Du rêve au cauchemar en quelques mois à peine. En janvier dernier, La Voix du Nord évoquait le cas, loin d’être isolé, de Victoria et Romain, un jeune couple qui souhaitait acheter une maison à Roncq dans le département du Nord. Pour les aider, Sabine, la mère de Victoria, effectue une simulation sur le site meilleurtaux.com.
Une menace très concrète
Elle est par la suite contactée par un homme qui se présente comme étant un conseiller Hello bank !. L’offre qu’il lui fait ne se refuse pas avec un taux d’intérêt de 2,2 % en dessous du marché. Méfiant, le couple décide néanmoins de recontacter le conseiller. À l’aise, ce dernier donne le change et les rassure, il maîtrise son métier et se permet même de leur adresser de conseils de prudence. Ils lui font confiance et leur reversent l’ensemble de leurs économies, soit 26 000 euros.
Ce n’est que quelques mois plus tard lors d’une discussion avec leur notaire qu’ils comprennent la supercherie. Ils ont été victimes d’une arnaque et cet argent ne sera pas pris en compte dans leur dossier. Leurs rêves d’accession à la propriété se sont envolés. Ils ont depuis porté plainte, mais le faux conseiller n’a pas encore été retrouvé.
Malheureusement, ce type d’escroqueries se multiplient en France, d’après Meilleurtaux qui tient à alerter sur ce danger. Interrogé par Challenges, Guillaume Autier, le président du courtier en ligne évoque une cinquantaine de plaintes au pénal déposées par son entreprise. D’après lui, plusieurs dizaines de milliers de Français ont été victimes de ces fraudes « pour un montant global de préjudice largement supérieur au milliard d’euros. »
Comment mieux lutter contre ces fraudes ?
Le dirigeant appelle de ses vœux une prise de conscience des autorités à ce sujet. Il a ainsi écrit une lettre au ministre de l’Économie Bruno Le Maire et à Nathalie Aufauvre la secrétaire générale de l’autorité de tutelle ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) il y a quelques jours afin de leur faire part de ses préoccupations et de proposer une réglementation visant à mieux lutter contre ce phénomène.
Le chef d’entreprise souhaiterait notamment un contrôle renforcé de l’activité en France des établissements bancaires étrangers. L’idée étant que des acteurs malveillants ne puissent plus ouvrir des comptes bancaires en usurpant l’identité d’individus puis disparaître dans la nature.
Il propose aussi d’améliorer la lutte contre les systèmes on-off qui permettent aux escrocs d’usurper le numéro d’une organisation officielle. « Il faut rendre les numéros de téléphone beaucoup plus traçable. Aujourd’hui, la police n’arrive pas à remonter au détenteur de ces numéros usurpés », explique Guillaume Autier au magazine économique.
En attendant que ce problème soit mieux pris en compte par les autorités, on ne peut que vous inciter à la vigilance.
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