De son côté, le MDEQ assure simplement « surveiller la situation ». xAI, elle, affirme que ses turbines sont équipées de technologies de réduction des émissions. Une réponse jugée largement insuffisante par les associations. Car selon le SELC, l’État du Mississippi interprète mal le Clean Air Act, loi fédérale américaine qui encadre la qualité de l’air.
En parallèle, le conseil des permis du Mississippi a approuvé, au mois de mars, l’installation de 41 générateurs à gaz permanents supplémentaires pour le site de Southaven. Si le SELC a également fait appel de cette décision, xAI ne compte pas s’arrêter là : l’entreprise prévoit de construire un troisième grand centre de données dans la zone, ainsi que sa propre centrale à gaz pour l’alimenter.
- xAI exploite désormais 46 turbines à gaz sans permis à Southaven, dans le Mississippi.
- Ces générateurs, classés « temporaires » pour échapper à toute réglementation, émettent des polluants liés à l’asthme, aux maladies respiratoires et à certains cancers.
- Des associations ont saisi la justice et demandé une injonction d’urgence, tandis que xAI prévoit encore d’agrandir ses installations dans la zone.
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