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Qu’est-ce que Agora, l’application qui permet d’engueuler un ministre ?

Le gouvernement met en place un nouvel outil de démocratie directe. On vous explique comment ça marche.

Baisse régulière de la participation électorale, mouvements sociaux d’ampleur contre des mesures impopulaires… La crise politique est majeure en France, et le lien semble de plus en plus distendu entre les citoyens et leurs représentants. Pour apporter un début de réponse à ce problème, le gouvernement vient de lancer une application qui vise à “rétablir du lien”.

Baptisée Agora, elle est disponible depuis ce jeudi 28 septembre sur Android et iOS. Sur X (anciennement Twitter), le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran a ainsi appelé : “Aidez-nous à construire les grandes décisions pour notre pays, interrogez-nous directement, votez pour les questions auxquelles les ministres répondront”.

Poser des questions aux ministres

Il ajoute : “Les Français aiment la politique, en parlent beaucoup et plébiscitent de plus en plus des mécanismes de démocratie directe. À mesure qu’ils sont de moins en moins nombreux à aller voter , ils sont de plus en plus nombreux à considérer que si on les interroge directement, ils iront voter.”

Sur l’application, on peut donc participer à des consultations sur des thématiques choisies par l’Exécutif. La première est dévolue à la transition écologique et énergétique, dans la foulée des annonces d’Emmanuel Macron cette semaine. On peut ainsi répondre à ce questions ouvertes ou à choix multiples. Le service annonce d’ores et déjà la couleur et dévoile les prochains thèmes abordés : emploi, école, santé et sécurité suivront.

La seconde option, sans doute la plus intéressante, permet de poser des questions aux membres du gouvernement et donc, potentiellement, de les interpeller. Les utilisateurs vont ensuite voter pour la question la plus pertinente, et cette dernière sera posée lors du conseil des ministres au concerné. Il y répondra aussi directement par vidéo sur l’application.

Il ne reste plus qu’à voir cet outil en action. Forcément, sa portée restera néanmoins limitée, et le gouvernement ne s’engage pas formellement à tenir compte de l’avis des participants.

Pour rappel, une autre app dénommée NosLois existe déjà pour l’Assemblée nationale. Cette plateforme est pensée pour rapprocher les électeurs de leurs représentants, et notamment des parlementaires qui discutent et votent les lois. Ce service a un aspect participatif, puisque chaque citoyen peut voter en ligne sur un projet de loi. Les points de vue peuvent ensuite être consultés par les députés.

Ces initiatives témoignent du potentiel de la participation citoyenne en ligne. D’autres projets ont récemment vu le jour, et on sait notamment que le Sénat et l’Assemblée nationale ont mis au point des plateformes de pétitions. Lorsqu’un seuil de signatures est atteint, une proposition peut potentielle être étudiée.

Au niveau local, des collectivités recourent également à des plateformes participatives afin de recueillir le point de vue de leurs administrés sur des projets locaux.

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4 commentaires
4 commentaires
  1. ” les français aiment la politiques” vous vivez pas dans le même monde que les français…quand aura t on de vrai journaliste et pas des guignols avec des titres putaclick et une vision de la société complétement aux fraises…

    1. ”[…] les français aiment la politique[…]” c’est Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, qui le dit, pas le journaliste.
      Après la politique et les politiciens, le journalisme et les journalistes, entre autres, entre tous vu que le Français gueule contre tout, c’est dans sa nature, dans ses gènes, dans son logiciel, dans sa culture, faut qu’il gueule, braille, ça le soulage d’un mal-être fondamental qui remonte aux Gaulois qui craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête.

      Quant à Agora, bureau des lamentations en ligne, pourquoi accessible que par une application, et pas depuis un PC ?

      1. @ Yves Remord: “pourquoi accessible que par une application, et pas depuis un PC”

        Parce qu’il est bien plus facile de récupérer des informations utilisateur à partir d’une application mobile que d’un site web (sur lequel on peut naviguer en privé, passer par un VPN, etc…)

        Maintenant, si les gens ont envie de donner leur avis politique sur une application fournie par le gouvernement… grand bien leur fasse!

Les commentaires sont fermés.